Avec « Ne me libérez pas je m'en charge », Zabou Breitman porte à la scène la parole rare de Michel Vaujour. Derrière la figure médiatique du braqueur et de l'évadé spectaculaire apparaît peu à peu le portrait d'un homme façonné par l'enfermement, le manque et un irrépressible désir de vivre.
Pendant vingt-sept années de prison, dont dix-sept passées à l’isolement dans un Quartier de Haute Surveillance, Michel Vaujour n’a cessé de tenter de s’évader. Plus qu’une succession d’exploits, son parcours raconte une lutte obstinée pour préserver sa part d’humanité. « J’ai appris les choses par le manque », dit-il. Un manque qui, loin de l’anéantir, l’a sculpté et conduit vers une forme de reconstruction intérieure.
À partir du documentaire de Fabienne Godet et Frank Vassal, Zabou Breitman compose un monologue d’une grande intensité, porté par Yannick Choirat. Entre récit brut, éclats poétiques et moments de suspension, elle poursuit son travail autour du passage du documentaire au théâtre. « J’ai eu envie que l’on entende cet homme-là, car sa parole est celle d’une humanité retrouvée », écrit-elle. Une parole qui fait apparaître, derrière les évasions spectaculaires, le parcours d’un homme qui n’a jamais cessé de refuser la solitude imposée et de chercher sa propre liberté.
Sans jamais chercher à excuser ni à juger, Ne me libérez pas je m’en charge nous confronte à des questions profondément universelles : qu’est-ce qui permet à un être humain de tenir debout ? Que reste-t-il lorsque tout manque ? Qu’est-ce qu’être libre ? À travers cette trajectoire hors du commun, le spectacle fait entendre une voix singulière et bouleversante. Derrière les murs de la prison, c’est finalement le chemin d’une humanité retrouvée qui se dessine.
Distribution
D’après le film de Fabienne Godet et Frank Vassal, avec la participation de Michel Vaujour
Adaptation et mise en scène Zabou Breitman
Interprétation Yannick Choirat
Lumières Éric Soyer
Son Yoann Blanchard
Musique Delphine Malaussena
Effets spéciaux Antoine Dorize
Magie Yann Frisch
Une coproduction Beaubourg Productions, Théâtre de la Concorde (Paris), Anthéa Théâtre d’Antibes
Avec l’aide du Centre d’art et de culture de Meudon et du Théâtre François Ponsard de Vienne
Avec l’autorisation de Le Bureau
Avec le soutien de l’ADAMI