Évènement

Conférence - Femmes et esclavage en Antilles françaises

Le vendredi 15 mars 2024
Par Arlette Gautier, ancienne maîtresse de conférences à l’Université de Paris X-Nanterre, et professeure de sociologie à l’Université de Bretagne Occidentale.
La mulâtresse Solitude, roman d’André Schwarz-Bart (1972), utilise les travaux de l’historien Lacour et la tradition populaire guadeloupéenne, pour raconter l’histoire d’une femme (vers 1772-1802), née d’un viol sur un bateau négrier, abandonnée par sa mère, fugitive puis révoltée contre le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe. On attendit pour la tuer qu’elle accouche d’un enfant qui prendrait sa place dans l’esclavage.
De nombreuses autres esclavisées ont vécu de telles violences qui ont rendu l’esclavage plus féroce pour les femmes, contre lesquelles elles ont résisté.
Les dossiers de plantations évoquent d‘autres histoires : celle de la Guadeloupéenne Geneviève, épouse du maître raffineur Ignace, mère de sept enfants et accoucheuse en 1778. Elle donne son prénom à une petite-fille et à une arrière-petite-fille, ce qui montre l’existence de liens familiaux sur les plantations.
L’analyse de textes de l’époque et de listes d’esclaves des minutes notariales permettra de resituer amours, maternités, travail et résistances dans leur diversité chronologique et spatiale, en se concentrant particulièrement sur les îles antillaises (Guadeloupe, Martinique et Saint-Domingue aujourd’hui Haïti).
Arlette Gautier a été maîtresse de conférences en démographie à l’Université de Paris X-Nanterre, chargée de recherches en démographie à l’Institut de Recherches sur le développement et professeure de sociologie à l’Université de Bretagne Occidentale. Ses travaux se focalisent principalement sur la construction des rapports entre les sexes depuis l’esclavage aux Antilles, au Mexique et dans le monde.
Mise à jour le 07/02/2024

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