Exposition, concerts, projections de films, conférences et tables rondes : le Festival Transcaucases de l'Inalco revient pour sa seconde édition. Une série d'événements culturels et scientifiques, consacrée au Caucase se tiendra dans différents espaces de l'Inalco (Paris).
Du 4 octobre au 10 décembre 2021, l’Inalco accueillera – sur ses deux sites (75013 et 75007) – divers événements culturels et scientifiques dans le cadre du Festival Transcaucases. Initié en 2014, ce festival trouve pleinement sa place à l’Inalco où les langues et les civilisations caucasiennes ont été mises à l’honneur dès la création de l’institut.
Le Festival Transcaucases aspire à une volonté d’ouverture disciplinaire, à travers plusieurs domaines de la création artistique et culturelle, ainsi qu’au décloisonnement des cultures de la région. Il aborde, par des versants inattendus, la région comme autant d’évocations et d’impressions du Caucase. Il espère aussi provoquer la rencontre entre différents publics : étudiants, chercheurs, enseignants, artistes, acteurs de terrain et amateurs de tous horizons.
Une programmation hétéroclite
Parmi les temps forts du festival, nous accueillerons le célèbre contrebassiste Claude Tchamitchian et son trio de jazz « Naïri », du nom du territoire antique de l’Arménie. L’actrice et réalisatrice Anne Consigny sera présente à la suite de la projection de son film documentaire Je prends ta peine (2019), un film bouleversant sur le combat d’une mère et de sa fille contre la maladie et d’une amitié inattendue, qu’elle a tourné entre Paris et Erevan. Un hommage sera rendu à la cinéaste Liliane de Kermadec, disparue cette année, à travers la projection de quelques-uns de ses films dont Très chère indépendance et Les Enfants de Chouchi, qui offrent, entre la fiction et le documentaire, une immersion dans le Haut-Karabagh au lendemain de la guerre d’indépendance. Les enjeux de ce territoire seront abordés lors de la projection du premier long métrage de Nora Martirosyan Si le vent tombe, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2020. A travers le saisissant documentaire de Mari Gulbiani, nous découvrirons le Pankissi, une vallée isolée de Géorgie, qui détient le record de départs pour le djihad en Syrie et en Irak, tandis que le film multiprimé de Rati Oneli nous conduira dans une petite une ville minière abandonnée de Géorgie, où les habitants poursuivent leur routine avec une sublime résilience. Enfin, le film Et Puis Nous Danserons de Levan Akin - sélectionné dans la « Quinzaine des réalisateurs » à Cannes en 2019 - nous plongera dans l’Ensemble national géorgien et nous racontera la lutte des corps, qui dansent, souffrent et se désirent, dans un monde façonné de traditions.
À travers cette programmation hétéroclite, l’édition 20/21 du Festival Transcaucases permet des échanges en explorant différents champs de la création artistique et scientifique.
Différents champs de la création artistique et scientifique
Le festival proposera aussi des tables rondes. Une journée sera consacrée aux enjeux politiques et sociaux de l’orientation sexuelle et de genre dans le Caucase et confrontera le point de vue de chercheurs, d’artistes, de militants et de responsables associatifs. Les mois d'octobre, novembre et décembre seront ponctués de nombreux rendez-vous : présentations d'auteur.e.s et d'ouvrages ayant pour fil conducteur la question de la représentation des voyages et voyageurs dans la région.
Enfin, au croisement de l’enquête ethnographique et de l’expression artistique, l’exposition de l’artiste et chercheuse américaine Hazel Antaramian Hofman fera la lumière sur l’odyssée des Arméniens de la diaspora qui, après la deuxième guerre mondiale, ont quitté la France, l’Égypte, le Liban, l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Grèce, la Palestine ou les États-Unis, pour « retourner » dans un simulacre de terre d’origine, l’Arménie soviétique qu’ils ne connaissaient pas.