Hybridations, métamorphoses, moulages et représentations des corps, co-existence des différentes formes de vie, transhumanisme… Entre histoire de l’art et réflexions prospectives, les principaux sujets de l’œuvre de Hugo Servanin sont abordés le temps d’une après-midi, avec l’artiste, les commissaires et des spécialistes invité·es : Emanuele Coccia, philosophe, Samy Lagrange, critique d’art et Dr. Judith Nicogossian, anthropobiologiste.
AU PROGRAMME
Visite guidée de l'exposition-résidence avec l'artiste Hugo Servanin et les commissaires Anna Labouze & Keimis Henni
Conversations entre l'artiste Hugo Servanin, les commissaires de l'exposition-résidence Anna Labouze & Keimis Henni et les spécialistes invité·es : Emanuele Coccia, philosophe, Samy Lagrange, critique d’art et Dr. Judith Nicogossian, anthropobiologiste
Les invité·es
Philosophe et maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Emanuele Coccia est l’un des protagonistes de la scène philosophique actuelle. Ses intérêts vont du vivant à la mode, de la création contemporaine à l’espace domestique.
Il a d’abord suivi une formation en agronomie, avant de s’orienter vers la philosophie et la philologie. Après des études à Florence où il a obtenu son doctorat en 2005, il est invité en tant que professeur-chercheur par les universités de Tokyo (2009), Buenos Aires (2010), Düsseldorf (2013-2014), Columbia (2015-2016), Weimar (2019), Munich (2020) et Harvard (2021-2022). Il est l’auteur, pour les éditions Payot et Rivages, de La vie sensible (2010), Le bien dans les choses (2013), La vie des plantes. Une métaphysique du mélange (2016), Métamorphoses (2020) et, plus récemment, Philosophie de la maison. L’espace domestique et le bonheur (2021), traduits en plusieurs langues. En 2019, il a contribué en tant que conseiller scientifique à l’exposition "Nous les Arbres", présentée à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris.
Samy Lagrange est chercheur, critique d’art et commissaire indépendant. Spécialisé dans l’histoire des imaginaires de genre, sa recherche doctorale — à la confluence de l’histoire, de l’histoire de l’art et des études de genre — interroge la représentation des masculinités durant les périodes insurrectionnelles du XIXe siècle. En tant que critique et commissaire, il s’intéresse particulièrement à la documentation des utopies du désordre, des identités instables, des contre-histoires, de toutes les métamorphoses ; à la figuration de mondes non-advenus et d’archives manquantes, dans une perspective queer.
Judith Nicogossian est anthropobiologiste, anthropologue de la santé, du commerce (Paris-Saclay), linguiste et chroniqueuse (MGEN, Usbek & Rica …). Elle se spécialise sur l'impact des techniques et des technologies - son adaptabilité biologique, comme les interactions homme-machine ou cerveau-machine mais également celle culturelle, portant sur la question des usages et de l'adoption des outils.
Dans ses ethno-fictions, elle présente les nouveaux modes de communication à l’aune des grandes innovations de notre ère numérique, entre corps physique et corps digital, le dit "phygital", au sujet de l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle, les objets connectés, l’e-textile, la esanté en tant que futur du soin/ santé… toutes questionnent les enjeux, les contours et les limites de tels projets. Elle est également présidente de l'Association Française d'Anthropologie, école de Grenoble.