Le droit français, et plus généralement le droit occidental moderne et anthropocentrique, paraît largement impuissant en matière de protection de l’environnement. Pire, il tend à se faire complice de l’extractivisme, des projets industriels polluants, et plus largement de la destruction de la nature.
Doter la nature de véritables droits pourrait-il permettre de changer certains paradigmes de nos sociétés et conduire à une refondation écologique du monde ?
De nombreuses initiatives citoyennes et
expériences internationales peuvent servir d’inspiration, notamment en Amérique
latine, où les notions de Pachamama (Terre-Mère) et buen vivir
(bonne vie) sont politiquement et juridiquement mobilisatrices.
Reconnaître notre histoire commune et notre interdépendance vitale avec tous les éléments constituant la biosphère, et repenser plus globalement les relations entre sociétés humaines et monde vivant, pourrait-il conduire à transformer le droit dans une optique de justice environnementale, notamment en fournissant des outils de protection des écosystèmes et en reconnaissant de nouveaux crimes, tels que celui d’écocide ?
Le moment est venu de faire monde autrement.
Laurent
Fonbaustier, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay. Ses travaux portent sur l’histoire des idées politiques et des espaces constitutionnels, sur les libertés fondamentales et le droit de l’environnement. Il est l'auteur de : La refondation écologique du
monde, aux éditions PUF (2026) et de Environnement, coll. Le mot est faible, aux éditions Anamosa (2021).
Alfredo
Gomez-Muller, professeur émérite de l'Université de Tours (études latino-américaines, philosophie politique), membre de l'Université Populaire pour la Terre (UPT, Tours), de l'unité de recherche interdisciplinaire Interactions Culturelles et Discursives (ICD, Tours) et du groupe de recherche en théorie politique contemporaine (TEOPOCO, Université Nationale de Colombie). Il est l'auteur
de Les
droits de la Terre-Mère. Nature, Pachamama et buen vivir aux éditions Wildproject (2024) et de Communalisme andin et bon
gouvernement. La mémoire utopique de l'Inca Garcilaso, aux éditions Libertalia,
2022.
Cette rencontre sera modérée par Anne-Sophie Simpere, journaliste notamment à l'Observatoire des multinationales et à Reporterre.
La librairie Le Pied à Terre (9 rue Custine, 18e) sera présente : un temps de dédicaces permettra de prolonger la rencontre de manière plus informelle.