Évènement

Suzanne Grandais, étoile polaire du cinéma muet français

Du mercredi 4 au mardi 24 mars 2026
Cycle de films muets en ciné-concert consacré à Suzanne Grandais, l’une des premières stars féminines du cinéma muet français.
Née en 1893, Suzanne Grandais est l’une des premières stars féminines du cinéma muet français. Dans les années 1910, elle représente à l’écran l’image de la jeune femme actuelle, gracieuse et espiègle, image qui restera à jamais gravée en raison de sa mort prématurée à l’âge de vingt-sept ans. Le cinéaste et dramaturge André Antoine l’avait qualifiée d’« étoile polaire du cinéma français ».
Comédienne de théâtre depuis ses cinq ans, elle apparaît au cinéma à l’adolescence, dans de nombreuses figurations pour les firmes Lux, Eclair et Gaumont. On la repère sur scène, puis Louis Feuillade et Léonce Perret, alors deux des plus importants réalisateurs chez Gaumont, lui offrent des rôles qui vont la propulser vers la gloire et lui offrir une notoriété internationale.
Dès 1911, Feuillade l’emploie pour sa série « La Vie telle qu'elle est » qui regroupe dix-sept films courts dont Le Nain, exemple criant de réalité et de cruauté, ou Erreur tragique qui décrit comment la jalousie pathologique d’un mari envers son épouse peut mener au drame.
Léonce Perret fait de Suzanne Grandais son égérie et sa partenaire de jeu privilégiée dans les drames (Le Cœur et l’argent, La Rançon du bonheur, Le Mystère des roches de Kador, L'Obsession du souvenir, Graziella la gitane, La Lumière et l’amour) comme dans les comédies (Un nuage, Les Épingles, Les Bretelles), notamment celles de la série « Léonce ».
Son contrat avec Gaumont est rompu en 1913 et permet une escapade en Allemagne où elle est accueillie avec enthousiasme pour tourner une « Série artistique Suzanne Grandais » pour la Deutsche Kino Gesellschaft. Mais l’aventure est écourtée par des désaccords et par la guerre. En 1916, elle est engagée comme vedette par la société Éclipse pour des films réalisés par Louis Mercanton et René Hervil (La p'tite du sixième, Suzanne).
En 1919, Phocéa-Film lui propose un contrat de douze films qu’elle entame sous la direction du réalisateur Charles Burguet. Le 20 août 1920, les scènes extérieures du film à épisodes L’Essor sont à peine achevées d’être tournées, l’équipe rentre à Paris en automobile, lorsque survient l’accident fatal. La mort tragique et inattendue de l’actrice au sommet de sa gloire provoque une immense émotion nationale. L’Essor est remanié, non sans difficulté, et sortira malgré tout en salle.
En une décennie, elle aura conquis le public dans un art naissant qui transcende la simplicité et la grâce de sa présence, et la perpétue désormais sur nos écrans.

Mise à jour le 06/02/2026

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