Dvořák fut très tôt marqué par l’architecture baroque de sa Bohême natale. Enfant doté d’une jolie voix de soprano, organiste doué, il composa de grandes pages de musique sacrée dont un Requiem, un Te Deum, l’oratorio Sainte Ludmila, mais aussi un Stabat Mater qui détermina sa renommée internationale (et que Janáček dirigea en 1882 à Brno). La partition lui permit même d’obtenir le titre de docteur honoris causa de l’Université de Cambridge ! Cette œuvre connut toutefois une genèse douloureuse, puisque Dvořák entreprit la composition de son Stabat alors qu’il venait de perdre trois de ses enfants. Suppliante mais jamais complaisante, la partition fait la part belle aux voix, avec un orchestre qui accompagne la douleur sans jamais s’arroger le premier plan.