L’expansion des réseaux de chemins de fer au début du XIXe siècle coïncide avec le développement de la photographie. Elle documente l’édification de ce moyen de transport qui ne symbolise pas seulement la révolution industrielle mais inaugure une nouvelle conception de l’espace et du temps dans laquelle le cinéma, qui naît quelques décennies plus tard, va s’inscrire. L’
Arrivée d’un train en gare de La Ciotat impressionne tant le public que des centaines d’autres
Arrivées en gare du monde entier surgissent sur les écrans,
The Great Train Robbery et ses multiples imitations suscitent une fascination pour la violence des attaques de train qui sévissent alors dans l’ouest américain. Le photographe Andrew Joseph Russell qui a pris des clichés de la guerre de Sécession (Buster Keaton et Clyde Bruckman s’inspirent d’un événement de la guerre civile
pour
The General) a aussi immortalisé la construction du chemin de fer transcontinental, et de la célèbre jonction entre les deux lignes, dont John Ford relate le périple en 1924 dans
The Iron Horse. En 1929, lorsque Victor Turin suit la construction de la ligne reliant la Sibérie au Turkestan dans son documentaire
Turksib, il s’applique à représenter les répercussions sociales sur les populations locales. Dans ce cycle, deux programmes de films documentaires sur la construction de voies de chemins de fer en
Afrique et en
Indochine éclairent sur les conditions de travail particulièrement éprouvantes de ces ouvrages menés par les colons.