Corps vus de dos, de trois quart ou de face, corps
tordus, distendus, penchés ou courbés dans des positions improbables, comme des
pantins désarticulés, corps éclatés dans des fragments de miroir, formant un kaléidoscope
déroutant de membres humains : tel est le fil conducteur de cette
exposition « Des compositions / décompositions ». La blancheur
extrême des chairs exposées explose littéralement, par contraste avec les
couleurs crues du décor, évoquant des ambiances extrêmes de chaleur ou de
glace : un rouge dur, violent, presque sanglant, et un bleu froid,
électrique, quasi chirurgical. Perdus et isolés dans cet espace sans espoir,
ces corps figés deviennent aux yeux de l’observateur des objets intrigants qui
ne trouvent nul réconfort dans ce qui les entoure : une chaise qui
ressemble à une grille, ou à l’inverse une grille qui ressemble à une chaise,
un canapé rouge, rigide et anguleux. Métaphore de la solitude de corps isolés,
décomposés et périssables dans un univers sans pitié, cette exposition nous
invite à réfléchir et méditer sur la condition humaine.