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Évènement

Decebal Scriba, la résonance du signe, exposition personnelle

Du samedi 5 novembre au samedi 17 décembre 2022
Après Passage en 2019, la deuxième exposition personnelle de Decebal Scriba, est l'occasion de présenter les oeuvres contemporaines de l'artiste d'origine roumaine, où il continue d'explorer des thématiques omniprésentes dans son travail comme le signe, la matière, ou l'espace.
Dans les années 1970 – 1980 à Bucarest, Decebal Scriba (né en 1944) s’est révélé comme l’une des personnalités les plus singulières de l’avant-garde Roumaine. Contraints par une politique totalitaire, les artistes faisaient face à un manque d’espace d’expression qui a durablement marqué la création artistique de l’époque.
Figure importante de ce paysage artistique, Decebal Scriba a développé un corpus d’œuvres politiques et poétiques, autour du signe, du langage, de la matière et de l’espace. S’inscrivant dans une mouvance minimaliste, l’artiste a élaboré un langage conceptuel et performatif qui caractérise désormais l’histoire de l’art de l’Europe de l’Est d’après la Seconde Guerre mondiale. Le travail de Decebal Scriba pourrait être considéré comme une recherche perpétuelle consistant à interroger la visualisation et l’objectification du réel. S’intéressant à la science, et plus particulièrement à la physique, son œuvre tente d’examiner les interfaces de la connaissance en explorant les formes et les états de la représentation. De cette manière, il propose une œuvre mêlant réflexions philosophiques et poésie, qui cherche à déstabiliser les conventions, pour mieux en percevoir les contours. Né d’une contrainte, d’une réaction à un ordre établi et revendiquant la liberté du statut d’artiste, son travail comporte également une indéniable dimension politique. Cette dimension se matérialise dans l’aspect performatif de ses œuvres, où Decebal Scriba n’hésite pas à intervenir physiquement, comme pour souligner son engagement en tant qu’artiste dans la société.
Pour la seconde exposition personnelle de l’artiste à la galerie, l’artiste et la galerie ont souhaité présenter uniquement des œuvres récentes qui viennent s’inscrire en écho avec la première exposition intitulée Passage en 2019. Présentant des œuvres historiques, cette exposition avait pour but de réhabiliter sa place incontestable sur la scène européenne, négligée de force par la censure du régime communiste de l’époque. Si ce contexte de création semble tout à fait différent aujourd’hui, il n’en reste pas moins que Decebal Scriba continue d’explorer les thématiques qui lui sont chères autour du signe et du langage, de la science et de la nature. Vivant en France depuis 1990, son œuvre s’agence dans une optique décorrélée des considérations politiques qui pouvaient être les siennes dans les années 1970 en état de dictature, mais préserve son caractère critique et analytique du monde qui l’entoure. Le travail demeure politique mais au sens large de "chose publique", ce qui est le propre de l’artiste. Il questionne les conventions logiques et cognitives de la représentation et adopte une position d’observateur critique, cherchant de nouveaux modes de perception sensible des choses.
La physique, et plus largement le questionnement sur l’essence de la matière, sont très présents dans son travail. Son intérêt pour la science se retrouve dans plusieurs œuvres de l’exposition, comme les photographies The Thing (2021-2022), où l’artiste convoque une esthétique scientifique à partir de photographies de pierres, qui, par un traitement de l’image, rappellent l’aspect des astéroïdes au caractère menaçant et angoissant. Dans, Traces, il utilise la cire pour proposer une réflexion philosophique autour de l’état de la matière.
Dans le prolongement de ces réflexions, l’artiste s’intéresse à la nature et à l’espace, comme avec Crossings (2017-2022), qui interpelle la perspective pour donner une série d’images enrichies de la réalité. Cette œuvre s’inscrit dans la continuité de ses interventions conceptuelles sur le paysage dans la série historique Mirror (1983-1985) présentée en 2019 à la galerie. Cette exposition est également l’occasion pour l’artiste de présenter une nouvelle série de sculptures, les Column/Colonne (2022), qui viennent physiquement construire l’espace de la galerie.
Enfin, l’omniprésence du signe, en tant que signifiant, symbole, ou outil de langage, caractérise toujours autant son travail, de même que ce qu’il induit, à savoir la relation à autrui et, plus généralement, au monde. Et si ces thématiques prenaient une tournure politique face au contexte totalitaire en Roumanie, elles s’élargissent désormais pour mettre en exergue des réflexions métaphysiques et existentielles comme avec la série Doppelganger (2019-2022), qui évoque la notion d’altérité au sein de notre propre individualité. La relation entre le signifiant et le signifié est une composante majeure du langage développé par l’artiste. Accentuant la dimension procédurale de la signification au détriment du signifiant visuel, Decebal Scriba diminue l’objectification, ce qui explique la grande simplicité visuelle de ses œuvres. On retrouve ainsi des symboles comme le nœud, ou la corde dans Knot/nœud (2021) ou Untitled (2022), qui sont très présents dès les années 1970 dans son travail et tout au long de sa carrière.
Avec cette exposition, la galerie souhaite présenter l'évolution du travail de Decebal Scriba en lien avec la scène contemporaine. Celle-ci, propice à l’expérimentation, permet également à l'artiste de renouveler ses supports plastiques, ainsi que le dialogue entre son travail, l'espace et le public. Dès lors, plusieurs œuvres aux formats ambitieux sont présentées tout en conservant un attrait pour le langage conceptuel et un certain minimalisme matériel.
Mise à jour le 07/11/2022

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