Ce symbole du luxe qu’est la haute couture caractérisée par une grande division du travail fut une industrie de main d’œuvre, autant qu’un artisanat d’art.
Par Danièle Prévost de la société Historique et Archéologique des 8e et 17e arrondissement
Worth,
le premier grand couturier affirmait : « Mon travail est surtout
d’inventer, la création est le secret de mon succès. » Ses fils et
successeurs sont parmi les fondateurs de la Chambre syndicale de la Haute
Couture en 1868 qui impose de créer des modèles, de les faire exécuter dans son
atelier où travaillent au moins 15 personnes, d’habiller les clientes sur
mesure (avec trois essayages minimum), de présenter deux collections de 35
tenues complètes au minimum chaque année, et de disposer d’une salle
d’exposition et de vente.
Jeanne Lanvin est la seule maison
encore en activité depuis son installation dans le faubourg Saint-Honoré en
1889. Elle multiplie les ateliers et ouvre des départements pour habiller les
enfants puis les hommes.
Toutes ces entreprises emploient un personnel nombreux et très
hiérarchisé qui travaille dans des espaces différents : dans les ateliers,
les ouvrières aux salaires médiocres. Les salons fréquentés par les clientes voient
parader les mannequins à la carrière éphémère. Et dans les boutiques, on vend
les parfums et les accessoires faisant rayonner les noms de Chanel, Patou, Dior
ou Cardin.