Peut-on continuer à admirer une œuvre lorsque son auteur est accusé, mis en cause ou condamné pour des violences sexuelles ? Que faire des films de Roman Polanski, des chansons de Bertrand Cantat, des écrits de Céline ou des œuvres de tant d’autres artistes dont les actes interrogent aujourd’hui notre regard ?
Avec Faut-il séparer l’homme de l’artiste ?, le metteur en scène Étienne Gaudillère et la journaliste Giulia Foïs s’emparent de l’une des questions les plus vives de notre époque. Né dans le sillage des bouleversements provoqués par #MeToo, ce spectacle hybride mêle enquête journalistique, théâtre documentaire, récits personnels, humour et réflexion collective.
À partir de faits, de chiffres, d’affaires médiatisées et d’interrogations intimes, les artistes explorent les contradictions qui traversent nos sociétés. Faut-il distinguer l’œuvre de son créateur ? Le génie artistique peut-il atténuer la gravité des actes commis ? Comment regarder aujourd’hui un patrimoine culturel construit, parfois, dans l’ombre de violences longtemps tues ? Autant de questions qui exigent de sortir des réponses toutes faites pour accepter la complexité du réel.
Sur scène, Giulia Foïs ne se contente pas d’apporter son expertise de journaliste et d’autrice engagée : elle prend part au débat, confronte les faits aux récits et incarne sa propre parole. Aux côtés d’Étienne Gaudillère, elle fait de la scène un espace où l’enquête journalistique rencontre le théâtre pour éclairer l’une des questions les plus sensibles de notre époque.
Au Théâtre de la Concorde, dans un mois consacré au courage, ce spectacle résonne avec une interrogation essentielle : que faut-il de courage pour regarder autrement les œuvres que nous aimons, entendre les paroles longtemps étouffées et accepter de déplacer nos certitudes ? Entre débat public et expérience intime, Faut-il séparer l’homme de l’artiste ? rappelle que le courage ne consiste pas toujours à avoir raison, mais parfois à accepter de questionner ce que l’on croyait acquis.
Distribution
Conception Étienne Gaudillère et Giulia Foïs
Mise en scène Étienne Gaudillère
Avec Giulia Foïs, Étienne Gaudillère, Astrid Roos, Jean-Philippe Salério
Régie générale Romain de Lagarde
Régie lumière, vidéo, son Romain de Lagarde, Sandrine Sitter, Simon Frézel
Collaboration artistique Angélique Clairand, Éric Massé
Collaboration technique Quentin Chambeaud, Bertrand Fayolle, Thierry Pertière
Production Théâtre du Point du Jour dans le cadre de Grand ReporTERRE
Production déléguée Compagnie Y
Crédit photos Marie Charbonnier, Frank Sotton, Matthieu Bonicel
Grand ReporTERRE
Le concept des Grand ReporTERRE a été imaginé, à partir de 2020, par Angélique Clairand et Éric Massé qui co-dirigent le Théâtre du Point du Jour, pour créer un nouveau dialogue scénique entre artistes et journalistes et « mettre en pièce » l’actualité. Ces récits, tels des sismographes, mesurent la puissance des tremblements qui agitent notre monde. Pour ce cinquième épisode, l’autrice journaliste Giula Foïs et l’auteur metteur en scène Etienne Gaudillère se penchent sur l’épineuse question de la dissociation de l’artiste et de l’œuvre.
Ce spectacle fait référence à des violences sexuelles et sexistes et peut heurter la sensibilité des personnes concernées.