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Le saviez-vous ?

Un crocodile a vécu dans les égouts de Paris en 1984

Mise à jour le 25/10/2021
À l’occasion de la réouverture du musée des Égouts (7e), plongée au cœur de secrets enfouis sous le pavé parisien.

Les égouts parisiens datent de l’époque haussmannienne

Nommé par le préfet Haussmann, l’ingénieur Eugène Belgrand (1810-1878) s’attaque dès 1852 au problème de l’approvisionnement en eau et à celui de l’évacuation des eaux usées, qui prennent de l’ampleur avec l’augmentation de la population. Le système naît en 1860. En 1867, la visite des égouts est ouverte pour l’exposition universelle et se fait alors en canotier.
Dès 1894, la loi du tout-à-l’égout oblige les propriétaires à raccorder leurs immeubles au réseau, qui s’étend sur 964 km. Avant cela, quelques rigoles d’évacuation avaient été construites, mais ne constituaient pas un dispositif d’écoulement et de distribution. Le tout premier égout vouté et maçonné a été construit rue Montmartre en 1370 par le prévôt Hugues Aubriot pour lutter contre l’insalubrité.

Aujourd’hui 270 égoutiers assurent l’entretien du réseau

Marcheurs dans les égouts
Les égoutiers interviennent pour garantir la bonne évacuation des eaux usées.
©Jean-Baptiste Gurliat/Ville de Paris
On compte 270 égoutiers à Paris, au sein du Service technique de l’eau et de l’assainissement de la Ville. Leur mission : entretenir et curer les égouts, assurer la maintenance des vannes et des usines de pompage.
Grâce à leur intervention quotidienne, ils permettent aux eaux usées de s’écouler vers les stations d’épuration de l’agglomération parisienne. Avec les techniciens, les surveillants de travaux et les ingénieurs du service, ils garantissent le bon état du réseau et la protection de la Seine.
Pour curer les matières qui se déposent dans les canalisations, les égoutiers utilisent des bateaux-vannes qui poussent le mélange de sable et de matière lourde dans des fosses. Des camions de pompage aspirent ensuite cet ensemble.

2676 kilomètres de souterrains

Egoutier en action dans les égouts
©Jean-Baptiste Gurliat/Ville de Paris
Une ville sous la ville ! 2676 kilomètres de souterrain composent les égouts de Paris. Des plaques de rues sont positionnées aux angles de chaque galerie. Près de 18 000 bouches d’égout permettent d’y accéder.
Le réseau collecte dans un même tuyau les eaux usées et pluviales qui s’écoulent naturellement avec la gravité. L’ouvrage historique de l’ingénieur Belgrand a été modernisé avec un complexe de régulation automatisé.
Par ailleurs, un système de géothermie permet d’extraire la chaleur des eaux usées domestiques (d’une température comprise entre 13 et 20°C) grâce à des échangeurs thermiques pour la transformer en énergie de chauffage. La mairie du 11e, deux écoles élémentaires du 11e et une piscine du 14e en bénéficient.

900 000m3 d’eau y sont évacués tous les jours

Egouts de Paris
Les égouts assurent la salubrité de la ville.
©Jean-Baptiste Gurliat/Ville de Paris
Près de 240 millions de km3 d’eaux usées provenant des toilettes, de la vaisselle, de la douche et des activités humaines sont collectés via ce réseau souterrain chaque année. Les eaux de pluie s’y infiltrent également. Les égouts garantissent ainsi la salubrité et la propreté de Paris, préviennent les inondations et préservent la qualité de l’eau de la Seine en limitant le rejet des eaux pluviales dans son lit.
Le réseau évacue chaque jour 900 000 m3 d'eau, et 10 000 m3 de déchets solides en sont retirés. À noter qu’il abrite également les réseaux d’eau potable et non potable, ainsi que certains concessionnaires comme les réseaux de communication.

Un crocodile a vécu dans les égouts

Le 7 mars 1984, les services des égouts appellent les pompiers : un animal suspect a été aperçu sous la rue du Pont-Neuf (1er). Dépêchés sur place, les pompiers capturent une créature de près de 80 cm de long, qu’ils conduisent à la ménagerie du Jardin des Plantes (5e).
Après examen, le vétérinaire de la ménagerie conclut qu’il s’agit d’un crocodile du Nil. L’expert affirme aux journalistes qui l’interrogent que l’animal aurait pu vivre 1 à 2 mois dans les égouts en se nourrissant de rats et de déchets alimentaires. Baptisé Éléonore, la femelle est par la suite transférée à l’aquarium de Vannes (Morbihan) où elle est installée dans une réplique d’un égout parisien.
Le reptile a finalement quitté la Bretagne pour rejoindre la ferme aux crocodiles de Pierrelatte (Drôme). En mai dernier, Éléonore s’est éteinte. Elle mesurait alors plus de 4 mètres de long pour près de 200 kilos.

Rôle de choix dans Les Misérables

Victor Hugo (1802-1885) connaissait l’inspecteur des égouts Emmanuel Bruneseau, qui lui avait fait un relevé en détails du réseau de l’époque. Avec ces informations, l’écrivain a imaginé les aventures de Jean Valjean dans les égouts dans Les Misérables.
Dans le film La Grande Vadrouille, Louis de Funès emprunte les égouts pour s’enfuir. Dans le film d’animation Ratatouille, le rat Rémy se retrouve emporté par le courant d’une rivière et atterrit dans les égouts de Paris.

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