Trois secondes et toute la vie d’un homme… La guerre civile espagnole, le camp d’Argelès-sur-mer, son intégration en France. Un chant qui nous accroche à la vie.
"Je
suis mort." Un vieil homme se précipite du toit de sa maison. Son corps éclate
contre les pavés. La chute dure trois secondes, environ. Un instant. Rien de
plus. Un instant qu’il va partager avec nous. Un instant pendant lequel sa vie
en entière traverse son esprit et la scène. Trois secondes, peut-être, plus ou
moins. Le temps de la chute, une vie pliée en un éclair…
Seul
en scène, un comédien nous livre le récit de vie d’un espagnol, fils de
républicains et ayant dû quitter son foyer, comme tant d’autres, en 1939,
hébergé dans les camps du sud de la France et intégré ensuite à la société
française, pour s’y faire une vie, jusqu’à cet instant où, du toit de sa
maison, il se précipite vers la mort sans avoir jamais remis les pieds en
Espagne.
Avec
un style haché, les souvenirs sortent par bribes, dans une tension permanente,
fugaces et produisent ainsi une forte émotion. Rien de ce qui est écrit n’est
inventé, chaque « scène » appartient au témoignage d’un(e) exilé(e)
espagnol(e), qu’il s’agisse de ceux que nous avons pu rencontrer (avant et
après la création du spectacle) ou de ceux qui ont pu laisser leur témoignage
écrit ou filmé.
Le
texte est la synthèse de ces vécus, de ces expériences. Il est porteur d’une
réflexion philosophique et humaine sur la question de l’exil, sur ce
qu’engendrent les frontières, sur la capacité d’une société à assumer ou non la
difficulté de la société voisine ; enfin, sur la capacité d’un être humain à
renaître après l’anéantissement.
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Autrice
: Lola Lago Azqueta
Mise
en scène : Mario Tomas Lopez, Lola Lago Azqueta
Interprète :
Mario Tomas Lopez
Lumière
: Patricia Garcia
Costumier
et scénographe : Bruno Lopez Martinez
Genre :
seul en scène – Théâtre dramatique