Séminaire organisé en collaboration avec le Collège international de philosophie (Ciph)
Les récents travaux de Lydia Goehr (Le Musée imaginaire
des œuvres musicales, Cité de la musique/Philharmonie de Paris, 2018)
montrent que l’œuvre musicale a un sens historique précis, puisque le concept
d’œuvre a été forgé à partir des canons esthétiques de la musique savante du XIXeme siècle. Aujourd’hui, l’usage du concept
d’œuvre s’est largement modifié, il s’est infléchi pour pouvoir embrasser les
formes musicales actuelles. Nombreux sont les théoriciens qui considèrent que
l’on peut caractériser la musique enregistrée comme une œuvre musicale :
on parle alors d’« œuvre phonographique ». Mais si l’on considère que l’enregistrement d’un disque en
studio caractérise l’œuvre musicale, comment penser alors les pratiques
musicales improvisées libres, souvent rétives à l’enregistrement ? Doit-on
les laisser en dehors du champ de l’œuvre – et risquer ainsi d’en faire un
objet indigne de l’attention esthétique, largement focalisée sur la
détermination de « ce qui fait œuvre » ?
Joana
Desplat-Roger est agrégée
de philosophie, docteure en esthétique, et Directrice de programme au Collège
international de philosophie. Actuellement, elle enseigne l’esthétique et la
philosophie de l’art à l’université de Rennes 2. Elle est l’éditrice
scientifique de l’ouvrage L’Art comme jeu
de François Zourabichvili (PUN, 2018), et elle a co-dirigé l’ouvrage collectif Adorno
contre son temps (PUN, 2019).
Séminaire
organisé en collaboration avec le Collège international de philosophie (Ciph)