À l'occasion de la parution de "Création plastique d'Haïti. Art et culture visuelle en colonie et postcolonie" paru en avril aux Éditions de la MSH dans la collection "Amérique(s)", la Fondation Maison des Sciences de l'Homme organise une soirée de présentation de l'ouvrage "Hors les murs" à la Maison d'Amérique latine.
Cette séance des Livres en dialogue réunira l'auteur de l'ouvrage, Carlo A. Célius, et Jacques Leenhardt, directeur d’études à l'EHESS.
À l'issue de cette rencontre, vous aurez la possibilité de poser
toutes vos questions à nos invités. La rencontre sera suivie d'un moment
de convivialité.
Nos invités
Carlo A. Célius est historien et historien de l'art, directeur de recherche CNRS à l’IMAF, l’Institut des mondes africains. Ses recherches portent principalement sur Saint-Domingue/Haïti et explorent notamment la création plastique et la culture visuelle du tiers occidental de l'île, de la période coloniale jusqu’à aujourd’hui, ainsi que l’histoire de l'ethnologie.
Jacques Leenhardt est Directeur d'études à l'École
pratique des hautes études en sciences sociales et Fondateur en 1993 de
la collection "Art et nature" aux Éditions Actes Sud. Docteur en
sociologie et philosophe, il est l'auteur d'études sur la lecture et la
vie intellectuelle et artistique.
L'ouvrage
Ce livre étudie l'univers de la création plastique d'Haïti dans la
durée, depuis l'arrivée, en 1492, des premiers conquérants espagnols sur
ce territoire, tiers occidental de l'île qu’ils avaient rebaptisée
Hispaniola. Pour mener son enquête, Carlo A. Célius interroge, déborde
et renverse les discours et les représentations énoncés depuis l’Europe
occidentale, qui ont, en continu, qualifié et classé toute création
artistique non européenne à l’aide de critères propres au domaine des
beaux-arts.
L’histoire des modes de figuration proposée ici est aussi celle de
l’accaparement, de l’exploitation et de la transformation d’un
territoire, une histoire de migrations, de sujétion et d’extermination
de populations. C’est une histoire de luttes, de libération et de
reconfiguration sociétale ; une histoire des images et des imaginaires,
de leurs échanges et de leurs confrontations.
Dans cette enquête historique au long cours, qui emprunte tour à tour
à l’histoire de l’art, à l’esthétique, à l’anthropologie et à la
sociologie, l'auteur nous propose une approche plurielle de la
figuration en colonie et postcolonie qui, au-delà des seuls beaux-arts,
prend en compte l’ensemble de la culture visuelle. Du portrait aux
dessins rituels du vodou et à l’iconographie catholique, des
illustrations publiées dans la presse aux marques de scarification sur
le corps des captifs africains réduits en esclavage, il met en lumière
la complexité et les enjeux du visuel, les conflits qu’il génère, les
phénomènes d’appropriation et de réappropriation.
Carlo A. Célius démontre comment a pu s’édifier une hégémonie des
beaux-arts dans un tel contexte et comment, à un moment donné, celle-ci a
été ébranlée.
Cet ouvrage revisite la notion d’art : il historicise les échelles de
valeurs qui la constituent et les dynamiques sociales, politiques et
culturelles à partir desquelles elle évolue. À l’aide d’un cadre
conceptuel renouvelé, les lectrices et lecteurs pourront (re)découvrir
les principales caractéristiques des courants artistiques du xxe siècle
haïtien et apprécier quelques traits distinctifs de la nouvelle scène.