Reprenons : un
trompettiste, Tim Tooney, nous raconte comment il fit la rencontre d'un
pianiste de jazz hors-pairs sur le paquebot Virginian, vraie ville de verre et
d'acier lancée à bâtons rompus sur l'Océan. On imagine les années 20-30,
imaginaire Ellis Island : abandonné à la naissance sur ce paquebot où il est
né, adopté par l'équipage, ne mit jamais pied à terre. La légende que c'est, ce
Danny Boodman T.D. Lemon Novecento… Mais quelque chose déraille, on ne sait pas
bien, c'est comme si ce Tim Tooney s'y voyait lui-même, revivait tout d'un
passé enfoui, devant nous, lointain, peut-être teinté de mélancolie allez
savoir… Pourtant, cette histoire à l'allure de contes fantastiques est pétrie
de fête et de souffle. Novecento… sa musique de sortilège, le plus grand
pianiste qui ait jamais joué sur l'Océan, voix intérieures, tempête de cuivres
et d'accordéon… Mais quand même, on se demande ce qu'on regarde. Un narrateur
qui nous pousse à assister à sa propre métamorphose ? Un homme d'un temps
incertain qui se laisse envahir par ce meilleur ami qu'il convoque à tour de
bras ? Ça nous emmène où au juste ? Jusqu'où il va ce récit de bric et de broc
qui heurte nos frontières ? C'est quoi qu'on regarde en fait : un concert, une
hallucination, un hommage ?