Auguste Comte a vécu toute sa vie à Paris depuis son arrivée en 1814 à l’École polytechnique. Il a occupé treize logements dans la capitale mais un seul restera à jamais attaché à son nom : son appartement du 10, rue Monsieur-le-Prince. L’établissement définitif de Comte dans ce quartier étudiant, au voisinage de la Sorbonne et de l’École polytechnique, paraît on ne peut plus logique, lui dont la vocation est avant tout enseignante. C’est le domicile d’un homme disposant de peu de biens et tenant pourtant à continuer de pratiquer son activité intellectuelle et cultuelle dans un environnement familier. Comte a toujours clamé vouloir vivre dans une subsistance matérielle circonscrite à la nourriture, aux vêtements, au traitement de sa domestique, Sophie Bliaux, et à son loyer. Il adopte un mode de vie ascétique, pour réserver son énergie à l’élaboration de son œuvre et observe toujours une régularité exemplaire dans tout ce qu’il fait : l’emploi de ses jours et de ses heures est fixé précisément, il déclare souvent suivre une « hygiène mentale » stricte. Si quelques sorties au théâtre, quelques promenades aussi, et quelques dîners au restaurant rompent parfois la monotonie de son style de vie monacal, Comte reste la plupart du temps dans son appartement, qui est d’abord et avant tout, son lieu de travail. Mais celui-ci, au moment où Comte rencontre le grand amour de sa vie, Clotilde de Vaux, et surtout après la mort tragique de cette dernière, acquiert une tout autre dimension, devenant le « saint domicile » ou encore « l’appartement sacré » dans lequel vont s’accomplir les grandes évolutions philosophiques de Comte. Dans le salon sont administrés les sacrements de sa toute nouvelle « religion de l’Humanité », et la Société positiviste, créée en 1848, se réunit dans le cabinet de travail…
Vous êtes cordialement invité(e) à la journée découverte, le mercredi 29 avril, de cette nouvelle exposition: l'entrée sera libre toute la journée de 10h à 12h et de 14h à 17h.