Depuis cette
théorisation, l’intérêt des auteurs de la littérature classique et
psychiatrique a donné lieu à de nombreux écrits.
Le masochisme fut longtemps considéré comme une perversion sexuelle,
intimement lié à son opposé, le sadisme. À partir de 1905, Freud étudie le
masochisme à travers le prisme de la sexualité. Ses travaux le mènent
progressivement vers une lecture métapsychologique mettant en lumière
plusieurs formes de masochisme : érogène, féminin et moral
[2].
Ritournelles de la plainte, maltraitances du corps, exigences de
réparation se dévoilent voire s’exposent dans la cure. La proposition
freudienne est-elle toujours d’actualité ?
Dès 1954, Lacan poursuivra les réflexions sur les masochismes :
savamment articulées à ses apports théoriques, il révèlera notamment
l’intrication entre jouissance et angoisse de l’Autre dans les fantasmes
masochistes inconscients de la névrose et de la perversion
[3].
Guidé par l’expression du masochisme selon la structure psychique,
comment le clinicien est-il amené à opérer dans la cure ? En quoi la
découverte d’une position masochiste constitue-t-elle une voie d’accès
vers un savoir inédit ? Quels sont les enjeux d’une réactualisation
théorico-clinique de ce concept ?
À l’occasion de ce quarante-deuxième colloque, le RPH-École de
psychanalyse vous invite à questionner et examiner ensemble la pratique
psychanalytique actuelle à l’épreuve des masochismes, tant du côté du
clinicien que du patient ou psychanalysant.
À la lumière de leur clinique, les intervenants soulèveront les
difficultés et les interrogations propres au thème de notre journée tout
en ouvrant vers de nouveaux axes de recherche psychanalytique.
[1] Von
Sacher-Masoch, L. (1870).
La
Vénus à la fourrure. Payot et Rivages.