Pour mettre cette question en perspective, Jean‑Claude Grumberg nous offre une fable puissante : à l’invitation d’une radio « libre », un vieil auteur juif, à qui Hitler « a donné un sujet pour la vie », se trouve confronté à un antisémite qui ne veut pas dire son nom. L’émission est annulée pour des raisons techniques. Ce dialogue qui n’aura pas lieu se mue en conflit intérieur. Jean-Claude Grumberg prend conscience que trois voix ont, tout au long de sa vie, successivement pris le dessus pour répondre aux provocations antisémites : celle du fils et petit-fils de déporté, celle de l’enfant caché, celle de l’écrivain.