« Luciano ! Luciano ! Luciano ! Jeune comme la révolution, toujours vivant. » Une voix déchire le monde, et invoque le nom du militant chilien Luciano Cruz : l’épitaphe monumentale s’élève, comme une vague de force et de lumière. Appel, injonction à l’écoute et réveil : tel est le protocole du chef d’œuvre de Luigi Nono qui fut créé par ses amis Claudio Abbado et Maurizio Pollini. De la déploration du héros disparu jusqu’à l’ultime scintillement, dans la certitude de son absence, Luciano est devenu le nom d’un soulèvement collectif bouleversant et Nono, né il y a cent ans, le nom d’un art tragique et engagé.
Elżbieta Sikora qui composa en 2021 une œuvre en regard du Diaro Polacco de Nono, entend bouleverser le rituel du concert avec Sonosphère. Cette nouvelle version fusionne lyrisme et clameur, engageant l’orchestre et l’électronique. L’engagement comme résistance ? Comme le rappelait Nono, « la résistance n’est pas l’emploi de textes révolutionnaires mais le développement de l’autonomie et de la nouveauté artistique ».