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Le saviez-vous ?

À la place de l'Arc de Triomphe devait trôner un éléphant

Mise à jour le 17/09/2021
Le plus visité des monuments de France continue d'écrire son histoire avec l'empaquetage posthume des artistes Christo et Jeanne-Claude du 18 septembre au 3 octobre 2021. Mais saviez-vous que ce mastodonte de 50 mètres de haut a failli ne jamais être construit et qu'il porte en lui les gloires napoléoniennes passées ?

Un éléphant-fontaine plutôt qu'une arche

On ne présente plus l'Arc de Triomphe, ce colosse qui domine les Champs-Elysées. Ce que l'on sait moins, c'est qu'avant que ne germe l'idée de l'Arc dans la tête de Napoléon, ce dernier avait pensé à une fontaine en forme d’éléphant pour rendre hommage à sa Grande Armée. L'Empereur avait en effet envisagé une statue en bronze susceptible d'abriter un musée à sa gloire. Influencé par son ministre de l’Intérieur, Jean-Baptiste Nompère de Champagny, l'Empereur changea finalement d’avis : l’Arc de Triomphe fut bâti place de l’Étoile et l’éléphant-fontaine, non pas en bronze, mais finalement en plâtre, fut érigé place de la Bastille en 1814. Il fut détruit en 1846 pour être remplacé par la colonne de Juillet.
En images : l'empaquetage de l'Arc de Triomphe par Christo, septembre 2021

Une porte magique pour en finir avec les énergies destructrices

Jean-François Chalgrin, architecte d'Ancien Régime qui avait sous Louis XVI construit l'église Saint-Philippe du Roule et la tour nord de Saint-Sulpice, et sous le Directoire aménagé le palais du Luxembourg, s’est inspiré de l’art antique pour ériger ce monument imposant : 50 m de haut, 44,8 m de long et 22,2 m de large. La signification de l'Arc remonte à l'ancienne religion romaine de guerre. À la fin des campagnes, on faisait passer les guerriers sous une porte magique pour les décharger des énergies destructrices qu'ils portaient en eux. Ces portes étaient placées à l'entrée de la ville ou du forum.

Étoile ou Bastille, il a fallu choisir

Le 18 février 1806, Napoléon écrivait au ministre de l'Intérieur Champagny : « Vous emploierez 500 000 francs pour l'érection d'un arc de triomphe à l'entrée des boulevards, près du lieu où était la Bastille, de manière qu'en entrant dans le faubourg Saint-Antoine on passe sous cet arc de triomphe. »
L'est de Paris était le point traditionnel de départ et de retour des armées. La route de l'ouest, route de l'Angleterre, était moins pavée de victoires. Mais le ministre Champagny et l'architecte Jean-François Chalgrin plaidèrent pour l'érection de l'Arc sur le carrefour de l'Étoile : « Un arc de triomphe y fermerait de la manière la plus majestueuse et la plus pittoresque le superbe point de vue que l'on a du château impérial des Tuileries… Il frapperait d'admiration le voyageur entrant dans Paris… Il imprimerait à celui qui s'éloigne de la capitale un profond souvenir de son incomparable beauté… Quoique éloigné, il serait toujours en face du Triomphateur. Votre Majesté le traverserait en se rendant à la Malmaison, à Saint-Germain, à Saint-Cloud et même à Versailles. »
Convaincu, Napoléon se rendit aux arguments de son ministre et ordonna l'édification de l'Arc place de l'Étoile.

« Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe »

Ce sont ces mots que jeta Napoléon aux soldats français victorieux lors de la bataille d'Austerlitz, en leur promettant de les ramener en France. L'Empereur, dans la tête duquel l'idée de construire l'Arc faisait son chemin, évoquait par là les arcs de triomphe érigés sous l’Empire romain : ils permettaient de commémorer un général vainqueur défilant à la tête de ses troupes. Par un décret impérial du 18 février 1806, Napoléon ordonna l’édification de l'Arc pour perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises.
La construction débuta en 1806 et s'étala jusqu'en 1836, sous le règne de Louis Philippe.

Des victoires et des hommes gravés dans la pierre

En hommage à la Grande Armée victorieuse, les noms des grandes batailles et des scènes de la Révolution et de l’Empire sont gravés ou représentés sur les façades de l'imposant monument, comme la prise d’Alexandrie, les batailles de Marengo, Iéna, Wagram ou le passage du pont d’Arcole. Gravé dans la pierre, le souvenir des grandes victoires militaires françaises doit se perpétuer. Tout comme celui des 660 personnalités qui figurent sur les quatre piliers du monument, pour la plupart des généraux de la Première République (1792-1804) et du Premier Empire (1804-1815).

La flamme du soldat inconnu brûle depuis 1920

La tombe du Soldat inconnu de la Première Guerre mondiale est installée sous la voûte de l'Arc le 11 novembre 1920, dans un caveau sous l'arche principale face aux Champs-Élysées. Ce soldat inconnu, mais reconnu français, représente tous les soldats morts pour la France au cours de l'histoire.
Une flamme en commémore le souvenir. Elle est ravivée tous les soirs à 18 h 30 par des associations d'anciens combattants ou de victimes de guerre et n'a jamais été éteinte depuis 1920.

Un avion a volé sous l'Arc

Le 7 août 1919, le pilote Charles Godefroy passe sous l'Arc de Triomphe en avion. Par cet exploit, le pilote rend hommage aux aviateurs de la Grande Guerre, contraints par l'état-major de défiler à pied le 14 juillet 1919.
L'adjudant-chef Charles Godefroy (1888-1958) passant en avion sous l'Arc de triomphe. 7 août 1919.
L'adjudant-chef Charles Godefroy (1888-1958) passant en avion sous l'Arc de triomphe. 7 août 1919.
Albert Harlingue / Roger-Viollet

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