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Alice Milliat, à l'avant-garde du sport féminin

Mise à jour le 05/08/2021
Figure méconnue du sport féminin et du féminisme au XXe siècle, Alice Milliat (1884-1957) a organisé les premiers Jeux olympiques féminins à Paris en 1922.
Sportive polyvalente et accomplie, féministe engagée à une époque où il y avait tout à faire, Alice Milliat reste inconnue, ou presque, pour le grand public. Elle est pourtant une figure incontournable du mouvement sportif féminin.

Elle organise les premiers Jeux féminins

Née en 1884, fille de commerçants nantais, Alice épouse Joseph Milliat en 1904 à Londres. Leur union ne dure que 4 ans, jusqu’à la mort de Joseph. C’est en Angleterre, où elle vécut jusqu'en 1908, qu’elle aurait découvert le foot et l’aviron.
À son retour en France, elle parle anglais et décide de quitter son emploi d’institutrice. Elle pratique alors l’aviron, la nage et le hockey. Regrettant que les femmes ne puissent participer aux compétitions sportives internationales, elle lutte pour que leurs exploits sportifs soient reconnus au même titre que ceux des hommes. L’entreprise est difficile, le Comité international olympique présidé par le baron Pierre de Coubertin ne l’entendant pas ainsi.
Qu’à cela ne tienne, Alice Milliat organise la première édition des Jeux olympiques féminins à Paris, en 1922, dans le stade Pershing (12e). Elle préside alors la Fédération sportive féminine internationale (FSFI) qu’elle a contribué à fonder un an plus tôt.
Grâce à ce lobbying intense d'Alice Milliat et d'autres sportives, les jeux féminins sont peu à peu intégrés aux compétitions internationales. En 1928, les femmes sont enfin autorisées à participer aux Jeux olympiques d’Amsterdam. De son côté, Alice Milliat tente de faire vivre la fédération sportive féminine internationale. Mais sa santé fragile et les difficultés qu'elle rencontre à trouver des financements pour la fédération l'obligent à démissionner de son poste de présidente.
Peu à peu, elle s’efface du milieu sportif et reprend des activités de dactylographe et de traductrice. Elle meurt dans l’anonymat en 1957 à Paris. Inhumée dans le caveau familial à Nantes, elle n’est même pas mentionnée sur sa propre pierre tombale.

Mieux représenter les femmes dans l'espace public

Longtemps resté dans l'ombre de celui de Pierre de Coubertin, le nom d'Alice Milliat refait peu à peu surface. Cette sportive singulière lutta avec énergie pour que le sport ne soit plus exclusivement masculin.
Son combat résonne à l'heure actuelle, quand les femmes ne représentent encore que 38,5 % des licences sportives (2018) selon le ministère des Sports.
Pour rappel, un gymnase du 14e arrondissement de Paris porte le nom d'Alice Milliat. L'esplanade de la nouvelle Arena de la porte de la Chapelle portera également son nom.
Cette dénomination correspond également à la volonté d'augmenter la représentation des femmes dans l'espace public en attribuant à des voies publiques et des équipements le nom de femmes illustres.

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