Évènement

KIT SZASZ / Noli me tangere

Du samedi 6 au dimanche 7 juin 2026
Œuvre issue de l'exposition immersive conçue par des étudiants des Beaux-Arts de Paris à l’Espace Niemeyer dialogue avec l’architecture pour proposer une expérience sensorielle et poétique autour de l’amour et de la mémoire du lieu.

Noli me tangere, Installation olfactive, sculpture (impression 3D, métal), 2026

Le point de départ de cette intervention spatiale est le mythe de l’origine de l’amour dans Le Banquet de Platon. Dans le discours d’Aristophane, les humains étaient autrefois des entités sphériques, dotés de deux têtes, deux bras et deux jambes. Zeus, les jugeant beaucoup trop puissants, les coupa en deux, engendrant ainsi la quête pour retrouver « l’autre moitié ». Cette division, ou plutôt ce dédoublement, résonne de manière instinctive avec l’imagerie microscopique du blastocyste. Chez les mammifères, cette première division cellulaire constitue le début d’une potentialité de vie. Par son parcours fluide, l’architecture de Niemeyer évoque un espace intercellulaire, organique, dans lequel il n’existe ni barrières ni angles droits venant trancher l’espace. Chaque ligne est une invitation au passage. Ces lignes de pensée se matérialisent sous la forme d’une masse ‘informe’ soutenue par une structure métallique, soulignée par une composante olfactive. L’odeur, émanant du corps de la structure, diffuse sa présence au-delà de ses limites physiques. Le choix de l’odeur -celle de la lessive- s’enracine dans un registre olfactif universellement reconnaissable: invoquant l’intimité des draps fraîchement lavés, un espace clos et protégé, à l’abri des tourments extérieurs -de la poussière et du bruit- esquissant une forme de refuge sensible.
Kit Szasz est un artiste interdisciplinaire d’origine roumaine et hongroise, diplômé de l’ESBA Mo.Co. en 2024. Son outil de prédilection est le regard. Il élabore un lexique de formes qui interrogent la matière, le pourrissement et la durée. À travers l’assemblage d’objets quotidiens, il cherche à faire émerger les survivances fragmentées des récits intimes. Le banal, l’anecdotique et le morbide s’entremêlent avec des paroles molles. Inarticulés, les souvenirs glissent. Éventuellement, toute réalité devient fiction.
Un projet coproduit dans le cadre d’un partenariat pédagogique avec l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, avec la participation de l’Espace Niemeyer.

Mise à jour le 02/06/2026

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