La LDH vous invite à participer à sa 28e Université d’automne sur le thème "Luttes des femmes dans le monde et mouvements féministes", les samedi 26 et dimanche 27 novembre 2022 à l’espace Reuilly (Paris 12). L’objectif de cette université d’automne est double : d’une part, analyser les évolutions de la condition des femmes et leurs luttes dans différentes régions, d’autre part, rendre compte des débats qui traversent le féminisme. Des intervenantes et intervenants participeront à des tables-rondes sur le système patriarcal, l'égalité, les révolutions et mouvements de libération…
Le féminisme est plus que jamais en questions : il connaît une
indéniable actualité, une diffusion mondiale, en même temps qu’il n’est
jamais apparu aussi fragmenté qu’aujourd’hui. On assiste à une forte
implication des féministes (avec parfois des divisions) autour de la
question écologique, de la justice sociale, de l’antiracisme, des
religions et de la laïcité. Si le mouvement #metoo a mis sur le devant
de la scène les questions de harcèlement et de violences sexuelles ou
encore de représentations des femmes dans les cultures, d’autres combats
dans d’autres espaces que l’Europe ou les Etats-Unis ou concernant
d’autres sphères de la vie sont peu ou mal connus.
En effet, les femmes sont sur plusieurs fronts à la fois : elles
participent ou ont participé à de nombreuses luttes de libération, en
même temps qu’elles se battent pour leurs droits dans des contextes
historiques, géographiques et culturels variés.
Si l’égalité entre les femmes et les hommes n’est acquise nulle part,
son principe est aujourd’hui plus largement établi dans les pays où le
patriarcat comme système juridique familial a été aboli. Mais malgré ces
évolutions juridiques récentes (en France, par exemple, le principe de
l’égalité entre les femmes et les hommes n’est inscrit dans la
constitution qu’en 1946, le droit de travailler et gérer ses biens
propres sans l’accord du mari en 1966, la notion de chef de famille ne
disparaît qu’en 1970, l’interruption volontaire de grossesse est
autorisée temporairement en 1975, légalisée en 1980, etc.), de nombreux
droits comme celui à l’avortement sont remis en cause dans plusieurs
pays. La culture patriarcale reste dominante et les discriminations
systémiques subies par les femmes, de même que les violences, en
témoignent. Cette situation exige de porter un regard décentré sur les
formes de la domination masculine et/ou patriarcale dans le monde, et
sur les formes des luttes des femmes.
En effet, dans de nombreux pays, le patriarcat est encore inscrit
dans la loi, et les droits des femmes dans leur ensemble ne sont pas
reconnus. En outre, la condition des femmes est aggravée par la
pauvreté, les guerres et l’émergence de mouvements conservateurs, qu’ils
soient religieux ou non. Si les femmes subissent des oppressions
communes liées à leur condition de femme, ces oppressions s’imbriquent à
d’autres inégalités ou discriminations liées à leur classe sociale,
situation de minorités, origine, cultures, etc.
Par ailleurs, la place des femmes comme actrices de l’histoire est un
enjeu politique. Quelle part leur est faite dans l’historiographie ?
Faut-il considérer que les luttes pour les droits des femmes commencent à
partir du moment où s’est forgé le concept de féminisme, ou que ces
luttes pour l’égalité sont une constante de l’histoire avec des systèmes
juridiques qui évoluent vers une plus grande ou une moins grande
égalité ?
L’objectif de cette université d’automne est double : d’une part,
analyser les évolutions de la condition des femmes et leurs luttes dans
différentes régions, d’autre part, rendre compte des débats qui
traversent le féminisme. En effet, de nouveaux concepts (“théories du
genre”, intersectionnalité, féminisme queer) ou des questions
(prostitution, gestation pour autrui) sont en débat. Enfin, nous nous
demanderons comment les différents acteurs sociaux se saisissent de
cette question ou parfois, l’instrumentalisent.
Samedi 26 novembre
9h30 ouverture
Accueil par Emmanuelle Pierre-Marie, maire du 12e arrondissement de Paris, et réponse de Patrick Baudouin, président de la LDH
10h15 présentation du thème et de l’organisation de l’UA
Fabienne Messica, coresponsable du groupe de travail « Discriminations, racisme, antisémitisme » et membre du Comité national de la LDH
Table ronde 1 (10h30-11h30) : “Le patriarcat, un système universel ?”
Animatrice : Fabienne Messica, coresponsable du
groupe de travail « Discriminations, racisme, antisémitisme » et membre
du Comité national de la LDH
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Si le patriarcat est universel, il n’est pas une fatalité : faire et défaire le patriarcat, par Corinne Fortier, anthropologue, chargée de recherche au CNRS et membre du laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France
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Le féminisme, un universalisme ? Des féministes dans les révolutions et les luttes sociales, par Mathilde Larrère, historienne, enseignante chercheuse à l’UPEM
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Débat avec la salle (11h30-12h30)
Table ronde 2 (14h-15h15) : “Egalité : Où en est-on ?”
Animatrice : Françoise Dumont, responsable du groupe de travail « Femmes, genre, égalité » et présidente d’honneur de la LDH
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L’évolution des systèmes juridiques et la persistance des inégalités dans la loi : une approche comparative, par Amélie Dionisi-Peyrusse, maître de conférences en droit privé à l’université de Rouen
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Les inégalités et discriminations dans le travail,
par Frédérique Pigeyre, professeure titulaire de la chaire « Genre,
mixité, égalité femmes-hommes de l’école à l’entreprise » au Cnam
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Le refus de l’égalité : histoire et résurgence de l’antiféminisme,
par Christine Bard, professeure d’histoire contemporaine à l’université
d’Angers et membre senior de l’Institut universitaire de France
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Débat avec la salle (15h15-15h45)
Table ronde 3 (16h-17h30) : “Le corps des femmes”
Animatrice : Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la LDH
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Arts et culture : représentation et appropriation, par Geneviève Fraisse, philosophe de la pensée féministe, directrice de recherche émérite au CNRS-CRAL-EHESS
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La réappropriation de leur corps par les femmes (droits sexuels et reproductifs), par Arlette Gautier, professeure émérite de sociologie à l’université de Brest-LABERS
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Sexe et genre : origine du concept et débats au sein du féminisme, par Fabienne Malbois
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Débat avec la salle (17h30-18h)
Dimanche 27 novembre
Table ronde 4 (9h-10h15) : “Révolutions, mouvements de libération et droits des femmes”
Animatrice : Maryse Artiguelong, membre du Bureau national de la LDH
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La question des droits des femmes dans les luttes pour la démocratie et les luttes sociales (Algérie), par Karima Ramdani, docteure en sciences politiques thèse sur « Femmes, féminités, féminismes dans l’Algérie coloniale »
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Femmes et guerres : l’exemple du Kurdistan, par Melike Yasar, représentante du Mouvement des femmes kurdes en Europe -TJK-E, et Camille Gicquel, traductrice
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Les femmes, premières victimes des fondamentalismes religieux : Afghanistan, par Shoukria Haidar, présidente de NEGAR-Soutien aux femmes d’Afghanistan
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Débat avec la salle (10h15-10h45)
Table ronde 5 (11h-12h30) : “Débats et théories féministes dans le monde”
Animatrice : Nadia Doghramadjian, coresponsable du groupe de travail « Discriminations, racisme, antisémitisme »
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L’apport de l’Amérique latine, imbrication des rapports sociaux : lectures croisées depuis Abya Yala et le féminisme matérialiste francophone, par Jules Falquet, professeure au département de philosophie de l’université de Paris 8-St Denis
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Féminismes africains face aux défis du monde contemporain, Khaïra Thiam
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Féminismes et laïcité, par Asma Lamrabet, médecin biologiste, essayiste et conférencière
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Débat avec la salle (12h30-13h)
Animateur : Patrick Baudouin, président de la LDH
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Sophie Binet, CGT
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Fatima Bent, coprésidente de Lallab
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Anne Leclerc, Collectif national pour les droits des femmes
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Imane Ouelhadj, présidente de l’Unef
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Guissou Jahangiri, vice-présidente de la FIDH, OPEN ASIA/Armanshahr Foundation (sous réserve)
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Débat avec la salle (15h45-16h30)
Conclusion, par Patrick Baudouin, président de la LDH