En 1931, Geo-Fourrier a
parcouru l’axe central de l’Afrique équatoriale française, de Brazzaville à
Fort Lamy (N’Djamena), à la suite d’autres voyageurs, dont le plus célèbre,
André Gide, marqua les esprits avec son Voyage
au Congo. Pendant six mois, Geo-Fourrier note ses rencontres, ses
impressions, ses humeurs. Au fil de huit petits carnets, on voit le regard du
peintre s’attarder sur les hommes et les femmes, les corps et le langage
corporel des danses, mais aussi sur les objets les plus remarquables de la vie
quotidienne. Le voyageur, sans surprise, se fait ethnographe. Ses observations
donneront lieu à plusieurs publications dans La Géographie et Nature.
Quelles images donnent-elles de ce monde équatorial africain d’il y a un
siècle ? Homme de son temps, Geo-Fourrier n’échappe pas aux préjugés
coloniaux. Les nombreuses photographies prises tout au long de son périple, les
dessins et les objets collectés sont autant de témoignages d’un passé révolu
qui ne se limite pas aux aspects les plus spectaculaires, femmes à plateaux et
cases obus.
Roland Pourtier
est professeur honoraire de l’Université Paris1 Panthéon-Sorbonne, Membre de
l’Académie des sciences d’outre-mer. Géographe, spécialiste de l’Afrique,
principalement du bassin du Congo, il a
consacré de nombreux travaux de recherche à ces régions. Son dernier
livre, Congo. Un fleuve à la puissance contrariée (ed.CNRS, 2021) a obtenu le prix Jean
Sainteny de l’Académie des sciences morales et politiques.