Le 10 mars seront connus les résultats des élections pour les assemblées de cinq Etats indiens. Ceux de l’Uttar Pradesh seront scrutés à la loupe : leur portée dépasse largement le cadre de cet Etat et fera figure, en fait, de test grandeur nature avant les prochaines élections générales de 2024 qui verront si Narendra Modi et son parti nationaliste hindou, le BJP, resteront au pouvoir pour un troisième mandat consécutif.
Les élections de l’Uttar Pradesh sont en effet un scrutin hors normes. D’abord par la taille de l’Etat : de loin le plus grand de l’Inde, il compte plus de 200 millions d’habitants, l’équivalent du Brésil. Un territoire tellement grand et peuplé que les élections s’y déroulent en sept phases, étalées du 10 février au 7 mars ! Ensuite parce que l’Uttar Pradesh est d’une certaine façon le laboratoire de l’hindutva, la doctrine nationaliste hindoue défendue par le BJP. Le ministre en chef de l’Etat est un moine extrémiste qui promeut la supériorité des Indiens de religion hindoue et s’en est pris violemment à de multiples reprises à la minorité musulmane. Le scrutin permettra donc de mesurer la réaction des électeurs à cette politique.
Enfin, il donnera également l’occasion de juger de l’impact électoral des grands événements de ces dernières années : gestion catastrophique de l’épidémie de Covid au printemps 2021 qui a frappé de plein fouet l’Uttar Pradesh, ralentissement économique et crise de l’emploi, mouvement massif de protestation des agriculteurs contre les réformes du gouvernement Modi.
Intervenants :