Durant cette période muette, il amorce sa trilogie sur la guerre, le blé et l’acier avec
The Big Parade (1925), son premier succès qui influencera d’autres films dénonçant la guerre et qui instaure l’idée du héros ordinaire, cet « homme des masses » que l’on retrouve dans
The Crowd (1928). Les rapports et l’opposition entre l’individu et la société, le rural et le citadin, sont une donnée constante dans son œuvre. Né au Texas, son attachement au prestige déchu du Sud est visible dans bien des films, de
The Family Honor (1920) à
Wild Oranges (1924) dont le récit troublant se déroule sur une île marécageuse peuplée de quelques reclus. Certains films sont d’ailleurs tournés dans des décors naturels impressionnants : les marais de
Wild Oranges, le long du fleuve pour
Jack-Knife Man (1920), les montagnes de
The Sky Pilot (1921), un pont surplombant les gorges et les rapides pour
Love Never Dies (1921). Vidor s’essaye également au film à costumes avec son ami l’acteur John Gilbert offrant une imitation de Douglas Fairbanks dans
Bardelys the Magnificent (1926), ou dans le mélodrame
La Bohème (1926) avec une Lillian Gish bouleversante.