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DISCOURS

Intervention de Bertrand Delanoë lors de la signature du contrat parisien de sécurité

03/03/2009

Signature du Contrat Parisien de Sécurité


Intervention de Bertrand Delanoë, maire de Paris, le 3 mars 2009


Depuis 2001, la sécurité est au coeur des priorités de l’équipe municipale. En effet, elle représente une condition majeure de la qualité de notre organisation collective. Sans ce ciment essentiel, c’est la force même de notre vie démocratique qui est atteinte, de même que les valeurs qui forgent l’identité de Paris, celles de tolérance, d’ouverture et de respect de chaque différence.
C’est pourquoi, dès l’origine, nous avons veillé à instaurer un partenariat étroit avec tous les acteurs institutionnels, Préfecture de police, Parquet, Rectorat et Préfecture de Paris, mais aussi avec les associations et les citoyens. Notre position est claire : il n’y a, dans notre Ville, qu’une seule police, celle de l’Etat, à laquelle il appartient d’assurer la sécurité et l’ordre public. A cet égard, je me réjouis qu’une police de proximité ait été maintenue dans nos quartiers et j’espère qu’elle sera renforcée à l’avenir. Pour sa part, notre collectivité assume totalement ses responsabilités. Non seulement par une participation au budget de la Préfecture de Police qui a augmenté de plus de 48% depuis huit ans. Mais aussi, et j’y reviendrai, en matière de prévention. C’est pourquoi nous parlons bien de « co-production » pour désigner cette indispensable complémentarité. Et ce nouveau Contrat Parisien de Sécurité, de même que les futurs contrats de sécurité d’arrondissement, font écho à une telle démarche, amplifiant et précisant l’orientation de nos efforts communs, au service des Parisiens.


Je veux d’abord souligner que cette approche a abouti à des résultats, avec une baisse de plus de 24% en sept ans des faits de délinquance. Pourtant, de sérieux sujets de préoccupation demeurent. Ainsi, la part des mineurs dans la délinquance générale a augmenté de façon inquiétante, en particulier dans de nombreux cas de coups et blessures volontaires. Sur la même période, les vols à main armée ont connu une augmentation très significative (+21%), avec l’émergence de nouvelles formes de délinquance collective. En outre, plus d'une trentaine d’affrontements entre bandes rivales ont été recensés en 2007 et en 2008, impliquant de plus en plus de mineurs avec, très souvent, l’utilisation d’armes blanches. Enfin, nous devons rester extrêmement vigilants face aux troubles à la tranquillité et à l’ordre public liés notamment à la hausse de la consommation de cocaïne. Autant de faits et de constats qui doivent influencer notre action commune.


D’ores et déjà, la Ville porte une attention particulière à certains quartiers dits « sensibles », ainsi qu’aux ensembles sociaux. En effet, une simple dégradation des lieux, les conflits de voisinage, ou encore le bruit, sont souvent à la base d’un sentiment d’insécurité, renforcé lorsque ces troubles se déroulent la nuit.


Nous consacrons donc chaque année plus de 200 millions € à la prévention. Les dispositifs sont nombreux. Ainsi, en 2004, 100 postes de correspondants de nuit prévus dans le contrat de mandature ont été créés. Ces médiateurs sociaux règlent les petites tensions de voisinage, assurent une « veille sociale », c'est-à-dire un suivi des personnes les plus fragiles, ainsi qu’une « veille technique » consistant à surveiller l’état quotidien du quartier. Par ailleurs, depuis novembre 2004, le « groupement parisien inter bailleurs de surveillance » (GPIS), favorise une meilleure coordination des interventions sur les immeubles sociaux, notamment en liaison avec la Préfecture de police. Plus généralement, la protection du patrimoine de la Ville, de ses agents et des usagers est une priorité essentielle. Pour plus d’efficacité, ce sont les missions sur lesquelles la Direction de la Protection et de la Prévention a été recentrée.


Ses inspecteurs ont désormais la possibilité de sanctionner les petites incivilités qui, elles aussi, renforcent le sentiment d’insécurité. Au-delà de ces quelques illustrations, nous veillons également à anticiper les crises majeures qui peuvent survenir dans une capitale comme la nôtre. C’est pourquoi nous nous sommes dotés d’outils comme la Cellule Centrale de Crise, inaugurée en juillet 2007, et la nouvelle « unité mobile de coordination » qui peut intervenir sur place, lors d’événements graves, notamment lors de gros incendies, de crises sanitaires ou d’attentats terroristes.

Cette dernière remarque me conduit, naturellement, à évoquer l’attention que Paris porte aux victimes. En témoignent plusieurs dispositifs innovants qui leur sont spécifiquement destinés, souvent élaborés en partenariat avec la préfecture de police et le Parquet de Paris.


Je n’évoquerai que deux exemples : celui du service d’aide aux victimes d’infractions pénales (SAVIP), créé en 2007, qui les accompagne dans leurs démarches administratives auprès des services publics (Etat civil, Police, services sociaux,) ou privés (banques et assurances.).


Et la Ville de Paris créera, au cours de cette mandature, deux nouveaux lieux d’hébergement dédiés à l’accueil des femmes victimes de violences.


Avec ce nouveau Contrat Parisien de Sécurité que nous présentons aujourd’hui, le temps est venu d’aller plus loin et de dessiner de nouvelles perspectives. Dans cette optique, je le dis avec une certaine gravité, la lutte contre la violence, sous toutes ses formes, doit devenir, plus que jamais, l’axe central de nos politiques. Je soutiens d’ailleurs totalement la volonté de Georges Sarre, de faire de l’éducation à la citoyenneté un axe privilégié de la prévention des violences. Dans cet esprit, la Ville de Paris souhaite étoffer sensiblement l’arsenal de ses outils de prévention. Concrètement, le dispositif des correspondants de nuit sera doublé au cours de cette mandature et étendu à d’autres quartiers de la capitale. Ainsi, dès cette année, nous avons décidé de créer deux équipes supplémentaires, dont une dans le 15e arrondissement. De même, le GPIS sera complété par des médiateurs de jour, qui contribueront à résoudre les conflits, aideront les gardiens d’immeuble, et signaleront les dysfonctionnements nécessitant une intervention des services dans les 72h maximum, qu’il s’agisse des tags, détritus, vitres cassées ou digicodes détériorés. La prévention doit également s’appliquer à réduire la délinquance des mineurs. Le programme « Ville – Vie – Vacances », mené en liaison avec la Préfecture de Police et la Préfecture de Paris et auquel notre Ville consacre 600 000 €, y contribue avec efficacité. Le Contrat Parisien de Sécurité pérennise ce précieux outil de prévention, qui nous permet, à l’occasion de multiples activités de loisirs, de retisser un lien civique entre les jeunes et les policiers qui les encadrent.


C’est pourquoi la démarche de « veille éducative », initiée dans les 13e et 18e arrondissements afin de lutter contre le décrochage scolaire, sera poursuivie et étendue à d’autres arrondissements. J’ajoute que la surveillance des sorties d’écoles, assurée aux abords de 232 établissements actuellement, s’appliquera désormais à 500 points écoles supplémentaires de Paris.


Comme je l’évoquais dans mon propos liminaire, cette politique de prévention ne peut être totalement efficace que dans le cadre d’une collaboration étroite avec les services de l’Etat. De nombreuses initiatives doivent donc être pérennisées et approfondies. Par exemple, il faut le rappeler, le contrat de sécurité du Parc des Princes a permis jusqu’à présent d’éviter tout incident majeur dans l’enceinte même du stade, mais j’invite l’ensemble des autorités compétentes à intensifier cette vigilance afin d’éradiquer, aux abords même des enceintes sportives, le hooliganisme et toute manifestation raciste ou antisémite.


Dans le même esprit de partenariat, notre Ville participera au plan de vidéo–protection de la Préfecture de police, tout en poursuivant l’installation de ses propres caméras afin de mieux protéger le patrimoine parisien, ses usagers et ses agents. L’exemple récent du square Léon, situé à la Goutte d’Or, est révélateur. L’excellente coopération entre la DPP et les forces de l’ordre a permis de mettre un terme aux trafics - notamment de stupéfiants – qui s’y déroulaient, renforçant en outre la sécurité même de nos agents. Une autre perspective commune mérite d’ailleurs d’être signalée. En effet, notre Ville participera désormais au recrutement et à la prise en charge financière des intervenants de proximité dans les commissariats, afin d’aider les policiers confrontés à des situations de détresse sociale, qu’il s’agisse des victimes, ou dans bien des cas, des auteurs d’infraction eux-mêmes. C’est un point important du Contrat Parisien de Sécurité, je tenais à le souligner.

Ce document vise un objectif essentiel : garantir à chaque citoyen son droit inaliénable à la sécurité. Je veux saluer l’état d’esprit qui a permis son élaboration, placé sous le signe de l’exigence et du respect de chacun des acteurs impliqués. Pour notre part nous souhaitons ardemment que l’efficacité soit au rendez-vous, car l’enjeu renvoie ici à la plus essentielle de nos missions : bâtir, au quotidien, la communauté de vie de tous les Parisiens.

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