Cette conférence retracera l'histoire de cette forme paradoxale d'illustration qui a pour fonction de montrer comment faire, mais aussi de conserver la mémoire de ce qui est voué, par nature, à disparaître.
Si les illustrations sont aujourd'hui une composante presque indispensable des livres de recettes, il n'en a pas toujours été ainsi. À l'âge classique, la majorité des livres de cuisine et d'office ne comporte aucune image, et seuls quelques uns présentent une unique gravure au frontispice. Ce n'est qu'au cours du XIXe siècle qu'un nombre de plus en plus important d'ouvrages multiplie les vignettes gravées sur bois, dont l'importance ira croissante à chaque réédition ; à partir du Second Empire, la chromolithographie investit à son tour les livres de cuisine, qui se parent de planches imprimées en couleurs transformant les mets dressés en véritable natures mortes. Cette conférence retracera l'histoire de cette forme paradoxale d'illustration qui a pour fonction de montrer comment faire, mais aussi de conserver la mémoire de ce qui est voué, par nature, à disparaître.Par Frédérique Desbuissons, maîtresse de conférences en Histoire de l’art, université de Reims Champagne-Ardenne / HiCSA.