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Genre et espace public

Mise à jour le 16/09/2021
Les femmes et les hommes ne pratiquent pas de la même manière les rues, les cafés, les espaces culturels et sportifs, dont l’usage répond à des « codes sexués ». La Ville de Paris souhaite reconquérir l'espace public pour l'égalité et la mixité.
L’histoire, la morale, l’éducation et l’organisation des villes influencent les comportements des femmes et des hommes dans l'espace public. Le harcèlement des femmes dans la rue et son acceptation tacite réduisent leur sentiment de sécurité dans l’espace public et les transports en commun, surtout le soir.
Les politiques publiques et les actions citoyennes peuvent favoriser la mixité de l’espace public en faisant des choix urbains qui répondent à l’impératif d’égalité et en soutenant et généralisant les initiatives qui rendent la ville plus agréable. L’enjeu est de « faire la ville ensemble », une ville respectueuse de ses habitant·e·s, femmes et hommes, une ville qui, parce qu’elle aura su tenir compte des attentes et des aspirations des femmes, deviendra plus attractive, plus égalitaire, plus accessible et facile à vivre pour toutes et tous.

Le guide « Genre & espace public »

La Ville de Paris, à l'initiative d'Hélène Bidard, adjointe à la maire, chargée en charge de l’égalité femmes-hommes, de la jeunesse et de l'éducation populaire. a lancé le 10 octobre 2016 le guide « Genre & espace public », les questions à se poser et les indicateurs pertinents à construire pour un environnement urbain égalitaire.
Ce guide s’adresse aux urbanistes et aux personnes en charge de l’aménagement, la planification, l’organisation, l’animation et la régulation de l’espace public. Il interroge des compétences variées : non seulement les compétences d’architecture, de construction et d’aménagement, mais aussi les compétences qui ont trait au « vivre ensemble dans la cité ».
C’est pourquoi ce guide a une vocation pluridisciplinaire à :
  • accompagner les utilisateurs·trices dans la mise en œuvre de choix urbains qui répondent à l’impératif d’égalité, en créant et en généralisant les initiatives destinées à favoriser la mixité de l’espace public
  • à rendre la ville plus adaptée à toutes et tous, plus agréable, plus vivante, plus conviviale.
La problématique du genre dans l’espace public est explorée dans le but de chercher des ressorts pour agir, et d’envisager des pistes d’actions et d’expérimentations à déployer pour rendre Paris plus égalitaire et plus accessible. Ce travail a notamment participé à nourrir la réflexion autour du réaménagement des sept places parisiennes annoncé par la maire de Paris. Ce guide s’appuie sur « les bonnes pratiques » de villes d’Europe comme Barcelone, Berlin et Vienne.

Les marches exploratoires

La Ville encourage et soutient des marches exploratoires de femmes partout où elles sont nécessaires, pour que soient mieux identifiées et prises en compte leurs attentes et aspirations : arpenter la ville pour la rendre plus sûre et plus accueillante, revisiter le cadre bâti et les espaces publics, afin qu’ils soient davantage accessibles aux habitantes, solliciter leur avis en leur confiant l’élaboration de diagnostics sur leur cadre de vie : tels sont les objectifs des 10 marches qui se sont déroulées entre 2014 et 2018 dans les 10e, 13e, 14e, 18e, 19e et 20e arrondissements de Paris (Voir la carte des marches de Paris).

Ces marches répondent à une triple entrée :
  1. l’aménagement du territoire
  2. l’animation du quartier
  3. l’amélioration du sentiment de sécurité
Elles contribuent à développer un modèle participatif, avec l’idée sous-jacente que « lorsque les femmes ne sont plus exclues, l’inclusion profite à tous ». C’est un processus au cours duquel les participantes réalisent un diagnostic en marchant et élaborent des propositions que la collectivité territoriale devra prendre en compte par des mesures appropriées. Le mode d’action des marches exploratoires de femmes est décrit dans Les « Lombardines en marche », un documentaire, réalisé par « A places égales ».
Un groupe d'une vingtaine de femmes habitantes du quartier de la Goutte d'Or s'est réuni une dizaine de fois et a participé à trois marches exploratoires, dont une nocturne, dans le but de restituer aux femmes l'accès et l'usage des espaces publics du sud du quartier.

Faire de l’espace public un lieu de de « vivre ensemble » et de liberté

68% des Franciliennes âgées de 20 à 25 ans déclarent au moins un fait de violence ou de harcèlement sexiste ou sexuel dans les espaces publics. 40% d’entre elles ont déclaré de la drague importune, et 25% ont déclaré un fait de harcèlement ou d’atteinte sexuelle (Voir l’enquête Virage (INED) et Centre Hubertine Auclert concernant les violences dans les espaces publics).
Selon le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, 76 % des Françaises ont été suivies au moins une fois dans la rue. Enfin, les témoins de ces agressions réagissent peu, si l’on en croit une récente étude de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports qui affirme que seuls 5% viennent en aide.
La Ville de Paris a lancé en 2016 une campagne contre le harcèlement de rue avec pour objectif de montrer le caractère inacceptable du harcèlement dans la rue, faire diminuer le sentiment d’impunité des harceleurs, déculpabiliser les victimes, sortir du silence mais aussi susciter l’entraide.
Cette campagne a été réalisée suite à un vœu du Conseil parisien de la jeunesse, voté par le Conseil de Paris. Cette campagne a été diffusée dans toute la capitale par voie d’affiches, de cartes postales et via les réseaux sociaux. Elle a été pensée pour montrer le caractère inacceptable du harcèlement de rue et pour faire diminuer le sentiment d’impunité des auteurs. « Nous souhaitons, avec ces affiches, dénoncer sans stigmatiser et susciter l’entraide des témoins. Lutter contre le harcèlement de rue, c'est participer à déconstruire les stéréotypes sexués que subissent aussi les personnes LGBT » précise Hélène Bidard.
Des applications gratuites
HandsAway. une application mobile pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les rues, qui permet d'aider, de témoigner, d'alerter et bien plus que ça.

App'Elles, Une application solidaire des femmes et des filles victimes de violences.

En 2019, la Ville a organisé une formation sur le harcèlement de rue

Une formation spécifique des agent·es de la Ville de Paris chargé·e·s de la tranquillité publique a permis à 18 agent·es de devenir formateurs et formatrices pour leur collègues dans les circonscriptions de Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection.
Ainsi, depuis juin 2019, plus de 98 sessions de sensibilisation sur site ont été réalisées au sein de toutes les circonscriptions. Ce qui a permis de sensibiliser près de 600 agent·e·s de toutes les circonscriptions parisiennes :
  • des inspecteur·rice·s de sécurité voie publique, en charge des missions de tranquillité publique et de lutte contre les incivilités
  • des agent·e·s d’accueil et de surveillance des bâtiments et des espaces verts de la Ville
  • des technicien·ne·s de tranquillité publique et de surveillance.
MEMO
La Ville édite un MEMO pour « Reconnaître le harcèlement sexiste sur l’espace public ».

Il comporte, outre des définitions du harcèlement, quelques chiffres, des précisions sur ce que dit la loi et au final des adresses utiles.

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