Né à
Szenc, aujourd’hui située en Slovaquie, François Kollar arrive à Paris en 1924.
D’abord employé comme tourneur de métaux chez Renault, il débute en 1927 une
carrière professionnelle dans les métiers de l’imprimerie et la publicité avant
d’installer son propre studio photographique à Paris. Une première commande
intitulée La France travaille marque
sa carrière : les ouvrages (1931-1934) qui en résultent aux Éditions
Horizons de France contiennent environ deux mille de ses clichés qui
documentent l’industrie et l’artisanat. Son important réseau de contacts lui
permet de répondre à des commandes pour la haute couture (Lanvin, Chanel,
Hermès), pour la presse illustrée (L’Illustration, Harper’s Bazaar, Vu) et pour des maisons
d’édition. Après-guerre, il travaille pour l’État afin d'illustrer
l’investissement dans le développement industriel de l’Afrique occidentale
française (Mali, Sénégal, Burkina Faso et Côte-d’Ivoire), ou encore la
naissance du fret aérien avec les ateliers de l’Union aéromaritime des
transports.
Dix ans
après la rétrospective du Jeu de Paume qui faisait la part belle aux fonds
François Kollar conservés par la Bibliothèque Fornay et la Médiathèque du
patrimoine et de la photographie, cette intervention est l’occasion de revenir
sur le parcours de l’un des grands professionnels de la photographie française
des années 1930-1950.
Matthieu Rivallin a effectué
l’essentiel de sa carrière au sein de la Médiathèque du patrimoine et de la
photographie (MPP), d’abord comme chargé de collections photographiques (où il
a été notamment en charge du fonds Kollar), puis adjoint à la conservatrice
avant de devenir chef du département de la photographie en 2024. Inspecteur
conseiller de la création artistique (ICCEAAC), il œuvre à la collecte des
fonds d’auteurs photographes à la MPP, a été commissaire d’une vingtaine
d’expositions et l’auteur de nombreux catalogues.