L’actrice danoise, qui fait principalement carrière en Allemagne, interprète à peu près tous les rôles avec un naturel et un anticonformisme étourdissant : de femme fatale débordante d’érotisme dans son premier film, scandaleux, au succès international
Afgrunden (1910) à la jeune fille provocante se déguisant en fillette dans la comédie
Engelein (1913), de pauvresse (
Die arme Jenny, 1912) à Reine de la Bourse (
Die Börsenkönigin, 1916), en passant par l’ambiguïté des genres et le travestissement (
Zapatas Bande, 1913,
Das Liebes ABC, 1916,
Hamlet, 1920). Ses personnages transgressent la société patriarcale et s’émancipent par le rêve. Bien plus qu’une star populaire, Asta Nielsen est une pionnière. Maîtrisant parfaitement son image, elle offre à travers son agilité physique, sa modernité et son autodérision, un corps entièrement désinhibé et une représentation sensationnelle et innovante de la féminité à l’écran.