Parce qu’elle porte un rapport attentif au monde, une écoute du présent et des liens qui nous unissent, le Théâtre de la Concorde a choisi d’en faire un espace de réflexion citoyenne inscrit dans chacune des thématiques mensuelles du théâtre. Comment la poésie peut-elle aujourd’hui nous aider à comprendre le réel, à le partager et à nourrir l’énergie collective du vivre-ensemble ?
Imaginé par Rodolphe Perez, le cycle poésie-concorde propose plusieurs rendez-vous participatifs consacrés aux écritures poétiques contemporaines.
Chaque séance s’ouvre par une scène ouverte, pour faire entendre des voix en cours d’écriture, des textes en mouvement, là où se fabrique la pensée du présent. Ces lectures prennent place dans la chaleureuse scène du Ciné-club, avant de laisser la parole à des auteur·rice·s invité·e·s dont l’œuvre éclaire la thématique du mois : l’émancipation, l’attention à l’autre, les invisibles, nos héritages…
Chaque rencontre devient ainsi un moment de dialogue où se croisent lectures, échanges, analyse littéraire, réflexion politique et conversation avec le public.
Loin des clichés qui voudraient cantonner la poésie à l’abstraction ou à l’ornement, le cycle affirme au contraire que les écritures poétiques captent la vivacité du présent : elles interrogent nos gestes, nos colères, nos fragilités, nos élans. Elles accueillent les singularités de notre époque et inventent des formes pour dire ce qui nous traverse toutes et tous.
Cette rencontre entre création, pensée critique et citoyenneté fait de Poésie-concorde un véritable laboratoire sensible de notre temps. Ces séquences prolongent la réflexion engagée par la programmation mensuelle du Théâtre et s’inscrivent dans la volonté d’ouvrir la scène à des écritures qui arment la pensée critique.
Programme
Jeudi 15 janvier 2026 : Écrire l’émancipation
Cette première séance ouvre le cycle du côté de l’affranchissement : dans un mois où l’on interroge l’abus de pouvoir, les écritures poétiques viennent déjouer les dominations, fissurer les récits imposés et redonner souffle à des voix tenues sous silence. Lectures ouvertes et dialogue avec l’invité·e permettront de penser la poésie comme un geste d’ouverture, de résistance et de reconquête intérieure.
Jeudi 12 février 2026 : Se tenir alerte : entendre l’autre
En février, alors que l’on explore ce que l’ignorance produit en démocratie, cette séance invite à l’écoute active, attentive, parfois exigeante. La poésie y sera envisagée comme un art du décentrement : un espace où l’on apprend à entendre ce qui dérange, déplace ou révèle nos angles morts. Lectures et échanges viendront éclairer la manière dont la poésie réouvre l’attention à l’autre.
En mars, le cycle s’attache aux grands oubliés de nos récits communs. Cette séance sera consacrée à celles et ceux que la démocratie peine à voir ou à reconnaître. Les écritures poétiques, à travers les voix partagées en scène ouverte puis la rencontre avec l’auteur·rice invité·e, deviendront un outil de visibilité, de réparation et de justice narrative.
Samedi 18 avril : Un possible demain
En avril, alors que l’on explore la question des héritages, cette séance se propose de penser nos généalogies et nos dettes. La poésie reprend des codes pour mieux inventer, elle casse des formes qui ont fait leur preuve pour explorer de nouvelles manières d’espérer un avenir. Espérer demain tout en regardant droit d’où l’on vient et ce que l’on laisse.
Jeudi 21 mai : Mythologies individuelles, imaginaires collectifs
En mai, le cycle s’empare de la thématique de « Nos communs » pour mettre en dialogue les mythologies individuelles et les imaginaires collectifs. L’écriture poétique offre un espace de confrontation aux histoires que l’on peut se raconter, pour se nourrir ou s’empêcher avec les histoires communes. Comment écrire un horizon commun sans la rencontre entre soi et le monde ?
Jeudi 11 juin : Je & nous, l’espace en partage
Poursuivant les explorations des héritages et des communs, le mois de juin se penchera sur l’écriture de soi comme don. Nos identités, plastiques et mouvantes, ne sont peut-être qu’une négociation entre le « je » et les autres pour cohabiter durablement dans le monde.