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DISCOURS

«Les Halles, centre de notre agglomération»

06/04/2009
Mes chers collègues,
A travers la délibération dont nous débattons ce matin, c’est au visage de notre ville, à son paysage, à sa dynamique, que nous nous attachons. Nous devons le faire avec la plus grande précaution, mais aussi avec détermination, et toujours avec une préoccupation : le mouvement de Paris.
Car les Halles, ce n’est pas seulement le cœur de notre cité. Ce n’est pas seulement ce « ventre de Paris » auquel sont associés bien des images, des références et des souvenirs. C’est le centre de notre agglomération, où passent chaque jour 800.000 personnes. Et la station Châtelet-les Halles est bien la première porte de notre capitale. Oui, la dimension métropolitaine est totalement indissociable du projet qui vous est soumis. Car il s’agit aussi, à travers un urbanisme innovant, d’inventer de nouvelles passerelles entre Paris et ses voisins.
D’où partons-nous ? D’un forum, construit en 1979, qui a transformé l’un des quartiers les plus animés d’Europe en lieu de passage, édifié sur les ruines d’un lieu de vie. Ce forum porte la marque d’une époque déjà révolue : il n’a résisté ni au temps, ni aux nouvelles façons de vivre en ville et de s’approprier un espace urbain majeur. Disons-le : le complexe des Halles a trop vite vieilli. Et il est nécessaire de lui donner une nouvelle jeunesse.
Dès 2001, la municipalité s’est donc saisie de ce sujet, sous l’impulsion de Jean-Pierre Caffet, que je remercie pour son engagement et son immense travail. Nous avions deux priorités : privilégier la concertation, et éviter la précipitation. Il fallait en effet que chacun ait l’occasion de s’exprimer, de participer à la réflexion collective. Et il convenait surtout de ne pas renouveler les erreurs du passé, où l’improvisation s’alliait souvent à une absence de vision. Nous devions en somme nous mettre au travail sans attendre, tout en nous donnant le temps nécessaire à la décision. C’est ainsi qu’en décembre 2002 la Ville a confié à la SEM Paris Seine un mandat d’études pour la rénovation du quartier des Halles. La Commission d’appel d’offres a ensuite choisi l’équipe dirigée par David Mangin pour définir un projet d’ensemble. La qualité de cette équipe, son exigence et son professionnalisme, ont permis d’imaginer une véritable recomposition des Halles, en s’imprégnant de leur histoire et de leur identité.
Ces études ont été menées en lien avec l’ensemble de nos partenaires publics et privés, dont l’implication dans ce projet est pour nous essentielle : je pense notamment à la Région Ile de France, au STIF, à la RATP, mais aussi à la Préfecture de Police et à la société Unibail, titulaire des baux à construction du centre commercial et des parkings. En 2006, dix équipes concurrentes ont finalement été retenues. Et pour les départager, un jury a été constitué, dans lequel siégeaient des architectes, des représentants du monde associatif, et des élus, dont le maire du 1er arrondissement, dans un état d’esprit ouvert et constructif. Et c’est à l’unanimité que ce jury a adopté, le 29 juin 2007, le projet proposé par les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti, cette «  Canopée », que nous avons trouvée tout simplement belle, parce qu’elle allie harmonieusement les exigences de l’esthétique à celles de la modernité urbaine.
Aujourd’hui est venu le temps des actes, c’est-à-dire des décisions opérationnelles. Je vous demande de voter les délibérations qui vous sont soumises, pour que la déclaration d’utilité publique des Halles puisse intervenir dans le courant du mois de juin prochain. Ainsi les travaux pourront commencer début 2010.
Je souhaite insister sur trois aspects fondamentaux de ce projet. Premièrement, l’exigence environnementale, qui inspire et qui guide l’ensemble de nos décisions. C’est le cas en particulier pour le jardin, qui sera une vaste prairie ouverte, très végétalisée, où s’inventera une nouvelle façon d’installer la nature au milieu de la ville. Des critiques ont d’ailleurs été formulées sur ce jardin ; je les ai entendues, et certaines propositions utiles et constructives, notamment sur la place René Cassin, pourront être prises en compte. Deuxièmement, l’interdépendance entre les activités multiples qui se développeront sur le site : les Halles du XXIème siècle abriteront par exemple un conservatoire, une bibliothèque, un espace dédié aux cultures urbaines, une surface commerciale; la station de RER verra en outre s’ouvrir deux nouveaux accès, et les parkings seront réaménagés. En troisième lieu, je souhaite souligner l’impératif de sécurité. L’évolution des règles concernant les souterrains et l’accueil du public, ainsi que l’obsolescence et la grande fréquentation du site, imposent une mise aux normes. Nous y travaillons, en lien étroit avec la Préfecture de Police.
Les Halles devront donc être à l’image du Paris que nous voulons dessiner. Une ville pour toutes les générations- et je pense notamment aux enfants, à qui le jardin sera tout particulièrement destiné. Une ville accueillante et ouverte: nous serons ainsi très attentifs à ce que les personnes handicapées puissent accéder à tous les espaces de la Canopée. Car ce qui est en jeu, c’est bien notre capacité à imaginer la ville du futur, et à la concevoir, sans exclusive, dans sa dimension universelle.
Ce projet, nous devons donc plus que jamais le faire avancer maintenant, dans une période de crise, marquée par l’incertitude et parfois, pour beaucoup, par la crainte. Car si le contexte difficile doit nous amener à une extrême vigilance sur les dépenses de notre collectivité, il ne doit pas nous conduire à renoncer à des investissements structurants. Je dirais même : au contraire, et pour deux raisons. D’abord, parce que l’investissement, qui contribue à créer de la confiance, est une des réponses à la crise. Ensuite, parce que nous devons donner à notre ville tous les moyens de rebondir quand l’horizon s’éclaircira.
La moitié du coût total de l’opération correspond d’ailleurs aux dépenses, évidemment indispensables et incompressibles, liées à la mise aux normes de sécurité.
 Et nos partenaires contribueront au financement de ce projet, dont la force vient notamment des impulsions et des contributions très diverses, publiques et privées, qui ont permis sa naissance et son développement.
Un dernier mot : je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à deux de mes adjointes : Fabienne Giboudeaux, chargée des espaces verts, qui a fait avancer ce dossier avec beaucoup de finesse et d’efficacité ; et, bien sûr, Anne Hidalgo, qui a su concilier la patience de la réflexion avec la nécessité de l’action. Grâce à son talent et à son travail, notre assemblée peut aujourd’hui prendre une décision essentielle pour l’avenir de notre ville.
Mes chers collègues, cette étape, je souhaite que nous la franchissions ensemble, au-delà des clivages partisans, comme un acte de confiance dans le Paris de demain.

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