Évènement

On a vu, on a aimé… l'expo « Penn & Fashion » à la MEP

Du mercredi 30 septembre 2026 au dimanche 17 janvier 2027
Photographie représentant un visage recouvert d'un voile de cheveux

Cet évènement fait partie de Que faire à Paris quand on aime la mode

Jusqu'au 17 janvier 2027, la MEP présente l'exposition « Penn & Fashion ». Elle rend hommage à Irving Penn, l'un des photographes les plus influents du XXe siècle. Auteur d’une œuvre toujours en avance sur son temps, Irving Penn a profondément marqué l’histoire de la photographie de mode grâce à sa collaboration de plus de soixante ans avec le magazine Vogue. Son esthétique épurée, comme son exceptionnelle maîtrise de la composition, ont influencé des générations de photographes.

De quoi ça parle ?

L’exposition se déploie selon un parcours chronologique, suivant la carrière d’Irving Penn de 1947 à 2008. Elle débute dans les années 1950, avec la présentation de ses photographies légendaires des collections parisiennes de haute couture comme Dior et Balenciaga, magnifiées par les plus grands mannequins de l’époque tels que Lisa Fonssagrives et Jean Patchett. Dans les années 1970, les créations d’Ungaro et de Courrèges et les tenues extravagantes portées par Marisa Berenson ou Lauren Hutton retiennent l’attention du photographe, puis, la décennie suivante, les créations d’Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld.

Toujours fidèle à une vision artistique exigeante, quel que soit le contexte de la commande, Penn a contribué à rapprocher l’art, la mode et le commerce avec une maîtrise inédite. Son travail est caractérisé par une esthétique d’une élégante simplicité.

L'avis de la rédaction

On préfère vous le dire tout de suite : cette expo va vous pousser à lever les sourcils, à écarquiller les yeux, à froncer le nez et à pincer les lèvres. Irving Penn fait partie de ces photographes qui ne se contentent pas d’immortaliser une scène, une pose ou une expression. Lui cherche à provoquer une émotion dans l'oeil qui regarde son travail. Dès le milieu des années 40, le photographe américain a montré une efficacité visuelle saisissante. Cela commence d'abord lorsqu'il s'amuse à jouer avec les éclairages et les fonds neutres, et qu'il se débarrasse des accessoires, des décors et même des figurants. Pour la première fois dans la photographie de mode, les séries se lisent comme des courts métrages, mieux : des romans photos stylisés d’une folle modernité. Tout au long du parcours qui retrace son travail, ce qui ressort c’est sa capacité à laisser le blanc exprimer les détails du noir. Irving Penn fait dialoguer les corsets et les chapeaux droits, les cols obliques et les jupes structurées, les ceintures graphiques et le maquillage des sourcils et de la bouche dessinés à la perfection. Mais là, où il frôle le sublime c’est lorsqu’il humanise ses mannequins. On y voit alors du Robert Doisneau ; les deux hommes ayant été proches durant de longues années, mais aussi du surréalisme, inspiré par son amitié avec le designer Alexey Brodovitch et de la poésie grâce au dessinateur Moebius.

Même dans son travail d’illustration de reportages pour Vogue dans les années 80, 90 et 2000, on retrouve des codes modernes, proches de ce que l’on peut voir aujourd’hui sur Instagram. La première nature morte « beauté » c’est à lui qu’on la doit lorsqu’il photographie le contenu d’une trousse de maquillage savamment renversé. Plus tard, Irving Penn fera preuve d’audace en transformant la bouche d’un mannequin en palette de peinture avec des rouges à lèvres ou en habillant le visage d’un modèle, d’un ballon de rugby archi-recousu pour dénoncer la chirurgie esthétique à outrance. À première vue, on remarque donc les matières, les textures, mais en y regardant de plus près, ressort alors son sens de la composition et des contrastes. De quoi nous laisser bouche bée…

Khadija M.

L’exposition est majoritairement conçue à partir de collection de la MEP et de celle de Nicola Erni. Réunie au cours des vingt-cinq dernières années, celle-ci est aujourd’hui l’un des ensembles les plus vastes et remarquables consacrés à la photographie de mode, couvrant la période des années 1930 à nos jours. L’exposition bénéficie également de nombreux prêts exceptionnels de The Irving Penn Foundation et de The Miyake Issey Foundation.

Mise à jour le 26/10/2026

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