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DISCOURS

Visite d'Etat du Président de la République du Liban

17/03/2009

Discours du Maire de Paris pour l’accueil du Président de la République du Liban
Hôtel de Ville, mardi 17 mars 2009


Monsieur le Président, Madame,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Chers amis,


Je suis particulièrement heureux de souhaiter, au nom de Paris, la plus chaleureuse des bienvenues au Président de la République du Liban.


A travers vous, je tiens d’abord à saluer tous les Libanais de Paris, qui constituent entre nos peuples une passerelle unique, contribution majeure à notre créativité collective. Leur histoire, parfois douloureuse, participe de l’éclat de notre ville, et de la profondeur des liens qui nous unissent. Car le peuple libanais et le peuple français ont en commun le goût de la liberté, de l’échange et de la générosité. Ils partagent aussi la mémoire, ce bien si précieux qui les éclaire sur le chemin de l’avenir. La relation intense entre nos deux capitales fait d’ailleurs écho à ce legs essentiel. J’y vois l’expression la plus féconde de cette diplomatie des villes qui fait vivre l’imagination, les partenariats et le dialogue des civilisations.
Ainsi, de juin 2007 à juin 2008, la manifestation « Beyrouth à Paris » a donné rendez-vous à tous les amoureux de la création libanaise. Nombreux, les Parisiens ont découvert ses sources d’inspiration et ses multiples visages. C’est pourquoi, sous l’impulsion de Daniel Rondeau, nous préparons une nouvelle exposition consacrée à l’art du Liban, dans un lieu prestigieux de la culture parisienne. Puis dans quelques mois, en novembre 2009, c’est Paris qui participera au programme « Beyrouth, capitale du Livre ».

Le livre : emblème si pertinent de notre amitié. Oui, la langue française représente assurément l’un des biens les plus riches que nous ayons en partage. Car le Liban est au coeur de la francophonie. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les plus grands serviteurs de la beauté des mots, tels Renan, Apollinaire ou Amin Maalouf, ont su restituer ce que j’appellerai la lumière du Liban : un art de vivre, un regard sur le monde, une attitude, où l’hospitalité et l’ouverture intellectuelle prennent tout leur sens. Ces conquérants de l’esprit, de l’espace et du temps ont trouvé sur les rivages du Liban une forme profonde et authentique de l’universalité.


J’ai eu moi-même, Monsieur le Président, le privilège de l’éprouver, lors d’un voyage récent dans votre pays. Les Libanais aiment la vie, sa saveur, son exigence, ses couleurs multiples. L’âme du Liban, c’est la rencontre. Celle des Sunnites, des Chiites, des Maronites, des Catholiques orthodoxes, des Melkites et des Druzes. Celle de l’islam et de la chrétienté. Et celle de l’Orient et de l’Occident. Au sens le plus noble, votre nation est un foyer de civilisation. Il y a des pays continents. Le Liban est un pays confluent. Et quand il recherche les voies de la stabilité et de la paix, n’est-il pas, en quelque sorte, une métaphore de notre humanité qui a tant souffert mais qui a droit au bonheur ?


Car le Liban a souffert. Je pense avec émotion, et avec espoir, à Beyrouth, telle que la décrivait si justement la grande poétesse Nadia Tuéni : « cette cité mille fois morte et mille fois revécue ». Beyrouth a été menacée, encerclée, humiliée, elle a manqué d’être anéantie. Mais Beyrouth vit, et c’est cette passion de vivre que vous portez aujourd’hui, avec son corollaire : la soif de liberté.


Je veux donc le dire avec clarté: le Liban, ce pays ami, n’a pas vocation à être une terre occupée, asservie, ou sous influence.


Le droit à l’indépendance du Liban n’est pas discutable. Je l’avais dit ici même, en juin 2001, en recevant à l’Hôtel de Ville, le président syrien, Bachar El Assad : toute atteinte à l’intégrité du Liban serait très durement ressentie par le peuple de Paris.
Notre ville, par son histoire, a partie liée avec les combattants de la liberté : elle est viscéralement solidaire de l’aspiration des Libanais à être maîtres de leur destin, sur leur sol. J’accueille à ce titre comme une heureuse nouvelle la volonté désormais affirmée par la Syrie d’aboutir à une vraie normalisation de ses relations avec le Liban : celles-ci doivent devenir des liens fructueux entre deux Etats voisins et souverains. Car le Liban n’appartient à personne d’autre qu’à son peuple. L’histoire l’a prouvé : les frontières reconnues et les élections libres sont les plus sûrs remèdes aux malheurs collectifs.
Je le dis avec d’autant plus de gravité, que nous savons toujours ouvertes les blessures de la guerre de 2006. Le peuple libanais ne doit plus avoir à subir les conséquences de conflits dont il n’est pas responsable.

Plus largement, devant ces guerres qui semblent devoir déchirer sans fin le Proche- Orient, et dont votre pays a si chèrement payé le prix, nous ne pouvons, à plusieurs milliers de kilomètres, que tenir un langage de fraternité et de dignité. Tous ces peuples recherchent les voies de leur liberté. Et pour les trouver, il n’y a pas d’autre chemin que celui de la reconnaissance réciproque des souverainetés légitimes. La paix sera inaccessible tant que chaque peuple - et je pense en particulier au peuple palestinien - n’aura pas conquis pleinement ses droits. Nous le savons. Cette paix ne naîtra pas de réconciliations factices ou illusoires, mais de la déconstruction patiente de toutes les mythologies de la haine.


Dans cette entreprise, le Liban a un rôle éminent à jouer. Car il est l’un des pays les plus neufs au monde, mais aussi l’un de ceux dont les racines plongent au plus profond de l’histoire humaine. Et c’est ce mélange de mémoire et de jeunesse qui fait du peuple libanais un exemple. A partir du passé qui nous rassemble, nous devons construire un avenir commun, fondé sur les valeurs humanistes que nous partageons.


Oui, Monsieur le Président, Madame, vous recevoir aujourd’hui est un grand honneur pour Paris. A vous, et à tout le peuple du Liban, je veux redire notre solidarité, notre admiration et notre affection.

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