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Les cours Oasis

Mise à jour le 04/09/2020
Les cours de récréation des écoles et collèges parisiens sont progressivement transformées en « oasis ». L'objectif est de créer des espaces rafraîchis, plus agréables à vivre au quotidien et mieux partagés par tous.
Cette initiative est issue de la stratégie de résilience de Paris, adoptée au conseil de Paris en septembre 2017, visant à renforcer la capacité du territoire à faire face aux grands défis climatiques et sociaux du XXIe siècle.
D’ici la fin du siècle, Météo France projette une augmentation de la température moyenne annuelle de 1°C à 4°C pour une valeur de référence de 12,4°C aujourd’hui, et 10 à 25 jours de canicule. Pour faire face à ce risque, les cours des écoles et des collèges ont été identifiées comme des leviers importants : elles représentent plus de 70 hectares de surface et sont réparties de manière homogène sur le territoire. Encore principalement asphaltés et imperméables aujourd’hui, ces espaces participent massivement à l’effet d’îlot de chaleur urbain. De plus, ils sont fermés au public le week-end, alors même que Paris manque d’espaces de convivialité, rafraîchis et accessibles à tous.
Les cours rénovées proposent des espaces plus naturels, d’avantage de végétation, une meilleure gestion de l’eau de pluie et des points d'eau, des aménagements plus ludiques et adaptés aux besoins des enfants, des coins calmes et une meilleure répartition de l'espace. Un des objectifs premiers du projet reste l’amélioration du bien-être des enfants.
Pensées comme de véritables îlots de fraîcheur au cœur des quartiers, ces cours pourront également accueillir un public plus large en dehors des temps éducatifs, et devenir notamment des « refuges » pour les personnes vulnérables durant les vagues de chaleur.
Le projet Oasis est également lauréat d’un appel à projets européen « Actions Innovatrices Urbaines » qui vise en particulier la rénovation de 10 cours d’écoles et de collèges à l’été 2020. Ce programme européen contribue également à la diffusion de la nouvelle méthode de rénovation Oasis, au sein de la collectivité, en France et à l’international.

La méthode « Oasis »

Les cours Oasis constituent une nouvelle méthode de rénovation des cours des établissements scolaires et permettent d’envisager de nouveaux usages pour celles-ci.
Ville de Paris

Rénover différemment les cours d’école : co-concevoir et transformer les espaces

La démarche Oasis propose d’associer dès le démarrage les premiers concernés par la nouvelle cour : les élèves et les adultes de l’établissement. Il s’agit de partager les regards sur la cour et d’aboutir à un consensus pour un nouvel aménagement de l’espace.
Des outils pour la co-conception ont été réalisés et permettent de dessiner les nouvelles cours, en impliquant les enfants et les adultes des établissements scolaires concernés. Une vidéo vous explique plus précisément cette dimension du projet, dans le cadre des établissements partenaires du projet européen.
S’appuyant sur cette première étape de co-construction avec les élèves et les adultes de l’établissement, les transformations des cours apportent diverses nouveautés :
  • Le sol fait l’objet d’une attention particulière : il doit participer à une meilleure gestion de l’eau de pluie et être plus clair pour éviter d’emmagasiner la chaleur s’il n’est pas ombragé. Il s’agit aussi de privilégier des matériaux naturels et moins polluants. L’idée est de retrouver un équilibre entre zones perméables, avec une préférence pour la pleine terre quand cela est possible, et un sol imperméable permettant la gestion de l’eau de pluie (pentes naturelles avec ruissellement de l’eau de pluie vers les espaces naturels par exemple : Les sols naturels contribuent à la stimulation des enfants en leur offrant une surface d’exploration et d’imagination. Plus généralement, Le contact avec la nature contribue notamment à apaiser le climat scolaire (voir l’exemple d’Anvers dans la partie « Cours d’ailleurs » ci-dessous)). Enfin, les sols en bons état peuvent également être partiellement conservés, dans une logique de sobriété.
  • Les surfaces végétalisées sont augmentées : plantations d’arbres, toitures et murs végétalisés, jardins pédagogiques, vergers, cabanes végétales… Les essences choisies sont des végétaux adaptés au cadre scolaire et plus résistants au changement climatique.
  • Le mobilier cherche à répondre aux besoins exprimés par les enfants et les adultes de l’école, notamment pour un meilleur partage de l’espace (entre petits et grands, filles et garçons, etc.) et permettre des activités diverses en extérieur. Sont ainsi proposés des gradins, des via ferrata, des jeux d’escalade, des cabanes, des parcours sensoriels… Une attention est aussi portée à la provenance des matériaux : circuit court et récupération sont privilégiés.
  • L’ombre et l’eau sont également plus présentes dans les cours : installation de fontaines, utilisation ludique et pédagogique de l’eau et ajout d’ombrières et d’arbres dans une logique de rafraîchissement urbain.
Il s’agit de rechercher, dans une logique de sobriété, des solutions techniques adaptées au changement climatique et de nouveaux équipements pouvant être des supports de pédagogie et de jeux. Les solutions techniques identifiées font l’objet d’un cahier de recommandations pour la réalisation des cours.

Transformer les pratiques et développer des nouveaux usages

Les nouveautés apportées par le projet Oasis dans sa méthode (co-conception, innovations techniques, nouvelles approches pédagogiques…) reposent aussi sur la capacité des différents acteurs concernés à approfondir à renforcer leurs compétences.
Dans cette idée, sont proposés des formations et un cycle de conférences en lien avec les différentes dimensions du projet : adaptation au changement climatique, gestion de l’eau, jardinage pédagogique, égalité filles/garçons, etc. et cela pour différents publics : agents de la ville, enseignants, parents…
Le projet co-financé par le programme européen « Actions Innovatrices Urbaines » vise notamment à développer des contenus de formation à destination des agents de la Ville de Paris et des équipes pédagogiques, utiles au déploiement et à la réplicabilité du projet.
Le réaménagement des cours amène également à penser de nouvelles façons d’utiliser celles-ci. Sur temps scolaire et périscolaire, les cours Oasis visent à permettre :
  • Un usage pédagogique des espaces extérieurs (jardins pédagogiques, espaces de classes en extérieur, nouvelles activités sportives etc.). Cet usage répond notamment aux besoins fondamentaux des enfants et des adolescents de mouvement, d’exploration et de contact avec la nature
  • Un partage de l’espace pour que chacun trouve sa place : petits et grands, filles et garçons, calmes et énergiques. De ce point de vue, le choix et la localisation des équipements sportifs sont notamment déterminants en élémentaire et au collège. Certains aménagements aident aussi plus spontanément à un partage mixte de l’espace (espaces verts accessibles, jeux d’escalade, etc.)
  • Un fonctionnement de cours qui soit mieux concerté. L’enjeu est de permettre aux adultes et enfants de l’établissement de définir des règles collectives pour l’usage de l’espace dans de bonnes conditions. Certains établissements mettent en place des « chartes d’utilisation des cours », et ce sera notamment le cas les 10 cours pilotes concernées par le programme européen « Actions Innovatrices Urbaines ».
La cour de récréation est en effet un microcosme social. Son aménagement et son usage peuvent véhiculer les valeurs citoyennes et républicaines : respect des autres et notamment égalité fille-garçon, respect de l’environnement et vivre ensemble.
En dehors de ces temps éducatifs, les cours pourront être ouvertes aux habitants :
  • En cas de fortes chaleurs, pour les personnes les plus vulnérables, en articulation avec le Plan canicule (îlots de fraîcheur), et selon des modalités à définir localement.
  • De façon ponctuelle, pour des activités ouvertes sur le quartier, sur volontariat des communautés éducatives et dans le respect du code de l’éducation. L’objectif est de renforcer le lien social et de proposer de nouveaux espaces pour se rencontrer, partager, échanger au sein des quartiers.

Évaluer pour mieux appliquer et diffuser la méthode

L’ensemble de la démarche Oasis fait l’objet d’une évaluation. Il s’agit de collecter des données concrètes et des retours d’expériences afin de pouvoir ainsi au mieux ajuster le projet et l’améliorer.
Pour cela, il s’agit de s’appuyer à la fois sur les savoir-faire existants mais également sur les liens et partenariats avec des universités, instituts de recherche et chercheurs.
Le programme Oasis est ainsi évalué sur divers aspects (mesures d’impact microclimatique et thermique, niveau de bruit, potentiel de biodiversité, bien être, impact social…)
Différentes méthodologies d’évaluation sont employées : mesures relevées à partir de capteurs, observations, questionnaires et entretiens,…
Les résultats de ces enquêtes sont régulièrement partagés avec les parties prenantes du projet pour permettre son ajustement éventuel du point de vue des aménagements préconisés.
Les dix cours Oasis transformées avec un co-financement du programme européen « Actions Innovatrices Urbaines » font l’objet d’une évaluation spécifique qui se déroule sur trois ans (2019-2021) et dont les résultats seront communiqués largement à l’issue du projet.
Enfin, pour permettre la diffusion du projet Oasis auprès d’autres collectivités françaises, en Europe ou plus largement, les outils du projet sont téléchargeables en « open source ».
Enfin, pour permettre la diffusion du projet Oasis auprès d’autres collectivités françaises, en Europe ou plus largement, les outils du projet sont téléchargeables en « open source ».

Les cours concernées

Marie Konstantinovitch / Ville de Paris
Le projet Oasis se traduit par la transformation progressive des cours Oasis.
En 2020, parmi la trentaine de cours qui seront transformées, 10 sont concernées par un programme européen « Actions Innovatrices Urbaines » soutenu par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER).
À terme, il s’agit de transformer l’ensemble des cours d’écoles et de collèges de Paris.

Un projet soutenu par l’Union Européenne : dix établissements sélectionnés

Le contexte et le cadre du projet

Le projet Oasis a été sélectionné en octobre 2018 dans le cadre de l’appel à projets « Actions Innovatrices Urbaines » (initiative de l’Union Européenne financée par le Fonds Européen de Développement Régional-FEDER).
> Plus d'infos
Cette initiative vise à permettre aux aires urbaines européennes de trouver « des solutions nouvelles et innovantes afin de faire face aux défis urbains qu’elles rencontrent ».
Dix établissements scolaires parisiens ont ainsi été sélectionnés pour participer à ce projet entre 2019 et 2021. Il constitue une opportunité d’engager les élèves, les équipes pédagogiques et le quartier dans une démarche active en faveur du climat, du renouvellement des usages et des pratiques au sein des cours de récréation des écoles et collèges à Paris. Ce projet constitue une opportunité pour aller plus loin dans l'expérimentation des cours Oasis. Un voyage d'étude en Belgique à l'automne 2019, avec les chefs d'établissements, les chefs de services et les partenaires, a notamment permis de conforter des ambitions partagées par tous. Une vidéo vous donne plus d’éléments sur les enseignements de ce voyage.
L’objectif de ce projet est donc de transformer ces dix cours en espaces naturels de proximité adaptés au changement climatique, ouverts sur leurs quartiers et renforçant le bienêtre des enfants et adolescent.e.s. Des vidéos de présentations de chacun des projets de ces dix cours vous permettront d’en savoir plus.
Ville de Paris
Dans le cadre du même programme, la ville de Barcelone développe également un projet pour ses cours d’écoles « Vert, bleu, gris, adapter les cours d’école au changement climatique ».

Les partenaires

Plusieurs partenaires sont réunis pour mener à bien ce projet :
Partenaires du projet Oasis
Partenaires du projet Oasis
Ville de Paris
Tout au long du projet, ces partenaires seront chargés de former et sensibiliser les équipes pédagogiques, d’animer des ateliers auprès des enfants, d’accompagner la co-conception des espaces, de mesurer et d’évaluer les résultats, de mobiliser les acteurs locaux…

Les étapes du projet Oasis « actions innovatrices urbaines »

Le projet se déroule sur la période 2019-2021. Voici ses principales étapes :
  • Le projet démarrera par une phase de co-conception de la nouvelle cour organisée par le CAUE 75, avec les élèves et adultes de l’établissement scolaire, à travers des ateliers de sensibilisation aux objectifs du projet (adaptation au changement climatique, bien être dans la cour…) et des échanges sur les aménagements de la nouvelle cour.
  • D’autres ateliers se déroulent également en classe à destination des élèves. Météo-France contribue à la sensibilisation climatique grâce au projet école météo. Dans cette même optique, la Ligue de l’enseignement organise des conférences-spectacles autour du changement climatique. Sont proposés également avec la Ligue de l’enseignement des ateliers autour du renforcement des compétences psychosociales pour promouvoir le vivre ensemble dans la cour. Deux vidéos vous permettent d’en savoir plus sur les ateliers de sensibilisation et les ateliers artistiques . Enfin, un coloriage animé (le Wakatoon) a été élaboré par la Ligue de l’enseignement afin de sensibiliser les enfants aux enjeux et nouveaux usages de la cours OASIS.
  • Tout au long du projet, des temps de sensibilisation et formation seront proposés sur ces mêmes thèmes pour les équipes éducatives et les services techniques municipaux, afin de permettre le développement du projet et son appropriation.
  • La transformation des cours est prévue à l’été 2020. Les cours transformées proposeront des sols perméables et clairs, davantage de végétation, des points d’eau, des jeux inventifs et adaptés aux besoins, des coins calmes et une meilleure répartition de l’espace.
  • Des chantiers participatifs sont prévus en complément des travaux d'été afin de préfigurer certains aménagements ou après l'été afin de compléter certains aménagements : menuiserie, débitumage, peinture, plantations… À ces chantiers, seront associés les parents d'élèves, les riverains et les équipes pédagogiques volontaires.
  • Une fois transformées, ces cours pourront accueillir un public plus large. L’idée est de favoriser un usage partagé de l’espace et une ouverture des cours en dehors des temps éducatifs, à l’issue d’un protocole de démocratie contributive permettant d’impliquer équipes éducatives, acteurs locaux, parents d’élèves et habitants. En effet, la Ligue de l’enseignement va organiser 3 assemblées citoyennes dans le quartier de chaque établissement, afin que le voisinage et toute personne intéressée puisse réfléchir à la manière dont la cour pourrait être utilisée en dehors des temps scolaires. Une vidéo vous explique cet aspect du projet plus en détails.
Légende : Dessins réalisés dans le cadre d’assemblées citoyennes à partir des propositions des participant.e.s sur les activités possibles dans les cours d’écoles ouvertes.
  • L’ensemble de la démarche et son impact global (climatique et social) font l’objet d’une évaluation pour capitaliser des données concrètes sur le projet et pour permettre sa réplicabilité.

L’évaluation du projet Oasis « Actions innovatrices Urbaines »

Tout au long du projet, deux équipes de recherches des laboratoires de Sciences Po et de l’ESIEE Paris/ LIED ainsi que Météo-France contribueront à la collecte de données pour permettre une évaluation exhaustive et approfondie de ses impacts.

Mesurer l’impact climatique du projet

Un diagnostic climatique sera mené pour évaluer la réduction de l'effet d'îlot de chaleur urbain et le confort d'été, par l'analyse et la comparaison de mesures avant/après travaux.
Deux stations météorologiques sont installées pour une mesure significative de la température d’été. La méthodologie sera basée sur l'analyse de la différence entre deux stations, l'une connaissant un changement environnemental (située dans la cour) et l'autre non (située dans l’espace public à proximité). Retrouvez des éléments explicatifs ici.

En complément, des simulations sont menées pour mesurer l’impact climatique de la transformation. Une courte vidéo vous explique plus en détails ces mécanismes. L’amélioration du confort d’été est mesurée dans les cours grâce à l’indice de stress thermique et dans les bâtiments grâce à des capteurs de températures intégrés aux locaux.
Station Météo installée dans la cours de l’école maternelle Maryse Hilsz
Station Météo installée dans la cours de l’école maternelle Maryse Hilsz
© LIED Paris Diderot ESIEE Paris

Évaluer la construction du projet et les bénéfices d’un point de vue social

Une évaluation de l’approche de co-conception et de sensibilisation au changement climatique des enfants et des adultes est conduite. La prise en compte des propositions est évaluée grâce à l’analyse des projets d’aménagement finaux et des temps d’observation tout au long du projet.
La passation de questionnaires auprès d’enfants avant et après le démarrage du projet permet d’évaluer l’efficacité des actions de sensibilisation aux enjeux du changement climatique.
L’utilisation des cours avant/après les travaux, grâce à une grille d'indicateurs construite à travers des observations directes et une analyse documentaire est également étudiée. L’analyse longitudinale de l’évolution de ces indicateurs permettra d’évaluer la capacité du projet à activer des liens sociaux autour des cours. Une vidéo explicative vous informera sur l’évaluation des enjeux sociaux du projet.

Les cours d'ailleurs

En France et dans le monde, d’autres collectivités mettent en place des projets visant à faire des cours d’écoles des espaces plus inclusifs et adaptés au changement climatique. Le bien-être en ville et l’importance des espaces verts dans le développement social, cognitif et moteur de tous sont également au cœur du projet Oasis parisien. Ces exemples contribuent notamment à en alimenter la mise en œuvre.

« Jouer dans la nature – Planvers » | « Speel Natuur Plantwerpen » – Anvers (Belgique)

L’idée initiale de ce projet était de verdir les cours et de permettre plus de jeux libres pour les enfants. Toutefois, de nombreux co-bénéfices ont depuis été identifiés. Ainsi, les cours entièrement naturelles installées dans près de 40 écoles anversoises permettent aux enfants d’avoir un véritable contact avec les matériaux naturels (terre, plantes, sable, copeaux de bois) - ce qui les sensibilise à l’environnement tout en contribuant à leur éveil et au développement de leur motricité. Les différents espaces permettent également le développement de nouveaux jeux pour les enfants, la diversification des activités, et à chacun (filles/garçons, petits/grands…) de trouver sa place dans la cour. Les enfants renforcent également leurs compétences à travers l’apprentissage par le risque. Enfin, ces nouvelles cours ont également contribué à apaiser le climat scolaire. Pour en savoir plus, retrouvez deux articles en ligne rédigés par la Ville d’Anvers :
Cours oasis au Lycée Français d'Anvers
Cours oasis au Lycée Français d'Anvers
Lycée Français d’Anvers © Ville de Paris

« L’école du dehors » - Strasbourg (France)

Inspirée de la pédagogie des écoles en extérieur scandinaves (voir ci-dessous), la ville de Strasbourg a mis en place depuis 2011, dans l’école maternelle Jacqueline, le projet de l’école du dehors. L’idée est de permettre aux élèves de maternelle d’expérimenter, de découvrir et d’apprendre dans des espaces naturels de la cour qui auront été « ensauvagés ».
Dans le cadre d’un plan de réhabilitation du quartier, cette école a pu débituminer une partie de la surface de sa cour. De nouveaux aménagements y ont été installés, tels qu’une marre sèche, une rivière pédagogique, des jeux en bois ou en matériaux naturels (parcours de rondins, passerelles). Ces espaces sont dits « ensauvagés » car la nature n’y est pas contrainte: le sol est déminéralisé, les végétaux poussent librement, les feuilles mortes sont laissées à terre afin de favoriser l’essor d’un environnement et d’une végétation naturels… Dans ces espaces, l’enseignant·e a un rôle d’accompagnateur·trice. Il ou elle « observe, encourage, répond aux interrogations, rassure, verbalise et incite à aller plus loin ». En effet, c’est l’enfant qui choisit ses activités -dans une logique d’autonomisation et de responsabilisation.
Un manuel faisant office de plaidoyer, d’appui technique et pédagogique à la mise en œuvre de ce type de projet est disponible ici.

« De la cour d’école à l’aire de jeux » | « Scoolyards to Playgrounds » New York (Etats-Unis)

La ville de New York transforme depuis 2007 ses cours écoles en espaces végétalisés, ouverts au public (page web en anglais) en dehors du temps scolaire. Tout en contribuant au bien-être des enfants, ce projet augmente la surface d’espaces verts dans la ville, avec pour ambition d’avoir un accès à un parc à moins de 10 min de marche pour chaque new-yorkais et new-yorkaise.
De plus, le programme « Edible Schoolyard NYC » (page web en anglais), ou « école comestible » en français vise à développer des potagers dans les écoles et apprendre aux enfants à cuisinern ce qui permet de les sensibiliser aux enjeux de nutrition et de la biodiversité.

Cours d’écoles végétalisées - Lille (France)

S’inscrivant dans une démarche analogue à celle des cours Oasis, la ville de Lille a décidé de verdir ses cours d’écoles pour favoriser l’aspect pédagogique au profit des enfants tout en luttant contre l’effet d’îlot de chaleur urbain. De nombreuses écoles présentaient déjà quelques arbres ou espaces verts, mais la mairie a décidé d’augmenter la surface plantée, de végétaliser les murs et façades des écoles (dispositif « Verdissons nos murs »), et de concilier les différents usages d’une cour. Par ailleurs, une place plus importante a été accordée à l’eau dans le cadre de ces aménagements (cuve de récupération des eaux de pluie pour arroser et limiter la chaleur en période de canicule).

« Ose le vert, recréé ta cour » - Wallonie (Belgique)

Ose le vert, recréée ta cour est une initiative visant à débituminer et amener des espaces verts dans les cours d’écoles wallonnes, en Belgique. Ce programme a fait l’objet d’un appel à projet annuel. Une fois sélectionnés, les projets reçoivent un soutien technique, financier et pédagogique pour favoriser l’intégration de la biodiversité dans la cour et sensibiliser les élèves et équipes pédagogiques aux problématiques environnementales.
Ce programme a permis d’élaborer entre autres des boites à outils techniques, pédagogiques et de communication. Leur site propose également un guide de gestion des aménagements d’une cour naturelle.
Cour Oasis de l'école du Souverain
Cour Oasis de l'école du Souverain
Ville de Paris

Fôrets urbaines milanaises | « ForestaMi » – Milan (Italie)

Dans le cadre du plan ForestaMi, la ville de Milan désire planter près de trois millions d’arbres à l’horizon 2030. Cette initiative (page web en italien) vise à lutter contre les îlots de chaleur urbains et à améliorer la qualité de l’air. Plus de 2000 écoles ont été identifiées pour ces nouveaux aménagements.
De plus, plusieurs écoles possèdent déjà des jardins pédagogiques et des potagers. Ceux-ci sont installés par la municipalité ou développés sur initiative de l’équipe pédagogique de chaque école -avec l’appui des parents et grands-parents. Ces jardins participent d’une sensibilisation auprès des enfants sur le sujet de l’alimentation durable et saine. Ils résonnent avec des programmes nationaux d’éducation nutritionnelle.
Pour les écoles qui ne possèderaient pas assez de place, la municipalité propose via le projet « Recyclage et culture - Le jardin vertical à l'école » d’utiliser la hauteur pour cultiver des plantes aromatiques et horticoles ; dont les contenants sont faits grâce à du plastique recyclé (récupéré pour la plupart dans l’école elle-même). Le compost qui nourrit ces plantes provient également des déchets humides des écoles.

« Ecoles en Forêt » - Danemark

Au Danemark, 10% des écoles maternelles sont des « maternelles en forêt » où les élèves - accompagnés d’enseignants- occupent leurs journées et apprennent directement en extérieur, au contact de la nature. Certains enfants vivant dans les villes prennent ainsi le bus tous les matins pour se rendre en forêt aux abords de la ville. Ce concept d’éducation repose principalement sur la responsabilisation des enfants. Ces classes d’extérieures sont aussi présentes en Allemagne et en Autriche (pages web en anglais). Ces pratiques pédagogiques commencent également à se développer en France.
En outre, les aires de jeux pour enfants se transforment également au Danemark. L’approche demeure la même qu’en milieu scolaire – augmenter le contact des enfants avec la nature (particulièrement en milieu urbain). Ainsi, ces « aires de jeux naturelles », telles que celles du Valbyparken (page web en anglais) ou de Himmelhoj, offrent du relief et différents espaces permettant le développement de la créativité ainsi que le jeu libre.

Classes en plein air - Deux-Sèvres, Nouvelle-Aquitaine et Paris (France)

Certaines maternelles en France organisent des sorties à l’extérieur une matinée par semaine, et ce pendant toute l’année, dans un terrain municipal ou un parc où les enfants sont en contact direct avec la nature. Parents et grands-parents peuvent être sollicités comme accompagnateur pour cette sortie hebdomadaire. Seul matériel requis pour les enfants et les adultes – une paire de bottes, un pantalon et un blouson imperméable.
Plusieurs documents permettent d’en savoir plus :
Mais également deux interventions lors de la conférence « Éducation par la nature », organisées dans le cadre du projet OASIS, « Ma classe dehors ! » et « Faire classe à l’extérieur »..

Écoles « refuges climatiques » | « Escoles refugis climàtics » – Barcelone (Espagne)

Le programme Escoles Refugis Climàtics, également lauréat de l’appel à projet européen « actions innovatrices urbaines » vise à offrir des refuges contre la chaleur. Cela est rendu possible en adaptant les bâtiments, et en laissant une forte place à l’eau et la végétation dans les cours actuellement très bitumées.
Par ailleurs, une réflexion est menée par des acteurs éducatifs, municipaux et associatifs sur le partage de l’espace entre genres et de la résolution des conflits dans la cour – comme en témoigne l’école Dovella, lauréate du Prix de l’innovation pédagogique 2018 (prix décerné par la ville). Les solutions proposées passent notamment par une végétalisation de la cour plus importante, et la délimitation de différents espaces de jeux pour que chacun puisse trouver sa place.
Cours oasis école Mare Nostrum
Cours oasis école Mare Nostrum
École Mare Nostrum ©Ville de Paris

Îlot de fraîcheur « Mullins » - Montréal (Canada)

Ce projet développé à Montréal vise à largement débituminer une cour d’école entièrement asphaltée pour la transformer en un espace plus frais et vert. Le projet s’inscrit dans une logique d’évapotranspiration avec une végétalisation massive et des sols perméables pour lutter contre les phénomènes de réchauffement urbain.
De plus, la cour d’école s’est maintenant ouverte aux habitants et associations du quartier. D’autres initiatives de ce type sont en cours à Montréal, notamment dans le quartier de Saint-Henri.
Enfin, une réflexion plus large est portée au Canada sur l’importance de la nature dans le développement cognitif, social et psychomoteur des enfants. Ainsi, l’autorité scolaire de Toronto et l’association Evergreen ont développé un guide technique (document en anglais) pour inclure plus de nature dans les cours d’école.
Le programme « MICOS » | Programa « MICOS » - Madrid (Espagne) : À Madrid, la végétalisation des 241 cours d’écoles publiques vise à contribuer à améliorer l’air de la ville et à lutter contre la chaleur (page web en espagnol) Le programme a également pour objectif d’améliorer le développement physique et cognitif des enfants, tout en créant des espaces d’inclusion sociale (entre enfants, et avec le quartier). Pour ce faire, la ville a décidé de végétaliser ses cours et les rues aux abords des écoles (modification des matériaux, plantation de végétaux, albédo accru, voilure pour augmenter l’ombrage,…)

« Places de jeux » - Genève (Suisse)

La ville de Genève a développé des aires de jeux avec des revêtements naturels, visant à promouvoir la rencontre entre familles et générations. Les structures proposées offrent une grande variété de jeux (symboliques, de mouvement, multifonctionnels) contribuant au développement de l’imaginaire et de la motricité des enfants. Ces aires de jeux sont directement installées dans les cours d’écoles et demeure ouvertes pour les habitant·e·s du quartier en dehors de la période scolaire.
De plus, certaines écoles sont installées dans des parcs. Ainsi la cours d’école est un lieu naturel, qui reste ouvert au public en dehors des heures de récréation (y compris pendant le temps scolaire).

« Projet de cour partagée » | « The Shared Schoolyard Project » - San Francisco (États-unis)

Initié en 2008, ce projet a pour vocation d’offrir un espace de jeu pour les enfants et leurs familles accessible à pied depuis leur domicile (page web en anglais). Ainsi, les cours sont-elles ouvertes le week-end, ajoutant quelques 19 hectares répartis sur le territoire. Outre l’ouverture, le programme vise à créer du lien entre les habitants du quartier et permet d’offrir des activités aux jeunes. Des subventions sont ainsi allouées à différentes associations pour organiser des cours de sports gratuits ou des évènements ouverts sur le quartier.

« Cours d’écoles ouvertes »| « Patis Oberts » – Barcelone (Espagne)

Depuis 2006, le projet Patis Oberts (page web en catalan) vise à transformer les écoles de Barcelone en un lieu de renforcement du lien social du quartier. L’enjeu est également de proposer de nouveaux espaces accessibles de jeux pour les enfants, en milieu urbain dense. Les écoles sont ainsi ouvertes au public en fin de semaine. Certaines ouvertures permettent la mise en œuvre d’animations (activités sportives, ludiques,…). Ces temps sont encadrés par des moniteurs-éducateurs, en lien avec les parents d’élèves, la direction des établissements, les associations de quartier et la ville de Barcelone.

« Projet écoles ouvertes » - Athènes et Thessalonique (Grèce)

Dans ces deux villes grecques, l’objectif est de transformer les écoles en lieu culturel de quartier (vidéo en grec sous-titrée anglais), ouverts aux habitant·e·s. En dehors des heures scolaires, des associations et volontaires peuvent prendre possession de la cour et des locaux afin d’organiser une multitude d’ateliers (menuiserie, théâtre, éveil musical, tricot, bricolage, cours de danse, cours de Yoga, fête de quartier, jardinage, cirque …)
Projet écoles ouvertes » Athènes et Thessalonique (Grèce)
©Athens Open schools

« Ma communauté, mon école » | « Mi communidad es escuela » - Cali (Colombie)

La ville de Cali transforme ses écoles dans une logique de résilience (article en anglais). Il s’agit d’adapter les écoles aux aléas naturels (changement climatique, risque sismique) tout en augmentant le nombre d’élèves scolarisés, renforçant les formations des enseignants, ouvrant les écoles vers les quartiers. L’enjeu est de faire des écoles le « cœur » de la communauté.
Dans la même optique, le projet « Ma rue est une école » (article en espagnol) invite les élèves, habitants et acteurs sociaux à se retrouver autour des écoles autour d’activités culturelles et artistiques, afin de renforcer le lien social. Le projet permet également de sensibiliser la population aux risques liés à la violence et aux activités illégales qui sévissent parfois autour de ces écoles.

École maternelle Fuji – Tokyo (Japon)

Cette école maternelle à l’architecture atypique priorise le bien-être des enfants par le jeu et la découverte tout en favorisant leur développement de capacités physiques et sociales. L’idée principale était d’abolir les frontières (vidéo en anglais) et l’école a donc été développée en forme ovale. Les murs intérieurs n’existent pas, les différentes classes ne sont séparées symboliquement que par quelques structures de rangement. Comme l’indique l’architecte du lieu, les enfants ont parfois besoin de bouger pour pouvoir se concentrer. L’avantage d’une structure en ovale est qu’un enfant marchant tout droit finira immanquablement par retourner dans son espace de travail !
De plus, la frontière intérieur/extérieur est abolie. Les salles sont ouvertes sur la cour pendant la majeure partie de l’année. Le seul point de passage obligatoire entre extérieur est intérieur et la zone de nettoyage des chaussures.
L’architecture est portée par le jeu. Le toit est accessible et les enfants peuvent courir librement dessus. Un élève parcourt ainsi en moyenne 4km lors des pauses quotidiennes. Enfin, les arbres font partie intégrante du bâtiment, et les élèves peuvent accéder aux branches depuis le toit. Des filets sont tendus afin d’éviter qu’ils ne se blessent. Toutefois, l’apprentissage par le risque est souhaité. En témoigne notamment une autre structure, destinée au jeu. Haute de 5m, elle présente 7 étages et n’offre aucun jeu pré-désigné. Le jeu est donc libre et les élèves sont obligés de coopérer pour franchir certains étages -ce qu’ils font intuitivement.

« La cour d’école sans règles » - Auckland (Nouvelle-Zélande)

Le risque fait partie intégrante des moments de récréations à l’école Swanson (vidéo en anglais). Les enfants peuvent grimper aux arbres, marcher pieds nus, foncer à toute vitesse sur leurs trottinettes, jouer avec des planches en bois et des tubes en métal. Le jeu est libre. En effet, le directeur a fait le choix d’enlever graduellement les interdits, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une règle : « ne pas tuer un·e camarade ! » … et ça fonctionne ! Depuis le début de l’expérimentation, le nombre de blessures pendant les cours de récréations a chuté, et les enfants sont plus attentifs en classe et disponibles pour les apprentissages.

Ressources téléchargeables sur le projet Oasis

Qu’est qu’une cour Oasis ?

Comment concevoir une cour Oasis ?

Comment faire vivre une cour Oasis ?

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