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Dernière phase de travaux pour l'église Saint-Philippe du Roule

Mise à jour le 10/11/2020
L’église Saint-Philippe du Roule (8e) entame la dernière phase de la restauration de ses toitures. La couverture doit être achevée, la voûte intérieure dépoussiérée et remise en état, le grand orgue remonté.
Jusqu’en 2013, l’eau ne rencontre pas beaucoup d’obstacle pour infiltrer l’église Saint-Philippe du Roule, bijou néoclassique du 8e arrondissement. Il est urgent d’intervenir pour protéger l’édifice. On construit alors un « parapluie » qui recouvre l'église et empêche l’eau de passer. Cette solution a le mérite d’être efficace à défaut d’être esthétique. Mais des restaurations s’imposent, et vite.

Des restaurations longues mais nécessaires

L'église Saint-Philippe du Roule est construite entre 1769 et 1784 sur les plans de l’architecte Jean-François Chalgrin. Une chapelle axiale, dénommée chapelle de la Vierge, est ajoutée à l'édifice en 1845. Puis une seconde chapelle est construite entre 1853 et 1854 sur la gauche de l’église, d’après les dessins de l’architecte Victor Baltard. En 1993, l'église est classée au titre des monuments historiques.
La dernière réfection d'ampleur de la couverture date des années 1945-1950, juste après la Seconde guerre mondiale. D'où la nécessité d'intervenir aujourd'hui.
Restauration de l'église Saint-Philippe du Roule
Durant toute la durée des travaux, les cérémonies religieuses continuent normalement.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris

Établir un diagnostic pour mesurer l’ampleur des travaux

Un diagnostic, établi en 2016, permet de comprendre que la charpente de la nef est intrinsèquement liée à la voûte de l’église composée de caissons en bois. Autrement dit, la charpente soutient le toit en ardoise mais aussi le plafond de l’église. Les infiltrations d’eau ont atteint les caissons de bois qui composent ce plafond. De plus, le bois de la charpente est également attaqué par des insectes dans la voûte et les bas-côtés.
Ce diagnostic est effectué en 2016 par un architecte des monuments historiques, Pierre-Yves Caillault, accompagné de Laurent Taillandier, économiste de la construction.
Les travaux de restauration des parties hautes sont estimés à 8 millions d'euros, financés par la Ville de Paris, propriétaire de l’édifice, et par l’État grâce à des subventions accordées par le ministère de la Culture.

Désigner des entreprises spécialisées dans la restauration de monuments historiques

Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. Cet adage pourrait résumer à lui seul la philosophie du chantier de l’église. Charpentiers, couvreurs, tailleurs de pierre, restaurateurs de vitraux et de décors peints, menuisiers, serruriers et facteurs d’orgue sont mobilisés de concert autour de ce chantier.
Les entreprises spécialisées dans la restauration des monuments historiques ont été désignées courant 2018. Les travaux peuvent alors commencer.

Trois phases de travaux

Les travaux ont été découpés en trois phases d’intervention successives pour minimiser la gêne pour les occupants de l’église, les activités cultuelles se poursuivant pendant toute la durée des travaux.

1. Restauration de la couverture du chœur et de la chapelle de la Vierge

Restauration de l'église Saint-Philippe du Roule
On peut d'ores et déjà admirer la restauration de la rosace de la Litanie de la Vierge.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
La chapelle de la Vierge, ajoutée à l'édifice en 1845, a été la première à être restaurée. La rosace des Litanies de la Vierge a été entièrement démontée et restaurée. Comme la plupart des vitraux de cette église, elle n'est pas exposée directement à la lumière du jour. Une verrière transparente, insérée dans la toiture, protège le vitrail des intempéries et permet à la lumière naturelle de pénétrer dans le bâtiment. Toutes les verrières de protection, en verre clair, sont remplacées au cours du chantier.
La toiture de la chapelle a également fait l'objet d'une restauration minutieuse, comme l'explique Clément Beaugendre, couvreur de l'entreprise le Bras Frères, dans cette vidéo :
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Cette opération de restauration a été mécénée par La Banque Transatlantique et par le Fonds de Dotation Transatlantique, une recherche de mécénat est en cours sur les autres vitraux.

2. Restauration de la zone du transept, de la nef nord, et du bas-côté ouest

La seconde phase de travaux concerne la toiture au droit du transept et le bas-côté ouest. Comme pour la rosace de la chapelle de la Vierge, les verrières transparentes protégeant les vitraux des bas-côtés doivent être restaurées. Sur la photo ci-dessous, on observe que la structure métallique surplombant un vitrail zénithal est en cours de reconstruction.
Restauration de l'église Saint-Philippe du Roule
Des verrières transparentes permettent de laisser passer la lumière dans l'édifice tout en protégeant les vitraux.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
La toiture est aussi refaite dans son intégralité. Puisque l'eau s'infiltrait, il faut organiser son évacuation. Plusieurs aspects sont pris en compte pour sa restauration :
  • Conserver le plus de bois de la charpente d'origine ;
  • Respecter une pente de toit permettant aux couvreurs de poser les ardoises ;
  • Créer un espace de circulation sécurisé pour pouvoir intervenir sur la toiture (entretien, réparation, etc).
Concernant le bas-côté, c'est surtout la voûte qui fait l'objet d'une réparation d'ampleur : remplacement du bois attaqué par l'humidité et plâtrage, suivant la conception originelle de la voûte.
Restauration de l'église Saint-Philippe du Roule
Lors de la restauration de la voûte, il a aussi fallu enlever le plomb contenu dans la peinture qui la recouvrait.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris

3. Restauration de la toiture de la nef sud, du massif de façade du bas-côté-est et remontage du grand orgue

Le parapluie installé au-dessus du toit de l'église vit ses derniers mois. En-dessous, les artisans spécialisés s'activent pour terminer la couverture de la toiture. Encore une fois, la charpente est examinée scrupuleusement : si les bois originels sont en bon état, ils ne sont pas remplacés. Puis c'est au tour des ardoises d'être clouées, aux pierres d'être taillées et au système de circulation des eaux pluviales d'être installé.
Côté voûte, ce sont les caissons en bois qui la composent qui doivent être dépoussiérés, réparés et repeints. Un travail de longue haleine pour les couvreurs du côté extérieur de la voûte et les restauratrices à l'intérieur.
Caissons en bois de la voûte de Saint-Philippe du Roule
Chaque caisson reçoit toute l'attention des restauratrices : abîmés par l'humidité, la poussière et le temps, ils retrouvent une seconde jeunesse sous leurs doigts experts.
Jean-Marc Moser / Ville de Paris
Enfin, le grand orgue de l'église, dont le démontage intégral a duré trois semaines en septembre 2020, devra être remonté. Il est actuellement dorloté auprès d'un facteur d'orgue qui prend soin de nettoyer chacun des 1500 tuyaux le constituant.

Fin des travaux estimée en 2022

À ce rythme, l’échafaudage-parapluie qui protège la toiture sera totalement démonté fin 2021 et les travaux de restauration achevés au premier trimestre 2022. Les fidèles retrouveront un lieu de culte dépourvu d'échafaudages et d'humidité. Quant aux amateurs et amatrices de patrimoine, ils et elles pourront admirer le résultat de ces rénovations d'envergure.

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