Les secrets cachés des lieux festifs de la vie parisienne
Sélection
Mise à jour le 09/02/2026
Sommaire
Avant de faire vibrer les nuits, ces lieux de la capitale ont connu mille vies : docks, halles, gares industrielles. On vous emmène dans les coulisses des métamorphoses spectaculaires des spots nocturnes d’aujourd’hui.
Virage
C’est sous le périphérique, dans une
ancienne fourrière où s’entassaient autrefois des carcasses de voitures, que
Virage (17e) voit le jour. Cet espace abandonné est repéré dès 2016
par Rag et Aurélien Antonini de Bonjour/Bonsoir, qui décident d’en faire le
nouveau bastion de la communauté LGBTQIA+.
De son passé automobile, le lieu conserve quelques traces,
transformées en décor écolo et postapocalyptique : une vieille 2CV
recyclée ou un palmier à base de pneus récupérés et de jantes décolorées. « La
scénographie, imaginée avec Adrien Utchanah, détourne les codes virilistes pour
coller à l’esprit de la communauté queer, très festive et
créative », explique Liam Pollard, le chargé de communication de Virage.
Dans les coulisses
Après un démarrage visé par des plaintes pour nuisances sonores, le club est contraint de fermer quelques semaines. Le temps que l’équipe revoie sa copie et revienne en juillet 2022 avec une acoustique fignolée jusque dans les détails. Marchés de seconde main, rencontres intergénérationnelles, initiatives associatives : « Virage est aujourd’hui pleinement ancré dans la vie de quartier et nos voisins viennent avec le sourire à nos événements. » Un happy end comme on les aime !
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Où ? 26, rue Hélène-et-François-Missoffe (17e)
La Bellevilloise
Née en 1877, la Bellevilloise (20e) était à l’origine une coopérative visionnaire, fondée par
des ouvriers mécaniciens voulant rendre la culture, l’éducation et le commerce
équitable accessibles à tous. Portant les valeurs de l’anarchiste Pierre-Joseph
Proudhon, le lieu illustrait le Belleville populaire de l’époque : bals,
projections ciné, réunions politiques, fanfare et premières prises de paroles
féministes.
Reconstruit en 1910 comme un manifeste pour le monde ouvrier, mais aussi pour la communauté immigrée d’Europe de l’Est, le bâtiment fait faillite en 1936, victime des crises économiques et de la guerre. Après avoir hébergé des bureaux durant cinq décennies, la Bellevilloise a retrouvé sa vocation collective au début des années 2000 et renoué avec son passé hybride, engagé et résolument festif.
Dans les coulisses
Avant de vibrer au rythme des concerts et des soirées
endiablées, les salles de la Bellevilloise ont servi de décors à de nombreux
tournages. « Ont été réalisés la série Frank Riva, avec Alain Delon,
le film Le Temps qui reste, de François Ozon, avec Melvil Poupaud, mais aussi
les clips de Louane, Grand Corps Malade ou bien Bigflo & Oli », détaille Fabrice Martinez, le directeur de la Bellevilloise.
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Où ? 19-21, rue Boyer (20e)
La Station - Gare des Mines
Derrière le projet de La Station - Gare
des Mines (18e), il y a une ambition forte : celle
d’investir un lieu laissé à l’abandon sans le dénaturer. En 2015, le collectif
MU, basé à la Goutte d’Or (18e), s’empare donc de cette friche ferroviaire –
autrefois une gare à charbon – avec la volonté d’y prolonger ses expérimentations sonores et artistiques.
Si, à l’origine, l’occupation ne
devait pas excéder six mois, le lieu ouvert à l’été 2016 finit par se
pérenniser, devenant l’un des premiers espaces intermédiaires culturels
parisiens. Ici, pas question de lisser l’ADN du site ni de gentrifier le
territoire. « Pour le décor, on a souhaité s’inspirer
de son esthétique en réutilisant les structures et matériaux », raconte Thomas Carteron, le responsable communication du
collectif. Résultat : une atmosphère brute, imaginée avec l’Atelier Craft,
mais surtout avec « les moyens du
bord ».
Dans les coulisses
Avant l’arrivée du collectif, le
lieu a hébergé le Balafon, une discothèque afro-caribéenne. En fouillant les
espaces, l’équipe découvre de vieilles boules à facettes, des bouteilles de
magnum, mais aussi des traces plus mystérieuses, évoquant des activités vaudou…
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Où ? 29, avenue de la Porte-d’Aubervilliers (18e)
Mia Mao
Ancienne halle aux cuirs construite
dans les années 1960, à deux pas des abattoirs de la Villette (19e), le bâtiment a longtemps servi d’espace de stockage. Sa
transformation débute la veille du Covid, après un appel d’offres remporté par
l’équipe derrière le projet du Mia Mao qui souhaite y implanter un lieu festif.
Après des mois de discussions et de
négociations, « seule une bombe
atomique pouvait nous arrêter », ironise Arnaud Perrine, cofondateur du Mia Mao.
Pas de bombe, mais bien une pandémie mondiale oblige donc l’équipe à repousser
le projet et à composer avec les contraintes. Une fois la crise passée, le club
voit finalement le jour, un espace à l’âme industrielle, qui revendique
l’héritage des raves parties des années 1990.
Dans les coulisses
Peu le savent, mais le bâtiment devait initialement accueillir le premier collège Montessori de France, juste au-dessus du club, dont la cour de récréation aurait été une partie du Jardin21 (19e). Un projet sérieusement envisagé, avant d’être abandonné face aux contraintes légales.
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Où ? 2, rue de la Clôture (19e)
Kilomètre 25
Avant d’être un club en plein air logé sous le périphérique, l’espace du Kilomètre 25 (19e) servait à stocker les matériaux de la Villette. Réhabilité en juin 2021, le lieu n’aurait jamais existé sans le Covid, qui a obligé l’équipe derrière le Mia Mao à imaginer un autre terrain, respectueux des normes sanitaires. Aujourd’hui, le passé du spot est visible jusque dans sa scénographie.
« Les containers posés et la fourgonnette récupérée comme accueil de billetterie dans une volonté de surcyclage sont un clin d’œil aux premiers usages du site », explique la coordinatrice Meryem Belkadi. Après cinq saisons qui ont chacune connu des nouveautés et des améliorations, Kilomètre 25 fait désormais pleinement partie du paysage de la vie nocturne parisienne.
Dans les coulisses
« On a été le premier établissement de nuit en France à ouvrir en appliquant toutes les contraintes (places assises, pass sanitaire, tests, masques) », rappelle le cofondateur Arnaud Perrine. À l’inauguration, tout est donc millimétré et la police veille au grain.
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Où ? 8, boulevard Macdonald (19e)
Point Éphémère
Construit en 1922, le Point Éphémère
(10e) était à l’origine un bâtiment industriel de matériaux de
production aux abords du canal Saint-Martin, à une époque où le quartier
n’était ni espace de flânerie, ou de fête.
Dans les années 1930, le lieu passe
entre les mains du député Raymond Susset. Visionnaire, il y installe un jardin
d’enfants sur le toit pour les familles des ouvriers, une salle de projection,
des spectacles pour les jeunes du quartier, lui insufflant déjà à l’époque la
dimension sociale et politique qu’on lui connaît aujourd’hui. Mais c’est en
2004 que l’association La Caserne Éphémère récupère le bâtiment Art déco pour y
accueillir des concerts, puis des expos, du théâtre vivant ou encore des drags
shows. Un espace dont elle préserve le caractère brut, comme l’atteste la
présence de l’escalier métallique d’origine.
Dans les coulisses
Saviez-vous que la chanteuse Adele a donné son premier concert parisien au Point Éphémère en 2007, lorsque sa carrière commençait tout juste à décoller ? « Personne ne se rappelle comment elle est arrivée là, pas même le coordinateur de l’époque qui n’en a aucun souvenir », raconte Xavier Ridel, directeur de la communication et programmateur. Seule trace de cette soirée : une vidéo YouTube.
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Où ? 200, quai de Valmy (10e)
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