Pauline Hachette et Romain Huët, en dialogue avec Johan Faerber, rédacteur en chef de Diacritik, présentent le numéro 16 de la revue Socio « Soulèvements sociaux. Destructions et expérience sensible de la violence ».
Dans le cadre du cycle Livres en dialogue, les Éditions de la MSH ont le plaisir d'accueillir Pauline Hachette et Romain Huët, directeurs du numéro 16 de la revue Socio intitulé « Soulèvements sociaux. Destructions et expérience sensible de la violence ». La soirée sera animée par Johan Faerber, rédacteur en chef de Diacritik.
À l'issue de la discussion, vous aurez la possibilité de poser toutes
vos questions à nos invités. La rencontre sera suivie d'une
vente/signature du numéro de la revue et d'un temps de convivialité.
L'ouvrage
Depuis 2010, des contestations d'ampleur ont agité bon nombre de
contextes nationaux. Si elles renvoient à des situations et des enjeux
politiques à chaque fois spécifiques, il existe des expériences
partagées et des récits concordants entre eux. Aux ressources
argumentatives classiques (lutte contre la précarité, l’injustice, les
inégalités économiques, etc.) s’ajoute une revendication à
l’élargissement des orientations du vivre, des formes de vie, en somme à
une transformation existentielle des manières d’être. Ce retour du
registre culturel, éventuellement romantique, dans la scène politique
interroge tant du point de vue de ce qu’il dit de notre époque que dans
sa capacité à tracer un avenir, des perspectives dans l’organisation du
monde et dans le dépassement des contingences capitalistiques.
Les soulèvements contemporains se singularisent également en tant
qu’ils ont tendance à s’accompagner à un moment ou à un autre de
violences plus ou moins grandes. Cette recrudescence de la violence,
généralement de faible intensité inquiète en particulier devant le
constat d’une rupture des pratiques de délibération et d’une incapacité
du système démocratique à faire face à la montée des postures radicales,
à l’impatience populaire, et aux accès de colère voire de rage.
Deux questions centrales sont ainsi étudiées dans ce numéro: pourquoi
le recours à la violence et à la destruction matérielle attire-t-il au
point que nombreux sont ceux qui y prennent aisément une part active? Et
que dit la généralisation des pratiques de violence et de l’agir
destructif de notre époque et des attentes existentielles qui se nichent
en leur creux ? En d’autres termes, que disent ces phénomènes sur notre
époque, sur les attitudes qui se développent face au monde et sur la
façon dont les révoltés s’y prennent pour le domestiquer ?
Les invités
Pauline Hachette est agrégée de lettres modernes et chercheuse en littérature et
sciences de l’information-communication, membre des équipes Fablitt et
CEMTI (Université de Paris 8). Ses
travaux portent sur les émotions et la notion d’expérience en
littérature et dans les arts, ainsi que dans les espaces sociaux où ces
questions sont centrales. Elle vient de publier aux éditions Classiques
Garnier Sous le signe de la colère. Henri Michaux et Louis-Ferdinand Céline. Pauline Hachette coordonne également avec Romain Huët, le numéro « Turbulences », de la revue Socio-anthropologie, paru en 2021.
Romain Huët est maître de conférences en sciences de
la communication. Il s’intéresse aux violences, que celles-ci soient
dirigées contre soi ou contre le monde. Il est également l’auteur aux
Puf du Vertige de l’émeute (2019) et coréalisateur (avec
Laurent L’Hermite) du film documentaire "Après le printemps. Vies
ordinaires des combattants syriens" (2017). Son dernier ouvrage, De si violentes fatigues. L'épuisement quotidien et ses devenirs politiques, est paru aux PUF en 2021.
Johan Faerber est co-rédacteur en chef et co-fondateur de Diacritik,
« le magazine culturel en ligne ». Il est critique littéraire. Docteur
en littérature de l’université Paris 3- Sorbonne Nouvelle, il est
l'auteur d'Après la littérature (PUF, 2018) et Le Grand écrivain, cette névrose nationale (Pauvert,
2021). Johan Faerber dirige la collection "Classiques & Cie" aux
Éditions Hatier. Il est membre du bureau directeur des Lettres Modernes
Minard chez Classiques Garnier. Il est également conseiller éditorial
chez Armand Colin et Dunod.