Au confluent de nouvelles
techniques scientifiques et médicales et de normes sociales en
évolution, les actrices et acteurs de la bioéthique s’attachent à
développer des cadres pour des pratiques et entités inédites. Ce
faisant, elles et ils élaborent de la normativité. Quelles en sont les
sources ? Quels processus adopter pour développer ces cadres normatifs ?
Prenant comme cas d’étude le domaine de la reproduction, cette
conférence examinera la manière dont diverses formes de savoirs et
d’expertise entrent en jeu dans la formulation de normes éthiques
appliquées à la biomédecine. Les techniques d’assistance médicale à la
procréation (AMP ou PMA) transforment la procréation humaine,
fournissant de nouvelles possibilités concrètes et symboliques pour les
liens familiaux. Parallèlement, sur le plan scientifique, ces techniques
ont donné lieu au développement d’un champ de recherche autour de
l’embryon humain. Face à la multiplicité d’acteurs et à la multiplicité
d’enjeux, on s’interrogera sur les manières d’intégrer des voix et
perspectives diverses à la bioéthique, dans leurs ancrages culturels
particuliers, en s’appuyant notamment sur les études qualitatives en
sciences sociales.
Avec :
- Anne Le Goff, philosophe, enseignante-chercheuse en études des sciences et
des technologies et en bioéthique à l'Institut Sup'Biotech de Paris, chercheuse-résidente 2024-2025 de l'IEA de Paris.
- Séverine Mathieu, directrice d'études en sociologie des religions et de l'éthique à l'Ecole pratique des hautes études (EPHE-PSL).