Un film de Frédéric Goldbronn, (2025, 70’).
Hommage à la Catalogne raconte l’engagement de l’écrivain George Orwell dans la révolution et la guerre d’Espagne. C’est un livre hanté par des images, que l’on retrouve dans les actualités cinématographiques et en particulier dans les reportages tournés par les opérateurs anarchistes de la CNT à Barcelone et sur le front d’Aragon. En explorant ces images, le film se propose de faire partager l’expérience d’Orwell en Espagne à travers une expérience nouvelle, une expérience de cinéma.
Mais qui est Georg Orwell: (1903-1950).
Pendant la guerre d’Espagne, George Orwell, de son vrai nom Eric Arthur
Blair, rejoint, avec son épouse, les rangs du POUM pour combattre le fascisme.
Après avoir passé quelque temps sur le
front d’Aragon, Orwell retourne à Barcelone, où il participe aux
« événements de mai », qui opposent les forces révolutionnaires,
anarchistes et poumistes au gouvernement catalan et au PSUC (communistes catalans) et qui verront la
victoire de ces derniers. Il retourne au front, où il est blessé. Démobilisé,
contraint de quitter clandestinement l’Espagne pour ne pas être arrêté (le
POUM, dénoncé comme un « parti fasciste » par la propagande du PSUC,
est déclaré illégal le 16 juin 1937), Orwell gagne la France en compagnie de
son épouse, d’où il rejoint avec elle l’Angleterre.
Á son retour à Londres, Orwell
est atterré par la manière dont les intellectuels de gauche (en particulier
ceux qui appartiennent au Parti communiste ou en sont proches) rendent compte de
ce qui se passe en Espagne, et notamment par les calomnies répandues sur le
compte du POUM, systématiquement accusé d’être soit une organisation fasciste,
soit une organisation manipulée par les fascistes. C’est pour rétablir la
vérité sur les événements dont il a été le témoin qu’il écrira son Hommage à la Catalogne, qu’il fait
paraître, avec quelques difficultés, en avril 1938.
Il rédige ses deux plus célèbres romans quelques années avant sa
mort : La Ferme des animaux et 1984. Il s’éteint en 1950, rongé par la
tuberculose, sans avoir vu la publication de 1984.
La projection sera suivie de la projection de « Diego »
39’, 1999 du même réalisateur.
Diego ou Abel Paz raconte son parcours, ses
espoirs, son idéal jamais abandonné. Il fait le bilan de son engagement dans
cette catalogne qui a séduit Orwell en son heure. Une nuit, dans l’une de ces
bodegas de Barcelone où le vin coule encore du tonneau, un vieil homme, Diego,
regarde des photos jaunies. Il nous transmet un peu de ce qui l’a fait vivre,
de ce qui nous fait vivre, la croyance en la possibilité d’un monde meilleur.
Les deux films fonctionnent bien ensemble (le
temps des témoins et celui des archives, quand les témoins ont disparu).
Edouard Waintrop dans son article pour
Libération, avait bien pressenti le lien entre les deux films : « Comment,
du fond d'un bar de Barcelone, un vieil homme, qui n'a renoncé à rien, fait
revivre la seule révolution prolétarienne occidentale, celle de juillet 1936,
celle que saluera plus tard l'écrivain Georges Orwell dans son Hommage à la
Catalogne. »