Dans des fantasmes dystopiques tels que
Metropolis (Fritz Lang, 1927) et
High Treason (Maurice Elvey, 1929), l'insouciance et le dogmatisme de la nouvelle architecture font également place à des visions plus pessimistes d'un avenir régi par les gratte-ciel et les lignes droites. Même lorsqu'il ne s'agit que de toiles de fond peintes, comme dans
Das Cabinet des Dr. Caligari (Robert Wiene, 1920), ils revêtent un sens transcendant de l'espace. Leur imagination peut aller très loin et fabriquer des mondes, comme dans les fantaisies orientalistes telles que
The Thief of Bagdad (Raoul Walsh, 1924), également célèbre pour son utilisation d'un « Production Designer », c'est-à-dire une personne chargée de l'aspect architectural du film. Il suffit alors de raconter une histoire, comme dans
Safety Last (Fred C. Newmeyer, Sam Taylor, 1923), en l'associant simplement à un bâtiment. Dans
Seven Footprints to Satan (Benjamin Christensen, 1929), le décor devient l'énigme même avec laquelle ce joyeux film policier veut éblouir le public. Le révolutionnaire
Vampir-Cuadecuc de Pere Portabella, qui est en fait un hommage sonore au cinéma muet, est le moment où le plateau de tournage trouve une dimension métaphysique à travers l'objectif d'un dissident politique.