L’Orangerie du musée Carnavalet et le jardin du musée Cognacq-Jay accueillent, du 1er au 23 octobre, l’exposition « Les portes du jour ». Inaugurée dans le cadre de Nuit Blanche 2022, cette exposition rassemble les œuvres des lauréats issus de la troisième édition du Prix 1 % marché de l’art.
« Une exposition est toujours un dialogue : entre
les œuvres, les artistes et les personnes qui l’organisent. La création
contemporaine interpelle, provoque, séduit ou dérange : elle pose plus de
questions qu’elle ne donne de réponses.
L’exposition Les portes
du jour se pense comme un scénario ouvert, un script sans dénouement
imposé, qui permet d’appréhender le temps et l’espace autrement.
Déployées sur deux sites
historiques, les musées Carnavalet et Cognacq-Jay, les cinq œuvres
contemporaines lauréates du Prix 1% marché de l’art partagent une acuité
commune à réfléchir le présent, à équidistance de l’utopie et de la dystopie.
Différentes temporalités et
réalités cohabitent au sein de l’exposition – imaginaires, matérielles,
intérieures, extérieures, locales, globales. Depuis la nuit des temps, les
artistes sont des médiums attentifs et des témoins sensibles qui, décryptant
les mutations du monde, nous aident à nous frayer une voie dans l’invisible. »
Anne Dressen –
Commissaire d’exposition au Musée d’Art Moderne de Paris et commissaire de
l’exposition Les portes du jour.
Né en 1968 et vivant à
Paris, Renaud Auguste-Dormeuil questionne, depuis le milieu des années 1990, la
fabrique des images, envisagées dans leur cadre public et politique. Installée dans le jardin du musée
Cognacq-Jay, Se mi vedi, piangi de Renaud Auguste-Dormeuil, annonce, avec
une palina - ce pieu d’amarrage
vénitien comme échoué de la lagune -, une apocalypse qu’on espère encore
éviter.
Katinka Bock, née à Francfort en 1976, vivant et travaillant à Paris,
offre une approche discursive de la sculpture, de la photographie et du
langage. La forme est souvent le résultat d’un processus où le rationnel et
l’irrationnel se rencontrent et cohabitent. Guerrière
intemporelle, mythologique et futuriste, Amnésie livre une réflexion
autour de la statuaire équestre, revisitée dans une version féminine
dépersonnalisée.
Née à Aurillac
en 1974 et vivant entre Paris et Genève, Isabelle Cornaro a d’abord étudié
l’histoire de l’art. Ses œuvres convoquent des références allant du baroque à
l’abstraction moderniste. Des objets à la fois culturels et industriels, se
retrouvent pétrifiés par Isabelle Cornaro, au sein d’une horizontalité
monochrome signifiante. Séquences (IV) témoigne de productions autrefois
hiérarchisées, empruntées aux contextes du domestique, du décoratif ou du
fonctionnel.
Ariane Loze, née
en Belgique en 1988, vivant et travaillant à Bruxelles, procède dans ses
vidéo-performances, où l’artiste joue souvent tous les rôles, à une
déconstruction méthodique des codes du cinéma pour le ramener à son minimum
opérant. If you didn’t choose A, you will probably
choose B propose une immersion dans le métavers, une comédie projetant un
monde sur le point d’advenir. Dans un Paris déserté, l’héroïne ne cesse d’être
analysée, espionnée et alpaguée par des algorithmes dont l’intelligence
artificielle sert des fins mercantiles.
Marie-Claire Messouma MANLANBIEN
Née en 1990 à
Paris où elle vit et travaille, Marie-Claire Messouma MANLANBIEN s’intéresse
aux cultures du monde, en particulier celle créole antillaise de Guadeloupe et
la culture matriarcale Akan de Côte d’Ivoire, où elle a vécu plusieurs années.
Tissages et céramiques symbolisant l’entrée dans des réalités parallèles, Ofi
titi, qui signifie en langue Akan « vient du commencement »,
questionne le rôle des femmes et de la vêture et témoigne de la créolisation
des corps, des voix et des objets.