La grande université populaire de l'IMA est de retour avec cette 8e édition des Journées de l’Histoire de l’Institut du monde arabe, consacrées aux « Femmes et genres ». Placées sous la coprésidence de l'historienne Michelle Perrot et de l'écrivaine et militante féministe Wassyla Tamzali, une quarantaine de tables-rondes, débats, projections et présentations d’ouvrage confiés aux plus éminents spécialistes permettront à tous d’approfondir leurs connaissances de la longue histoire des femmes dans la civilisation arabe. Comme chaque année, toutes les séances sont en accès libre et gratuit.
Vendredi 10 juin 2022
de 11h à 12h30 :
Salle du Haut Conseil (niveau 9)
Avec Fatema Hal, restaurant Le Mansouria, Paris, Sihem Debbabi Missaoui, Faculté des lettres, des Arts et des Humanités, La Manouba, Tunisie et Chantal Crenn, anthropologue, Université Paul Valéry-Montpellier. Modérateur : Loïc Bienassis
Bibliothèque (niveau 1)
En Algérie, l’année 1962 est à la fois la fin d’une guerre et la difficile transition vers la paix. Mettant fin à une longue colonisation française marquée par une combinaison rare de violence et d’acculturation, elle voit l’émergence d’un État algérien d’abord soucieux d’assurer sa propre stabilité et la survie de sa population. Si, dans les pays du Sud, cette date est devenue le symbole de l’ensemble des indépendances des peuples colonisés, en France, 1962 est connue surtout par les expériences des pieds-noirs et des harkis. En Algérie, l’historiographie de l’année 1962 se réduit pour l’essentiel à la crise politique du FLN et aux luttes fratricides qui l’ont accompagnée. Mais on connaît encore très mal l’expérience des habitants du pays qui y restent alors.
Avec Malika Rahal, historienne, chargée de recherche au CNRS, directrice de l'Institut d'histoire du temps présent.
de 14h à 15h30 :
Salle du Haut Conseil (niveau 9)
Avec Nouzha Guessous, professeure de l'Université Hassan II de Casablanca, Maroc, chercheuse et essayiste en droits humains et en bioéthique, auteure d'un essai intitulé Une femme au pays des fouqaha ; Lydia Haddag, doctorante en Histoire de l'art InVisu (CNRS/INHA) ; et Sana Ben Achour, professeure agrégée d'histoire à l'université de Tunis, spécialiste d'histoire du droit tunisien, militante pour la démocratie, les droits et les libertés en Tunisie, membre fondatrice de la Fondation tunisienne des femmes démocrates, du Conseil national pour les libertés, et membre de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'homme.
Bibliothèque (niveau 1)
Au lendemain de la guerre des Six Jours, dans la nuit du 10 au 11 juin 1967, les habitants du quartier maghrébin de Jérusalem sont évacués par l’armée israélienne et le quartier est rasé en quelques heures pour laisser place à la vaste esplanade qui s’étend aujourd’hui au pied du Mur des Lamentations. Cet événement a longtemps été passé sous silence. Pour la première fois, Vincent Lemire retrace les étapes de cette destruction programmée, le parcours de ses habitants déplacés, mais aussi l’histoire au long cours de ce quartier fondé par Saladin en 1187 pour accueillir les pèlerins musulmans marocains, algériens et tunisiens désireux de séjourner à Jérusalem.
Avec Vincent Lemire, maître de Conférences HDR en histoire contemporaine, Université Paris-Est / Gustave Eiffel. Présentation par Henry Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe
de 16h à 17h30 :
Bibliothèque (niveau 1)
La tradition orientaliste entérine l'image de femmes oisives et recluses peuplant les grands gynécées sultaniens. Pourtant, des exemples empruntés à l'histoire maghrébine documentent une longue pratique de la mobilité féminine dans les milieux de Cour, à mettre en rapport avec la circulation plus générale, et méconnue, des femmes dans ces sociétés. Cette conférence tentera d'éclairer les conceptions de genre et politiques, qui sous-tendent ce paradoxe apparent et de proposer ainsi une perspective historique nouvelle.
Avec Jocelyne Dakhlia, historienne, directrice d'étude à l'EHESS.
Atelier (niveau-1)
Offrir un large panorama de l’histoire, politique et militaire, économique et sociale, religieuse et culturelle, des mondes musulmans médiévaux, de l’Antiquité tardive aux débuts de l’époque moderne : telle est l’ambition du présent Atlas, qui s’appuie sur près de deux cents cartes originales, à toutes les échelles, accompagnées de textes, d’extraits de sources et d’illustrations.
Cet atlas explore les routes parcourues par les marchands, les pèlerins, les voyageurs, les étudiants et les savants ; il atteste de l’ampleur du phénomène urbain comme de la richesse des échanges dans l’ensemble de cette aire et rend compte de son insertion dans une économie-monde en formation.
Avec Sylvie Denoix, directrice de recherche, CNRS, Orient & Méditerranée, équipe Islam médiéval. Présentation par Emmanuelle Tixier du Mesnil, professeure d'histoire médiévale, université de Paris Nanterre.
de 18h à 19h30 :
Salle du Haut Conseil (niveau 9)
Liste des ouvrages en compétition :
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Au pied du mur. Vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem (1187-1967) de Vincent Lemire, Le Seuil, 2022
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Les Papyrus de la mer Rouge. L'inspecteur Merer : un témoin oculaire de la construction de la pyramide de Chéops de Pierre Tallet, Actes Sud, coll. « Errance », 2021
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Histoire de l'Algérie et de ses mémoires, des origines au hirak d'Emmanuel Alcaraz, Karthala, 2021
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Le Milieu des mondes : Une histoire laïque du Moyen-Orient de 395 à nos jours de Jean-Pierre Filiu, Le Seuil, 2022
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Partis politiques et protestations au Maroc (1934-2020) de Mounia Bennani-Chraïbi, Presses universitaires de Rennes, 2021
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Algérie 1914-1962. De la Grande Guerre à l'Indépendance de Jacques Frémeaux, éd. du Rocher, 2021
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Islam et politique au XXe siècle de Daniel Rivet, La Découverte, 2022
La cérémonie du Grand prix sera suivie d’une conférence des lauréats 2021 : Dima De Clerck et Stéphane Malsagne, Le Liban en guerre, 1975-1990 (Belin éditeur, 2020).
Auditorium (niveau -2)
Quatre jeunes femmes tangéroises de vingt ans travaillent pour survivre le jour et vivent la nuit. Toutes quatre ouvrières, elles sont réparties en deux castes : les textiles et les crevettes. De l’aube à la nuit, la cadence est effrénée. Temps, espace et sommeil sont rares. Ainsi va la course folle de Badia, Imane, Asma et Nawal…
Présentation par Sophie Bachmann, responsable de projet, action culturelle et éducative, INA ; et Gérald Collas, producteur, INA.
Bibliothèque (niveau 1)
Avec Zineb Benali, maîtresse de conférences en histoire, Université Paris 8. Modératrice : Béatrice Giblin
Avec le soutien de la revue Hérodote
Atelier (niveau -1)
Dans les Territoires palestiniens, depuis l’occupation de 1967, le passage par la prison a marqué les vécus et l’histoire collective. Les arrestations et les incarcérations massives ont installé une toile carcérale, une détention suspendue. Environ 40 % des hommes palestiniens sont passés par les prisons israéliennes depuis 1967. Cet ouvrage remarquable permet de comprendre en quoi et comment le système pénal et pénitentiaire est un mode de contrôle fractal des Territoires palestiniens qui participe de la gestion des frontières. Il raconte l’envahissement carcéral mais aussi la manière dont la politique s’exerce entre Dedans et Dehors, ses effets sur les masculinités et les féminités, les intimités. Stéphanie Latte Abdallah a conduit une longue enquête ethnographique, elle a réalisé plus de 350 entretiens et a travaillé à partir d’archives et de documents institutionnels. Grâce à une narration sensible s’apparentant souvent au documentaire, le lecteur met ses pas dans ceux de l’auteure à la rencontre des protagonistes de cette histoire contemporaine méconnue.
Avec Stéphanie Latte Abdallah, historienne, politologue, anthropologue, spécialiste du Moyen-Orient et des sociétés arabes, chargée de recherche au CNRS.
Samedi 11 juin 2022
de 11h à 12h30 :
Salle du Haut Conseil (niveau 9)
Ce livre est le fruit d’une rencontre inédite entre une historienne française et une avocate algérienne, toutes deux différemment engagées dans le mouvement de libération des femmes.
Leurs échanges nourris portent sur les sujets qui traversent le débat intellectuel et la société française : la France et l’Algérie, la mémoire et l’histoire, la domination masculine, le retour du religieux, le féminisme et les vifs débats qui l’animent autour de la question de la différence et de l’universel. Un texte d’une grande richesse qui renouvelle notre approche du féminisme.
Avec Michelle Perrot et Wassyla Tamzali, coprésidentes des 8e Journées de l’histoire de l’Institut du monde arabe
Atelier (niveau -1)
L'Armée de libération nationale (ALN), en tant qu'unique force organisée en Algérie a, de fait, préfiguré l'État indépendant. L'ascendant de l'État-major de l'ALN en 1962, le coup d'État du 19 juin 1965, la tentative de putsch du chef d'État-major en 1967 ainsi que d'autres péripéties ont d'emblée situé l'armée au cœur du pouvoir et de ses tumultes. Perçue comme une « boîte noire » parce que située au cœur du pouvoir, l'armée est à l'origine de nombreux mythes voire de fantasmes. Saphia Arezki s'applique à les déconstruire avec précision à travers l'étude concrète de la trajectoire d'officiers de l'ANP ayant contribué à la construction de l'armée nationale moderne. La mise en relief du parcours des hommes et des groupes dans leur contexte historique apporte un éclairage remarquable sur la construction aussi bien de l'institution que de l'État indépendant. Un livre indispensable qui restitue à sa juste mesure, et en l'incarnant, la place de l'armée dans le système politique algérien.
Avec Saphia Arezki, chercheuse associée à l’IREMAM
de 14h à 15h30 :
Salle du Haut Conseil (niveau 9)
Avec Monia Lachheb, maîtresse de conférences HDR à l'Université de la Manouba (Tunis), chercheuse associée à l'Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC), sociologue spécialiste du corps et des sexualités ; Hakima Himmich, enseignante en maladies infectieuses à la faculté de médecine de Casablanca, fondatrice de l’Association de lutte contre le sida au Maroc, présidente de Coalition PLUS ; Abir Kréfa, maîtresse de conférences, Université Lyon 3; et Charlotte Pezeril, anthropologue, directrice de l’Observatoire du sida et des sexualités, ULB Bruxelles.
Modératrice : Mériam Cheikh, anthropologue spécialiste de la dissidence morale des jeunes des classes populaires au Maroc, maîtresse de conférences à l’INALCO.
Table ronde en partenariat avec la revue L'Année du Maghreb
Bibliothèque (niveau 1)
La pratique du droit constitue un enjeu majeur pour l’étude des rapports de genre dans le monde arabe et leur évolution à travers les siècles. Le dépouillement des archives d’institutions judiciaires comme les tribunaux de cadi rend en effet possible l’écriture d’une histoire et anthropologie de la condition féminine observée de près. Celle-ci met en lumière le rôle de la justice à la fois comme instance de recours et comme dispositif d’affirmation de l’ordre social. Dans les sociétés arabes contemporaines, le prétoire se trouve notamment au cœur des débats sur le pouvoir normatif du référent religieux, comme l’illustre la question du droit d’héritage. Afin de saisir ces dynamiques de négociation et de confrontation, la table ronde fait dialoguer trois spécialistes travaillant sur le présent et le passé.
Avec Maaike Voorhoeve, maîtresse de conférence à l’université d’Amsterdam, spécialiste des questions de droit et genre en Tunisie et au Maroc ; Isabelle Grangaud, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de l’histoire sociale du Maghreb à l’époque ottomane ; et Mousa Abu Ramadan, professeur de droit musulman à l’université de Strasbourg.
Modérateur : Ismail Warscheid, historien, chargé de recherche au CNRS/IRHT, spécialiste de l’islam au Maghreb et en Afrique de l’Ouest.
Atelier (niveau -1)
Présenté par Manon Nour Tannous, docteure en relations internationales, chercheuse associée au Collège de France et au Centre Thucydide (Université Paris II) et maîtresse de conférences en science politique à l'Université de Reims Champagne Ardenne
Les thèses présentées :
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Iman Batita, Université de Mons et de Polytechnique Haut de France
La réappropriation contemporaine de la typo-morphologie traditionnelle : regards croisés sur les centres anciens en Tunisie et Hainaut franco-belge, prospective pour la Médina de Tunis, sous la direction de Hafida Boulekbache
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Werner Gaboreau, Université Sorbonne Nouvelle
Construire le monde, entre Ispahan et Paris : d’une histoire de la rencontre à la construction du savoir entre l’Iran safavide et la France (XVIIe siècle), sous la direction de Maria Szuppe et Bernard Heyberger.
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Manon Laroche, Université Paris II
Du nationalisme au « pragmatisme panarabe » ? Enquête sur la politique étrangère de l'Égypte du Maréchal al-Sissi, sous la direction de Jean-Vincent Holeindre.
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Clara Murner, Université de Strasbourg
Le commentaire ésotérique de la ğurrūmiyya chez les auteurs de la ṭariqa Šāḏiliyya: Aḥmad al-Zarrūq (m.1493), Ibn Maymūn al-Fāsī (m. 1511) et Ibn ‘Ağība (m.1809), sous la direction d’Eric Geoffroy et Francesco Chiabotti.
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Nizan Perelman, Université Paris Cité
L’usage de la démocratie dans le discours ethnonationaliste illibéral israélien depuis la seconde Intifada, sous la direction de Federico Tarragoni
de 14h à 16h :
Auditorium (niveau -2)
Avec Raphaëlle Branche, historienne, Université de Paris Nanterre, ISP, coautrice de la série En guerre(s) pour l'Algérie (ARTE/INA, 2022), Tramor Quemeneur et Denis Leroux, docteur en histoire.
Modération : Sophie Bachmann, responsable de projet, action culturelle et éducative INA et Valérie Hannin, directrice de la rédaction de la revue L’Histoire.
Table-ronde en partenariat avec l’INA et la revue L’Histoire
de 16h à 17h30 :
Salle du Haut Conseil (niveau 9)
Avec Mehdi Debbabi-Zourgani, psychologue, responsable pédagogique à l’école ISART Digital et créateur de contenu sur le réseau « Aime le Mehdi » ; Wael Hadj Mouldi, responsable pédagogique à l’école de game design ISART Digital ; et Julien Lalu, docteur en histoire contemporaine, chercheur associé au Criham (Poitiers).
Atelier (niveau -1)
Contre la violence de certains à l'égard des travaux des historiens, Henry Laurens interroge les enjeux de notre rapport au passé, source régulière de polémiques. Il part d'un rappel des grands traits du savoir historique, essentiel pour aborder de façon critique un certain nombre de discours actuels, notamment autour des questions mémorielles. Suit une brève histoire de l'occidentalisme et de l'orientalisme qui montre comment les deux mouvements se sont développés parallèlement, sans nécessairement s'opposer.
En ouvrant, pour finir, une réflexion sur les violences des XXe et XXIe siècles et les temporalités dans lesquelles elles s'inscrivent, substitution du héros à la victime et du présent au futur, il affronte les débats d'aujourd'hui autour du mouvement postcolonial, promoteur d'un passé imposé.
Avec Henry Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe.
Bibliothèque (niveau 1)
Avec Olivier Faron, recteur de l’académie de Strasbourg, professeur d’Histoire contemporaine et Myriam Chopin, enseignante-chercheuse en histoire, Université de Haute Alsace.
de 17h à 19h30 :
Auditorium (niveau -2)
Dans un appartement à Damas, trois femmes de trois générations tentent de maintenir une routine alors que dehors la guerre fait rage. Il n’y a plus d’hommes dans la famille pour assurer un semblant de protection physique ou financière. Seules les conversations de ces recluses et oubliées du monde rythment encore une vie qui, chaque jour, ressemble davantage à un coma… Jouant entre un passé anéanti et un présent suspendu, Coma met en lumière la place des femmes dans un Moyen-Orient déchiré.
Projection suivie d'un débat avec Emma Aubin-Boltanski et Charlotte Khalili
Modératrice : Stéphanie Latte Abdallah, historienne, politologue, anthropologue, spécialiste du Moyen-Orient et des sociétés arabes, chargée de recherche au CNRS
de 18h à 19h30 :
Salle du haut conseil (niveau 9)
Avec Florie Bavard, doctorante en anthropologie à l'Université Paris Cité (URMIS/CRH), et Victor Salama.
Modération : Manon Nour Tannous, docteure en relations internationales, chercheuse associée au Collège de France et au Centre Thucydide (Université Paris II) et maîtresse de conférences en science politique à l'Université de Reims Champagne Ardenne.
Dimanche 12 juin 2022
de 11h à 12h30 :
Atelier (niveau -1)
Alger, samedi 29 décembre 1956. L’Algérie française porte en terre l’un de ses meneurs, Amédée Froger, tué la veille en sortant son domicile. La nouvelle de l’assassinat fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger rassemblent des milliers de personnes. Surtout, elles sont l’occasion de violences racistes, que les contemporains nomment « ratonnades ». Elles visent les « musulmans », comme les Algériens sont appelés dans cette société-là.
Avec Sylvie Thénault, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de la guerre d’indépendance algérienne
Salle du Haut Conseil (niveau 9)
A travers quelques figures féminines de sainteté, les doctrines et la spiritualité chiites réservent une place particulière à la femme : Khadîja, épouse du Prophète ; Zaynab, fille de ‘Alî et de Fâtima ; Shahrbânû, princesse iranienne et épouse de l’imam al-Husayn ; et surtout Fâtima, fille du Prophète, épouse de ‘Alî, femme divine par excellence et sainte mère des imams. Dans quelle mesure, et selon quelles modalités, les sociétés majoritairement chiites reconnaissent-elles (ou non) cette place centrale aux femmes? Telle est la question à laquelle tentera de répondrecette table ronde, à travers quelques exemples tirés de diverses périodes de l'histoire et de différentes cultures chiites.
Avec Wissam Halawi, professeur d’histoire sociale et culturelle de l’Islam et des mondes musulmans, Université de Lausanne ; Azadeh Kian, professeure de sociologie, directrice du CEDREF et des Cahiers du CEDREF à l'Université Paris Cité ; et Sabrina Mervin, historienne de l’Islam contemporain, directrice de recherche au CNRS / IREMAM (Aix-Marseille Université).
Modérateur : Mohammad Ali Ami Moezzi, professeur des universités, directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE).
Bibliothèque (niveau 1)
Plus d’un million de tablettes cunéiformes exhumées au Proche-Orient documentent les différentes communautés qui les ont produites. Ces textes montrent que, pendant trois mille ans d’histoire, les femmes ont parfois occupé une place non négligeable dans l’espace public, certaines ayant joué un rôle important dans les domaines économique, religieux et politique. Les trois assyriologues aux spécialisations complémentaires ici réunis, ainsi que l'égyptologue spécialiste de la documentation démotique chargé d'animer la séance, travaillent tous, entre autres, sur la thématique de l'« histoire des femmes et du genre ».
Avec Philippe Abrahami, professeur d’histoire et archéologie du Proche-Orient ancien à l’Université de Lille ; Brigitte Lion, professeure d’histoire ancienne de la Mésopotamie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ; Cécile Michel, directrice de recherche au CNRS, laboratoire Archéologies et Sciences de l’Antiquité (Nanterre), et professeure d’assyriologie à l’Université de Hambourg (Allemagne).
Modérateur : Damien Agut, chargé de recherche au CNRS en Égyptologie démotique, laboratoire Archéologies et Sciences de l’Antiquité (Nanterre).
de 14h à 15h30 :
Bibliothèque (niveau 1)
Les légendes historiques de Dihya ou Tin Hinan donnent l’image d’une culture amazighe favorable à la présence des femmes dans la société et les lieux de pouvoir. Est-ce encore le cas aujourd’hui ? Comment les combats féministes et berbéristes sont-ils liés ? Quelle place les femmes amazighes occupent-elles dans leur famille, leur village, la région dont elles sont issues ? Quels impacts ont eu l'arabisation et l'islamisation dans l'histoire ?
Cette carte blanche se propose d'analyser les rôles spécifiques des femmes amazighes dans les différentes luttes pour la préservation et la valorisation de la langue et de la culture berbères, au croisement des luttes pour leurs propres droits. Du sud du Maroc en passant par les monts de la Kabylie et les plaines tunisiennes, l'échange s'intéressera également au rapport à la terre.
Avec Malika Assam, historienne, ethnologue, maître de conférences en langue(s) et culture(s) berbères à Aix-Marseille Université, chercheuse à l'IREMAM, chargée de cours à Sciences Po Paris ; et Tilila Sara Bakrim, étudiante en double master de sécurité internationale spécialité Moyen-Orient/Afrique du Nord à Sciences Po Paris et King's College London, militante de la cause amazighe, créatrice de la plateforme Amazing Amazigh.
Modératrice : Hamza Bensouda, étudiant en master de recherche en sciences politiques spécialisé dans les questions de genre en Afrique du Nord à Sciences Po Paris, coprésident de Socie'tea, journaliste à MyKali Magazine.
Atelier (niveau -1)
« Vie » et « mort » prennent sens l’une par l’autre. Elles s’éclairent par le croisement de trois axes narratifs : le dernier mois de la vie du pacha, entre sa révocation et son exécution ; ses deux années passées dans l’enfer de la Sublime Porte ; ses trois décennies au service du sultan. Jeune scribe, chef de bureau, haut dignitaire, fondateur d’œuvres pies, Halil Hamid s’élève dans la hiérarchie impériale. Mais provincial d’Anatolie, Stambouliote de vie et de carrière, père de six enfants, chef de maison, familier des soufis et ami des lettrés, il est un homme de son temps et un Ottoman en situation.
Avec Olivier Bouquet, professeur d’histoire moderne et contemporaine, Université Paris Cité
Salle du haut conseil (niveau 9)
Malgré un droit de cité ancien, les femmes doivent mettre en place des stratégies et des résistances pour « occuper » les espaces publics urbains et en relever les défis en temps ordinaires et lors de périodes exceptionnelles. Les conditions de leur accès à la ville portent une revendication de liberté et d'autonomie. Conquérir le droit à être visible et légitime dans la ville, quel que soit le contexte, est une étape indispensable à une citoyenneté de plein droit. Ce panel aura pour objectif d'analyser des expériences en Syrie, en Égypte, en Algérie et au Maroc qui montrent qu'une transformation sociale de fond est en cours.
Avec Samar Yazbek, militante associative, auteure de 19 Femmes. Les Syriennes racontent et de Feux Croisés ; Sara Borrillo, enseignante-chercheuse à l’Université L’Orientale (Naples), spécialiste des mouvements féministes au Maghreb et du féminisme islamique ; Gaëlle Hemeury, agrégée de géographie, doctorante à l’Université de Tours, UMR CITERES, EMAM ; Safaa Monqid, maîtresse de conférences à l'Université Paris 3 Sorbonne nouvelle et Sarah El Hamed, artiste, performeuse et vidéaste.
Modératrice : Gaëlle Gillot, maîtresse de conférences en Aménagement de l'espace et de l'urbanisme, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.
de 16h à 17h30 :
Bibliothèque (niveau 1)
Avec Randi Deguilhem, TELEMMe, Juliette Dumas, IREMAM, et Surayia Faroqhi Ibn Haldun University of Istanbul.
Atelier (niveau -1)
Al-Andalus continue de susciter fantasmes, nostalgie et projections de toutes sortes. Tour à tour érigée en haut lieu de la tolérance islamique, en paradis perdu dont ne subsistent que de délicats palais et l'écho lointain d'un art de vivre disparu, mais aussi en théâtre d'une lutte à mort entre islam et chrétienté, c'est l'une des rares terres ayant donné naissance à des mythes aussi riches que contradictoires.
Ce morceau d'Europe qui fut à l'Islam a heureusement laissé des textes qu'Emmanuelle Tixier du Mesnil se propose de relire, en s'attachant plus particulièrement à la très riche moisson intellectuelle du XIe siècle, alors qu'une vingtaine de principautés, les royaumes des Taïfas, se partageaient les lambeaux du territoire califal.
Avec Emmanuelle Tixier du Mesnil, professeure d’histoire médiévale à l’université de Paris Nanterre.
Salle du Haut Conseil (niveau 9)
Avec Muriel Debié, directrice d'études à l'Ecole pratique des hautes études (EPHE, PSL), chaire « Christianismes orientaux », membre senior de l'IUF, à propos du christianisme oriental ; et Jean-Jacques Thibon, professeur des universités, Islamologie et INALCO.
Modératrice : Françoise Briquel Chatonnet, directrice de recherche au CNRS, laboratoire Orient et Méditerranée, membre de l'Institut, Académie des inscriptions et belles lettres.
de 18h à 19h30 :
Bibliothèque (niveau 1)
Avec Sobhi Bouderbala, maître-assistant en histoire, Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis; Marie Favereau-Doumenjou, maîtresse de conférences en histoire médiévale, Université de Paris Nanterre ; Julien Loiseau, professeur d’histoire du monde islamique médiéval, Aix-Marseille Université; et Vanessa van Renterghem, maîtresse de conférences, département des Études arabes de l’INALCO.
Modératrice : Emmanuelle Tixier du Mesnil, professeure d’histoire médiévale, université de Paris Nanterre.
En partenariat avec l’Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie (APHG)
Salle du Haut Conseil (niveau 9)
On a beaucoup écrit sur le statut des femmes dans le monde arabe, mais assez peu finalement sur les masculinités et leur pluralité. Il existe pourtant dans le monde arabo-musulman un large spectre allant de l'hypervirilisation guerrière, comme celle promue par Daech, à des masculinités hyperféminisées. En effet, le travestissement – et le trouble qu'il opère dans le genre – est très présent dans le milieu de la musique et de la danse au Maghreb, mais aussi en Égypte, en Turquie, en Iraq, à Oman, en Iran ou en Afghanistan. Des figures masculines efféminées qui s’apparentent à ce que l’anthropologie nomme un « troisième genre » existent donc dans le monde arabo-musulman ; on pense bien sûr à l’eunuque, mais elles sont en définitive beaucoup plus diverses, récurrentes et complexes, depuis l’efféminé de Médine jusqu’aux figures transidentitaires contemporaines.
Avec Hasna Hussein, sociologue au centre Émile Durkheim, fondatrice de l’Association de prévention de l’extrémisme violent ; et Rachid Mendjeli, artiste, docteur en sciences politiques, anthropologue, doctorant à l'EHESS-LAS, Collège de France.
Modératrice : Corinne Fortier, chargée de recherche au CNRS, anthropologue, membre du Laboratoire d’Anthropologie Sociale (Collège de France).