Les perturbateurs endocriniens

Focus

Mise à jour le 08/09/2026

Jeune femme au milieu de produits plastiques, verre et végétaux

Les perturbateurs endocriniens, présents dans certains cosmétiques, plastiques et produits d’entretien, s'invitent dans notre quotidien. Ces polluants impactent particulièrement les bébés, les enfants et les femmes enceintes. Pour limiter les expositions, la Ville agit notamment pendant les 1000 premiers jours de l’enfant, qui commence dès la grossesse.

Que sont les perturbateurs endocriniens ?

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques étrangères à l’organisme, d’origine naturelle ou artificielle, qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire des effets nocifs sur cet organisme et/ou sur ses descendants.

Quels sont leurs effets sur notre santé ?

Le système endocrinien est un ensemble de glandes et de cellules présentes dans notre corps qui fabriquent des hormones et les libèrent dans le sang. Les hormones sont des molécules agissant comme des messagers chimiques entre les différentes parties de l’organisme. Elles contrôlent des fonctions corporelles essentielles, telles que la croissance, le comportement, la reproduction, le sommeil ou encore la faim…

Les perturbateurs endocriniens sont susceptibles de modifier le fonctionnement du système hormonal de différentes manières.

Ils peuvent :

  • Agir sur les organes qui produisent des hormones (comme les ovaires, les testicules, la thyroïde…), et empêcher la production d’hormones ou au contraire de l’augmenter
  • Limiter ou reproduire l’action d’une hormone naturelle
  • Bloquer ou modifier la production et l’action des hormones, ce qui entraine un déséquilibre hormonal

Ils peuvent ainsi provoquer :

  • Des troubles du système reproducteur (ex. troubles de la fertilité masculine et féminine, puberté précoce…)
  • Des pathologies de la thyroïde
  • Des troubles immunitaires et inflammatoires
  • Des troubles du neurodéveloppement
  • Des troubles métaboliques en lien avec l’obésité et le diabète
  • Des cancers pour certaines substances

Certaines personnes sont plus vulnérables aux effets des perturbateurs endocriniens sur la santé : les fœtus, les nourrissons, les femmes enceintes et allaitantes, les enfants, les adolescentes et adolescents, et les personnes atteintes ou à risque d’un cancer hormonodépendant.

Comment sommes-nous exposés aux perturbateurs endocriniens ?

Au quotidien nous sommes exposés aux perturbateurs endocriniens par :

  • L'ingestion d’aliments qui ont été contaminés lors de leur production (exemple : produits phytosanitaires) ou par leur emballage
  • La consommation d’eau contaminée
  • L’inhalation de substances chimiques (ex : pesticide, peintures)
  • Le contact cutané avec des produits cosmétiques ou des produits d’entretien contenant certaines substances nocives.

Où se cachent les perturbateurs endocriniens dans notre quotidien ?

Certains perturbateurs endocriniens sont présents dans de nombreux produits du quotidien : cosmétiques, textiles, jouets, contenants et vaisselles en plastique, mobilier, bougies parfumées, produits ménagers, pesticides… Ils sont également présents dans l’environnement : eaux, sols, air, etc.

Il existe une grande diversité de composés à effets perturbateurs endocriniens, comprenant les produits de synthèse qui miment les effets d’hormones (utilisés pour la contraception, la substitution hormonale ou l’hormonothérapie), et les produits chimiques qui peuvent interférer avec le système endocrinien comptant plus d’un millier de substances.

Selon le type de composé, les sources de contamination sont différentes.

Perturbateurs endocriniens d’origine artificielle Où les trouve-t-on ?
Produits phytosanitaires (organochlorés) Pesticides, insecticides et répulsifs, alimentation
Bisphénols Films alimentaires (en plastique), boites de conserve, canettes, bouteilles en plastique, objets de décoration
PFAS (composés perfluorés) Poêles antiadhésives, cosmétiques, peinture, textile imperméable, ustensiles de cuisine en plastique recyclé
Parabènes Cosmétiques, médicaments, additifs alimentaires
Alkylphénols Cosmétique, lessive, détergent, lingettes jetables…
Phtalates Vernis à ongles, cosmétiques, ustensiles de cuisine en plastique recyclé, contenants alimentaires hors verre, bouteilles en plastique, jouets en plastique, produits d’entretien, solvants…
Formaldéhyde Produits de construction, de décoration et d’ameublement, combustions sous toutes leurs formes (bougies parfumées…), produits d’entretien
Retardateurs de flamme (composés polybromés) Plastiques, textiles (rideaux, sièges, mousses, capitonnages…), équipements électriques/électroniques (circuits imprimés, câbles, téléviseurs, ordinateurs…)
Perturbateurs endocriniens d’origine artificielle
Où les trouve-t-on ?
Produits phytosanitaires (organochlorés)
Pesticides, insecticides et répulsifs, alimentation
Bisphénols
Films alimentaires (en plastique), boites de conserve, canettes, bouteilles en plastique, objets de décoration
PFAS (composés perfluorés)
Poêles antiadhésives, cosmétiques, peinture, textile imperméable, ustensiles de cuisine en plastique recyclé
Parabènes
Cosmétiques, médicaments, additifs alimentaires
Alkylphénols
Cosmétique, lessive, détergent, lingettes jetables…
Phtalates
Vernis à ongles, cosmétiques, ustensiles de cuisine en plastique recyclé, contenants alimentaires hors verre, bouteilles en plastique, jouets en plastique, produits d’entretien, solvants…
Formaldéhyde
Produits de construction, de décoration et d’ameublement, combustions sous toutes leurs formes (bougies parfumées…), produits d’entretien
Retardateurs de flamme (composés polybromés)
Plastiques, textiles (rideaux, sièges, mousses, capitonnages…), équipements électriques/électroniques (circuits imprimés, câbles, téléviseurs, ordinateurs…)

Comment limiter notre exposition aux perturbateurs endocriniens ?

Il est possible de limiter notre exposition de plusieurs façons au quotidien.

L’alimentation

  • Privilégier si possible des alimentsd’origine biologique, de saison et locaux. Privilégier la cuisine « faite maison » et éviter les plats préparés et ultra-transformés
  • Éviter d’utiliser des contenants en plastique pour réchauffer les plats au micro-ondes ou pour conserver des aliments
  • Privilégier le verre, l’inox, la fonte, le bois non traité pour tout ce qui entre en contact avec la nourriture

Chez soi

  • Aérer son logement 2 fois par jour au moins 15 minutes, dans chaque pièce, été comme hiver, et en particulier lors d’activités de bricolage, ménage,…
  • Éviter les émanations de produits chimiques (aérosols ou fumées de bougies ou de tabac)

Les produits d’entretien

  • Limiter l’utilisation de produits en spray
  • Ne jamais mélanger les produits d’entretien
  • Limiter l’usage en nombre et en quantité des produits d’entretien en respectant les conditions d’utilisation
  • Privilégier, dans la mesure du possible, des produits d’entretien écolabellisés ou naturels (vinaigre blanc, bicarbonate de soude, savon noir)
  • Favoriser les produits à listes d’ingrédients courtes

Les produits cosmétiques et d’hygiène

  • Laver les vêtements neufs et articles de la vie courante lavables avant usage
  • Privilégier les cosmétiques qui ont une liste d’ingrédients courte
  • Préférer l’utilisation de produits simples, comme les huiles ou savons à base végétale, sans parfum

Les travaux

  • Privilégier des peintures, vernis,colles, ou adhésifs « sans solvants », étiquetés « A+ »
  • Aérer longuement les locaux après la fin des travaux et après l’achat de mobilier neuf

Des recommandations à adopter pour les futurs parents et les jeunes parents

  • Limiter l’exposition aux produits chimiques, surtout pour les femmes enceintes
  • Ne pas utiliser d’huiles essentielles dans l’environnement de femmes enceintes ou allaitantes et d’enfants
  • Finaliser l’aménagement de la chambre du bébé plusieurs mois avant sa naissance, en aérant le plus possible
  • Favoriser les jouets conformes à la réglementation actuelle et les acheter dans des magasins ou sur des sites de confiance. Vérifier la certification CE.

Que fait la Ville de Paris pour limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens ?

De nombreuses actions menées par la Ville de Paris ont pour objectif la réduction de l’exposition aux produits chimiques, et notamment aux perturbateurs endocriniens, en agissant à plusieurs niveaux.

Certaines actions visent à proposer une alimentation plus saine et durable en restauration collective aux enfants (crèches et écoles) et aux plus grands par la suppression des plastiques et une offre d’alimentation bio.

Dès les années 90, La Ville de Paris s’engage dans la démarche Zéro Phyto : elle interdit dans ses espaces verts l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques (fongicides, insecticides, herbicides…) et adopte des méthodes de gestion plus respectueuses de l’environnement.

Signataire de la charte « Villes et Territoires sans Perturbateurs Endocriniens », la Ville déploie des actions pour améliorer les environnements dans lesquels évoluent les Parisiennes et Parisiens, comme la suppression du plastique dans les établissements d’accueil de la petite enfance, ou l’offre d’ateliers de sensibilisation à la santé environnementale et aux polluants du quotidien, gratuits et à destination des jeunes parents dans les centres de PMI.

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