Évènement

Le reste c'est du bavardage

Du vendredi 10 au samedi 11 novembre 2023
Cette histoire pourrait arriver à tout le monde, elle est universelle. Elle vous concerne vous, votre épouse, votre fils, votre amie. Elle résonne en chacun de nous !
Il y aurait beaucoup à dire sur notre époque. Un mot revient souvent : désenchantement.
La violence aussi, la perte de sens, de repères. Mais, l'espoir, la jeunesse engagée, l’envie d’un monde meilleur, d’un autre paradigme. Le désenchantement pourtant. Ma génération est désenchantée.
Nos parents·es, ces fiers·ères soixante-huitards·es ont tout pris, tout avalé. Iels ont joui de tous les excès, aspiré la sève de notre planète jusqu’à l’assécher, profité de l’existence et de l’absence de crainte du lendemain, travaillé, démissionné, retravaillé, consommé, dépensé. Iels se sont vus rebelles, punks, anticonformistes. Iels ont pourtant bâti une société bien rangée dans ses cases, structurée par des codes qu’iels rejetaient quelques années auparavant.
Et, iels ont fait de nous des adultes désenchantés.
Combien de repas de famille en entendant cette phrase, cette envie d’autre chose, cette lassitude, cette absence de sens ? Qui n’a pas dans ses amis·es un·e ingénieur·e parti élever des chèvres dans le Larzac, un·e commercial·e ouvrant une maison d’hôtes dans le Berry ? Un·e nouveau·elle libraire, un·e jeune boulanger·ère, un·e prof, tous·tes débutants·es, tous·tes quarantenaires.
Combien parmi vous rêveraient d’en faire autant, de tout envoyer valser, de tout recommencer, de se lever le matin en sachant pourquoi ?
Seulement voilà, la peur, les responsabilités, les enfants, le regard de la famille, des amis·es, la Société, l’argent, tout nous pousse à renoncer.
Et, devant l’échec annoncé, nous préférons nous enfermer dans un lent et inexorable abandon de ce que nous sommes, de ce qui fait notre différence, de ce qui aurait pu nous enivrer.
En écrivant Le reste c'est du bavardage, j’ai voulu dire à tous ceux qui se reconnaîtront un peu dans ces lignes que l’échec n’existe pas. Qu’oser recommencer, c’est déjà réussir. On n’abandonne pas son ancienne vie, on en commence une nouvelle. Il n’y a pas d’abandon, il n’y a pas d’échec dans la métamorphose, il n’y a qu’une chrysalide qui attendait de naître.
En définitive, l’important n’est pas de réussir sa reconversion, mais le chemin parcouru dans la transformation de celui qui recommence.
Je rêve cette pièce comme un objet théâtral où se mêleraient théâtre, danse et musique dans un univers fantasmagorique et anachronique, malgré l'évidente actualité du sujet.
J’ai donc souhaité faire évoluer mes personnages sur une scène sans époque ni temporalité, où l’ambiance industrielle et déstructurée des arrières-scènes se teinterait de l’onirisme des carrousels d’autrefois. J’ai choisi de ne donner à vos oreilles que l’illusion du quotidien des textes, et de montrer à vos yeux ce que seul votre cœur peut entendre.

Mise à jour le 03/10/2023

À lire aussi

Vous ne connaissez toujours pas ?

Sélection des bons plans intemporels, mais qui valent le coup toute l'année !