Le fait que la bibliothèque ne ressemble pas à un milieu naturel (une forêt, une zone littorale), et qu’elle soit souvent considérée comme un instrument de politiques publiques, empêche d’en voir l’essentiel. Elle est un milieu unique. Elle maintient les conditions vécues, concrètes, d’un projet collectif continu. Elle structure un lien vivant entre savoirs, égalité, attention, souci de soi et d’autrui. L’institution parfois réputée conservatrice occupe du simple fait de tenir à ce qui est important, une place aux avant-gardes des perspectives ouvertes par les épistémologies du soin, de la protection et de l’attention.
Cet ouvrage, issu d’un travail collectif de longue durée dans le monde de la bibliothèque, propose non pas un texte lissé, mais les éléments d’un dialogue, autour de termes, de questions importantes, d’aspects jugés essentiels dans nos échanges.
Il s’adresse à ceux et à celles qui comptent sur les institutions publiques culturelles, les services publics, à toutes celles et tous ceux qui travaillent à l’entretien de formes de vie structurées par les savoirs, pour amplifier le partage de ce qui compte, et maintenir un lieu de vie essentiel au plan politique.
Rencontre avec cinq contributeurices, cinq regards sensibles, cinq voix singulières à qui nous sommes heureuses de tendre le micro :
Joëlle Le Marec, professeure au Museum national d’histoire naturelle, membre du laboratoire "Patrimoines locaux, environnements et globalisation" (UMR 208). Elle développe des recherches sur les rapports sciences et société, et sur les pratiques et publics des institutions du savoir.