Une vie en Seine : Clémence Allione, cheffe des sauveteurs de la baignade Bercy
Mise à jour le 18/08/2026
La Seine, c’est leur quotidien : par métier, par passion, ou parce qu’elle s’est imposée comme une évidence. Plus qu’un fleuve, la Seine est un souffle : le cœur battant de Paris, et celui de leurs vies. À 22 ans, Clémence, étudiante et grande sportive, endosse le rôle de cheffe de poste de l’un des trois sites de baignade ouverts cet été dans le cours d’eau parisien. À elle de veiller chaque jour à la sécurité des baigneurs !
Deux bassins de nage, jusqu’à 600 personnes qui barbotent simultanément… Avec de telles dimensions, le site de baignade estivale du quai de Bercy (12e) est le plus grand de la capitale ! Pour le faire vivre, deux équipes se partagent les missions : l’une s’occupe de l’accueil et de la gestion technique du vaste espace, l’autre veille à la sécurité dans l’eau. Et cette année, c’est Clémence, avec son enthousiasme et sa rigueur, qui supervise l’équipe de sauveteurs et veille au bon déroulement des baignades.
Sous la surface
« À 22 ans, alors que je suis encore étudiante, je trouve fou que l’on m’offre cette opportunité ! »
Après une première saison comme sauveteuse, Clémence est devenue cette année cheffe de poste. Elle encadre une équipe pouvant compter jusqu’à quinze personnes, organise les rotations et les pauses, fait le lien avec le coordinateur des baignades de la Seine et gère les éventuels imprévus, en binôme avec un autre chef. Une nouvelle responsabilité qu’elle accueille avec gratitude et enthousiasme !
Car derrière les longueurs, les éclaboussures et les journées au soleil, être sauveteuse, c’est avant tout garder l’œil ouvert et permettre à chacun de profiter de la baignade en toute sécurité. Mais aussi veiller à la bonne ambiance de l’équipe ! « On va souvent boire un verre ensemble, faire des soirées, des jeux de société… On est vraiment une équipe soudée, et cela compte beaucoup dans notre quotidien. »
Dans le flot quotidien
« Notre rôle, c’est beaucoup de surveillance, de la prévention et quelques interventions »
À Bercy, la journée de Clémence commence vers 10 heures. Avant l’arrivée des premiers baigneurs, place aux vérifications. Avec son équipe, elle contrôle l’état du bassin et l’aspect visuel de l’eau, nettoie les marches pour éviter les chutes. Les équipements de secours sont ensuite passés au crible : sac de secours, défibrillateur et bouteille d’oxygène doivent être opérationnels.
Vient ensuite le briefing avec les équipes d’accueil. Fréquentation attendue, horaires de fermeture, température de l’eau… Tout est passé en revue avant de lever le drapeau vert. Puis les sauveteurs se relaient autour du bassin. Pendant que certains surveillent les nageurs, l’un d’eux reste généralement au poste pour prendre en charge la bobologie. Le soir, il faut ranger les bouées et fermer le site, pour recommencer le lendemain.
Les gens sont hyper contents, ils crient : "On se baigne dans la Seine, c’est incroyable !"cheffe des sauveteurs de la baignade Bercy
La prévention occupe aussi une place importante : rappeler les dangers du soleil, notamment en période de canicule, ou vérifier que tout le monde sait nager. En cas de doute, les sauveteurs demandent aux plus hésitants de parcourir une dizaine de mètres jusqu’à l’échelle suivante.
À la source
« Je sais que cette expérience me sera utile dans ma future vie professionnelle »
Nageuse depuis toujours, puis compétitrice en natation en eau libre, Clémence possède son brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA) depuis plusieurs années lorsqu’elle découvre, l’été dernier, une petite annonce de la Ligue Île-de-France de natation. La plupart de ses collègues sont eux aussi issus de la natation, du water-polo ou du sauvetage. Pour Clémence, l’eau libre est un terrain particulièrement familier : « C’était mon élément, plus que la piscine, on va dire… »
Mais son quotidien ne se résume pas à la Seine. Étudiante à l’université Paris Dauphine-PSL, Clémence prépare un master CCA (comptabilité, contrôle, audit) avec un objectif bien différent : devenir expert-comptable. Une double vie qui lui permet déjà de développer de nouvelles compétences : « Je sais que cette expérience me sera utile dans ma future vie professionnelle », estime-t-elle à propos de son rôle de cheffe de poste. Et lorsqu’elle n’est pas en service, il lui arrive de revenir à Bercy… simplement pour se baigner. Parce qu’après une journée à surveiller la Seine, Clémence n’est manifestement pas pressée de la quitter.
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